Sortir la tête du guidon, épisode 1

Le temps est une denrée précieuse, qui se fait bizarrement de plus en plus rare au fur et à mesure de notre chemin dans la vie.

C’est en tout cas ce que je vois autour de moi, au niveau professionnel et personnel: stress chronique mangeur de disponibilité, pression de répondre dans les temps à toutes les attentes et sollicitations qui pèsent sur nos épaules, tension diffuse et néanmoins tenace de devoir résoudre en même temps tous les nœuds tricotés par la vie, en passant par le haut…

Le fait de dire « je n’ai pas le temps » devient comme une sorte de gage de réussite, un alibi pour la fuite: on a toujours plus important à faire ailleurs.
Cette course effrénée derrière le temps qui convertit les problèmes à résoudre en intensité de vie est un choix.
Mais pas une fatalité.

Le temps, comme dans un film, c’est une image après une autre, un instant après un autre.
Alors que ce que l’on doit résoudre, c’est une chose à côté d’une autre, comme une grande chaîne de montagne plantée devant nous, dans l’espace.
Il y a donc un problème: comme on affronte de face tous ces sommets en même temps, tout le temps, le temps devient une montagne de plus, une entité que l’on doit surmonter alors que l’on a déjà assez comme ça sous les yeux et dans les pattes.

Et ce n’est pas en pédalant plus vite que l’on va laisser les montagnes derrière soi: une montagne en cache une autre, souvent…
A l’inverse, d’abandonner l’ascension n’est pas une solution non plus: ce que les montagnes ont à nous apprendre est trop précieux.

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Plateformes de vidéo interactive

Sur le chemin de la construction d’un outil (en l’occurrence notre application web Kura), on regarde forcément d’un œil curieux les autres outils apparentés ou complémentaires.
Pour y chercher ce qui est similaire (animé par le besoin de faire partie d’une famille, d’une mouvance) mais également pour pointer les différences, de manière à préciser son propre positionnement spécifique.
Et aussi pour apprendre: des erreurs / errances des autres, des succès, des solutions bien pensées ou des fausses bonnes idées, des approches entrepreneuriales…

Ce billet qui liste quelques plateformes de création de vidéo interactive s’adresse à toute personne voulant publier une ou plusieurs vidéos sur le web, en ayant à cœur de proposer une expérience plus interactive et engageante que la simple lecture d’une vidéo partagée sur YouTube par exemple.

Mais c’est quoi la vidéo interactive ?

Avant de continuer, j’aimerais juste revenir sur le terme « vidéo interactive » que j’ai utilisé dans le titre de ce billet.
Comme il faut faire court et compréhensible pour tout le monde, la combinaison de mots « vidéo » + « interaction » va ouvrir, je l’espère, la perspective vers une promesse plus active et potentiellement personnalisée à la vidéo sur le web.

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Tourner des interviews avec un smartphone

Vous voulez réaliser des interviews vidéo avec un smartphone et vous souhaitez partir directement du bon pied, sans risquer un mauvais son ou une qualité vidéo inexploitable.

Dans le cadre du workshop que je propose pour la création de vidéos à l’aide du smartphone, je partage à travers ce billet quelques conseils spécifiques pour la production d’interviews à l’aide de votre smartphone.

Même les stations de télévision se mettent aux tournages avec smartphone…

Check-list technique et artistique.

Voici les éléments techniques et organisationnels à assurer en amont du tournage (les détails suivent plus bas):

  • batterie: est-ce que votre appareil est chargé à bloc ?
  • stockage: avez-vous assez de place pour l’enregistrement de longues vidéos ?
  • applications: avez-vous les bonnes applications pour créer les vidéos et maîtriser les paramètres de prise de vue ?
  • micro: un micro externe améliore grandement la qualité de votre son… C’est un accessoire indispensable.
  • trépied, stabilisation: une interview qui bouge dans tous les sens est difficile à regarder sur la durée…
  • accessoires: lumières, optiques additionnelles…

Avant de partir sur le terrain, assurez vous que vous avez bien réfléchi sur les aspects artistiques et conceptuels suivants:

  • objectifs: que voulez-vous atteindre avec vos vidéos ? Cette question principale structure et conditionne tout le reste !
  • contenus: rédigez une liste de vos questions; définissez le cadre esthétique et formel (style, cadrage etc)
  • workflow: le tournage n’est qu’une partie du travail; en adoptant les bons réflexes dès le départ on évite des problèmes par la suite

Ce n’est pas grave si vous n’avez pas des réponses précises sur toutes ces questions: l’essentiel c’est de démarrer quelque part, puis de corriger et améliorer par la suite.

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Les perspectives de 2017

En complémentarité avec mon billet de perspective personnelle (qui pratique le Yoga de l’attention), je profite de ce démarrage d’année pour pointer mon attention sur les projets qui me tiennent le plus à cœur.

En regardant le chemin parcouru, en évaluant la situation actuelle, je me dis que l’année 2017 pourrait (enfin!) être un passage de cap. Comme passer enfin le col, après une longue ascension…

Pourquoi maintenant, en 2017 ?

Il y a plus de vent dans le dos (les statistiques montrent que la vidéo sur le web devient mainstream), moins de grosses vagues à affronter (il n’y a plus besoin d’écrire des montagnes de code pour développer des applications) et notre embarcation, toujours aussi frêle, s’est consolidée grâce aux vents qui l’on passablement malmenée (le fait d’insister, de pivoter et de continuer quoi qu’il en soit rend les têtes encore plus dures…).

Et surtout, nous avons une offre claire qui va pouvoir être présentée tout bientôt !

Cap sur la réalisation des vœux – voir plus loin dans ce billet

L’odyssée Memoways arrive à un moment charnière.

La société Memoways que j’ai co-fondé avec Nicolas Goy il y a 6 ans a un « drôle » de parcours.
Initialement créée pour commercialiser le développement du socle logiciel de mon projet de recherche Walking the Edit, nous avons étendu le scope de notre outil d’édition pour inclure des usages web « classiques » en complémentarité des usages mobiles de Memowalk.

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Le rétroviseur et les jumelles

Cette période de bascule d’année est propice pour lever les yeux: non pas pour contempler le gris béton au dessus de nos têtes, mais bien pour faire un peu de yoga de l’attention.
L’attention ? Une denrée rare, précieuse et délicate comme l’amour. Que l’on a de la peine à porter durablement – non pas à cause de son poids; simplement, elle a tendance à filer entre nos doigts.
D’où mon envie de faire attention à l’attention, en la conviant dans un espace protégé. Ce billet fonctionne un peu comme un tapis de yoga, pour faire décoller l’attention et la sentir porter mes pensées, envelopper mes actions.

Cette séance de yoga de l’attention ne se déroule pas à huis clos: j’y ai convié un lapin, un paquebot avec une rame, des glaçons et un permis de conduire. Et puis aussi – c’est annoncé dans le titre – un rétroviseur et des jumelles.

Sous la route, l’horizon.

Pour démarrer, se mettre en condition: l’attention demande souplesse et concentration…

Regarder derrière soi à l’aide de ses rétroviseurs (qui déforment: gaffe aux angles morts dans le passé) tout en scrutant l’horizon avec des jumelles (qui aplatissent: gaffe à la perspective vers le futur). Un grand écart pour commencer; se faire écarteler par le passé et le futur qui tirent chacun dans leur direction respective, c’est dur pour la souplesse.
Première bonne nouvelle: plus on vieillit, plus on gagne de la souplesse dans ce jeu du stretching temporel – non ? Peut-être parce que le futur est de plus en plus évident ?

Qu’à cela ne tienne: l’horizon commence sous ses pieds, ici et maintenant. L’horizon de hier est devenu le contexte de la route d’aujourd’hui.
Et au loin, demain, sûrement déjà et encore la route qui est sous nos pieds…

Coming out und ankommen.

Puis sortir (de sa zone de confort) pour arriver (là où on aimerait être)… en essayant de ne pas se retrouver en dehors de soi.

Ce qui suit est une première pour moi: écrire vraiment en mon nom, depuis là où je suis maintenant, dans un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur.
Jusqu’à là, j’ai évité le « je », tourné autour du lieu où j’étais vraiment, en restant pudiquement plutôt sur la surface des choses, que j’essayais de présenter sous un jour favorable.
Forcément: il s’agissait surtout de propager une dynamique entraînante pour que mes projets puissent rebondir, se développer…

Il faut de la magie dans ce monde de brutes.

Car on voit bien qu’il faut savoir tirer des lapins du chapeau.
Poser du concret sur la table, pour gagner l’attention des autres.
Pour ensuite convertir cette attention en adhésion.
Et une fois que ça « colle », de pouvoir faire un bout de chemin ensemble. Avec des moyens et avec des humains. Idéalement sans date de fin.

Sauf que mes lapins ne ressemblent pas aux autres lapins présentés sur scène…

Du coup, j’enrobe mes lapins avec des histoires très (trop) compliquées: pour expliquer que je cherche à mettre le lapin dans la poche des gens, qui pourront ainsi grâce à ses oreilles bien orientées entendre les murmures du passé du lieu traversé transformer en temps réel leur présent, à tel point qu’en jouant bien avec les oreilles du lapin ils pourront avoir une influence sur les histoires qui vont sortir du chapeau.

Et le magicien sur scène, à son grand effroi, voit qu’il n’est plus seul à lapiner: les lapins sont partout dorénavant…

C’est trop compliqué ? Ben oui, c’est le coût du lapin.
Enfin, de mon lapin.

Mais revenons à nos moutons.

Dessine moi un monoblogue.

Dans ce blog, commencé il y a 9 ans presque jour pour jour, je voulais surtout partager les points d’étape, les moments où l’on peut s’arrêter autour d’accomplissements. Orienté résultats, livrables, partageables.
Ce qu’il y a dans le filet à la fin d’une journée de pêche, monsieur Fischer !

Ce blog est devenu au fil des ans le recueil des cartes postales envoyés depuis mon trip à bord d’un paquebot, que j’essaye de faire avancer à coups de rame. Et comme je manque de moyens, il n’y a qu’une seule rame. Alors forcément faudra pas que je m’étonne que je tourne (un peu) en rond…
Heureusement qu’il y a les courants marins, qui conduisent à une dérive (j’ai largué les amarres comme vous pouvez le constater). C’est beau, fort et intense – je partage.
Je partage quoi ? Essentiellement, des idées, des utopies, des rêves; parfois je cueille un poisson avec ma rame et là bien sûr, c’est la fête.

Alors que… mes besoins et envies ne se trouvent pas dans une communication à sens unique (un blog n’est à priori pas un monologue), mais dans le fait de ne plus parler seul à bord de ma galère (oups non: à bord de mon vaisseau spécial, parce que le paquebot peut aussi se convertir en paddle, ce qui est plus pratique avec une rame).

Ce derniers temps mes billets se sont faits plus longs, plus personnels, plus enjoués aussi.

Ce n’est pas tant un résultat que je veux partager, mais plus un cheminement de pensées.
Des pensées qui sont comme des gouttes d’eau, dans leur long périple depuis les nuages vers la mer, en passant par des rivières et des lacs.
Se mélangeant alors avec d’autres gouttes de pensées et des cartes postales envoyées depuis d’autres embarcations spéciales.

Oui, parce qu’en écoutant et regardant bien, il y en a beaucoup d’autres, de ces pensées… Venant de tous horizons – l’air en est humide, notre corps devient moite, notre attention coule de source.

Ce qu’il y a de beau avec l’eau, c’est qu’elle nous échappera toujours. On ne peut pas la posséder… à moins… de…

Garçon! Plus de glaçons dans mon cocktail je vous prie.

Je cherche donc maintenant à façonner ce qui pourrait devenir le réceptacle de ce ruissellement de pensées, pour au moins temporairement se nourrir et partager les pensées contenues dans ce liquide vital.

Nous construisons actuellement une sorte de frigidaire magique qui permet de transformer ces gouttes de pensées en glaçons…
Rassurez vous, les pensées ne vont pas en mourir et elles ne deviendront pas éternelles pour autant, non. Elle vont surtout être appréhendables. Mais pas n’importe comment, le danger que ces pensées fondent si on les garde trop longtemps est trop important.
C’est là que notre outil de gestion de glaçons de pensées devrait faire merveille, sans trop perturber l’équilibre naturel des pensées… je l’espère.

Rendez-vous en 2017 pour pouvoir goûter ce cocktail aux glaçons de pensées ! Peut-être y retrouverez-vous un glaçon à tête de lapin ? Un glaçon en forme de rame, pour faire des vagues dans votre verre ?

Je peux déjà dire que ces cocktails spéciaux se consommeront principalement dans le bar ouvert 24/24 intitulé Comet. L’adresse sera communiquée par les ruisseaux sociaux et les torrents mail, dès que.

Et n’oubliez pas: dans le cocktail, les glaçons vont fondre.
L’eau se remettra en route, des nuages vers la mer.

Pour en revenir à ma séance de yoga de l’attention: ce qui est important pour moi dans toutes ces histoires c’est le mouvement.
Se dire que « mon précieux » n’est pas une chose que je peux tenir dans la paume de la main, mais un état qui file entre les doigts. Venant de quelque part, partant ailleurs: sa mission est de lier ?

Si on ne peut pas garder le mouvement, on peut alors peut-être gardé par lui ? Être dans le mouvement ?
Vite, un véhicule !

Le permis s’il vous plaît.

Je n’ai toujours pas le permis (de conduire une voiture), mais ça ne m’empêche pas d’utiliser le rétroviseur.

Qu’est-ce que je vois ?

Je vois quelqu’un qui a décidé de prendre le volant pour choisir la route, sans (plus trop) se perdre dans les possibles promesses d’une carte (c’est la route concrète devant les yeux qui importe) et sans tergiverser dans des discussions (parfois très prometteuses) avec les co-pilotes.

2016 a été très riche en enseignements, bien plus que les autres années.

J’ai continué mon apprentissage:

  • savoir lâcher ce que l’on désire le plus, quand visiblement ça ne « marche » pas;
  • vouloir simplifier, faire court – et surtout: aligner les actes sur les paroles, et inversement;
  • pouvoir définir et poser ses besoins face à autrui.

C’est une belle liste de fin d’année, qui sonne bien sur son tapis de yoga: les postures font sens, l’équilibre y est.
Mais à appliquer dans la vie de tous les jours…

Ce n’est qu’en regardant un bout de route un peu plus en amont dans sa mémoire (merci le rétroviseur) que les résultats sont visiblement là, quand même:

  • j’ai (un peu plus) levé le pied sur mes attentes. Je garde bien mes rêves et mes objectifs au chaud, mais j’essaye d’éviter les projections et les déguisements.
  • je cherche (encore plus) à en dire moins. J’essaye de le dire depuis l’endroit de la discussion, en lien avec ce qui peut être fait.
  • je me souhaite de me rencontrer (encore plus), de prendre soin de l’écoute de soi. Par respect, pour l’amour. Pour ce que l’attention nous apporte.

Que vais-je pouvoir sortir de mon chapeau maintenant que les lapins boivent des cocktails ?

Je cherche mon pair de jumelles.

Non, je ne me suis pas trompé – je cherche bien mon pair, ou pour le dire moins « lourdement »: mes pairs.
Et si c’est des jumelles, encore mieux 😉

Plus sérieusement: je me souhaite de rencontrer, avec attentions, des « nouvelles » personnes.
Avec qui partager des cocktails à bord du paquebot; avec qui faire des tours de paddle; avec qui je pourrais peut-être passer, un jour, le permis ?

La chance que j’ai déjà depuis presque deux ans: j’ai (re)trouvé mon père.
Mais ça, c’est une autre histoire…

Que vive 2017 !

Sur la route, des liens…

En cheminant, il y a toujours besoin d’inspiration – voici:

10 Learnings from 10 Years of Brain Pickings

I remember my first awareness of mortality as a child in Bulgaria. I was nine and my father was relaying an anecdote from his youth. I asked him when it had taken place. With unconcerned casualness, he replied: « About a decade ago. »

 

The Myth of Doing What You Love

There’s a great myth of modern self-help: just « do what you love ». It’s not even wrong. It’s right, but… It’s just a baby step. Do What Moves You What you love is always changing. I used to love music. Now I love art. I used to love sci-fi. Now?

View story at Medium.com

 

Venez-nous rendre visite aux portes ouvertes

Cela fait maintenant un peu plus d’une année que je me trouve avec Memoways dans une arcade de plein pied, dans le quartier des Grottes. Ce changement a été très bénéfique: je peux maintenant me concentrer à fond sur mes propres prestations et sur le développement des produits de Memoways.

Depuis cet été, j’ai la chance de partager cet espace de réflexion, de développement et de réalisation de projets avec Delphine Luchetta (création, édition vidéo interactive) et Samia Fseil (architecte, avec qui je collabore sur le projet ReConstruire, sur lequel je reviendrais plus en détail prochainement).

Nous sommes donc heureux de pouvoir participer à un week end de portes ouvertes, qui se déroule le samedi 3.12 (de 14h à 19h) et le dimanche 4.12 (de 14h à 17h).

Voici les détails du parcours de portes ouvertes, qui rassemble plusieurs espaces de création au nord de la gare de Cornavin.

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Venez donc nous rendre visite, pour découvrir nos derniers projets et échanger autour des enjeux de la médiation culturelle avec le numérique !

Quel outil prendre pour le tournage de vidéos ?

Il y a encore moins de 10 ans, la question aurait semblé absurde: pour tourner des vidéos, il faut utiliser une caméra vidéo.

videocameraA regarder cette boucle quelque peu ironique et en la comparant avec les pratiques actuelles, on est plus si sûr de devoir forcément dégainer une de ces caméras pour « mettre en boite » une vidéo que l’on veut proposer au public.

Ce qui est aujourd’hui une évidence pour le grand public – le smartphone a largement remplacé la caméra dédiée (voir les statistiques en fin de billet) – ne l’est pas encore vraiment pour le professionnel du cinéma.

Pour des raisons évidentes: le professionnel a besoin de définir précisément l’esthétique de l’image et de maîtriser les paramètres techniques (durée et « stabilité » de l’enregistrement etc), le tout dans un emballage maniable et costaud.

Mais aussi pour des raisons moins évidentes: par réflexe et héritage culturel (on a toujours fait comme ça), pour que ça « fasse sérieux » et pro ou simplement parce que le workflow de création de films est construit sur la séparation des tâches, opérées par des spécialistes qui viennent avec leurs outils dédiés.

On fait des films pour les pixels ou pour des spectateurs ?

Ce billet se propose de revoir (de manière moins provocante que ce titre de chapitre) les arguments qui guident notre choix pour définir l’outil de prise de vue, en  se concentrant sur un comparatif entre la caméra vidéo classique et le smartphone. Ce comparatif est plus ciblé sur les usages et les besoins que sur les spécifications techniques brutes.

Pour le dire tout de suite: je suis largement influencé par les questions liées au workflow global (de la caméra au spectateur) et par les enjeux du partage public.
Le piqué de l’image ou la profondeur de champ réduite ? C’est joli et ça fait cinéma, mais ces caractéristiques esthétiques ne sont qu’une partie de l’équation à résoudre.

Pour moi, la « mission » d’une proposition artistique est de mettre en mouvement les émotions et l’intellect de la personne à qui l’on destine son geste créatif. Encore faut-il pouvoir trouver son public et amener son travail dans le contexte de ses spectateurs / utilisateurs…
Vu sous cet angle, peut-être que l’on va pouvoir moins se focaliser sur les pixels et mettre plus d’accent sur la création de liens entre sa proposition et les besoins ou attentes du public.

Sachant que le public bouge et n’a plus les mêmes attentes et habitudes qu’il y a encore 10 ans…

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La suite…

En Talking Head avec Vincent Morriset

Le vendredi 2 décembre 2017, j’aurais le plaisir de faire un Talking Head avec Vincent Morriset à la HEAD.

J’ai croisé Vincent deux fois dans le passé: une fois à Rotterdam en 2011 et une autre fois à Montreal en 2014. Nous avons pu échanger sur nos approches artistiques et conceptuelles du medium Internet; ce Talking Head sera l’occasion de faire un point sur les promesses accomplies et celles qui restent à réaliser, en matière de création numérique…

Talking Heads avec Vincent Morisset | HEAD

Réalisateur et producteur, Vincent Morisset vit et travaille à Montréal où il a fondé le studio AATOAA, en compagnie du programmeur Édouard Lanctôt-Benoit et de la designer Caroline Robert. Il est considéré comme l’un des pionniers des clips musicaux interactifs et de la narration transmédia.

Où ?
Auditoire, HEAD – Genève
Bd. James-Fazy 15
Quand ?
à 19h

La présentation « Connectez-vous » en ligne

Suite à la conférence donnée hier soir à Fonction-Cinéma, avec comme question principale « comment le cinéma peut-il tirer profit des nouveaux usages du Net ? », je partage maintenant les slides de la conférence.

Il est question de:

  • considérer des approches complémentaires, au service du contenu et des questions posées dans un projet;
  • améliorer les workflows créatifs, logistiques et stratégiques;
  • s’approprier les nouveaux outils de création (applis mobiles) pour mieux / plus connecter son projet avec les publics;
  • pouvoir choisir des méthodologies de production en adéquation avec son propos;
  • et aussi: des caméras qui jouent au crabe; mettre la tête dans le nuage; construire son paddle… et bien plus encore.

Il y a des liens clicables dans les slides (pour pouvoir découvrir les exemples); malheureusement les petites animations gif ne sont pas passées sur le web…

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

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La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

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Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

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Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

Memowalk-record12-web

Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos