La présentation « Connectez-vous » en ligne

Suite à la conférence donnée hier soir à Fonction-Cinéma, avec comme question principale « comment le cinéma peut-il tirer profit des nouveaux usages du Net ? », je partage maintenant les slides de la conférence.

Il est question de:

  • considérer des approches complémentaires, au service du contenu et des questions posées dans un projet;
  • améliorer les workflows créatifs, logistiques et stratégiques;
  • s’approprier les nouveaux outils de création (applis mobiles) pour mieux / plus connecter son projet avec les publics;
  • pouvoir choisir des méthodologies de production en adéquation avec son propos;
  • et aussi: des caméras qui jouent au crabe; mettre la tête dans le nuage; construire son paddle… et bien plus encore.

Il y a des liens clicables dans les slides (pour pouvoir découvrir les exemples); malheureusement les petites animations gif ne sont pas passées sur le web…

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

meteor-dinosaur

La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

apps-video-web-rond

Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

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Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

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Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Mediation du patrimoine avec le numérique

Dans le cadre du projet « Patrimoines en Partage » sur lequel je travaille depuis plus d’un an, j’ai été amené à faire un état de l’art des applications numériques de médiation du patrimoine culturel.

Pour synthétiser cette page de ressources très dense, je propose dans ce billet une analyse et appréciation de quelques applications choisies, avec une mise en avant d’arguments pour / contre.

Comme il s’agit d’expériences géolocalisées que je n’ai pas pu tester dans le contexte local, je n’ai pu me faire qu’une idée abstraite de la véritable expérience utilisateur sur place.
Néanmoins, j’ai essayé de sortir les points intéressants et le potentiel, tout en pointant sur les aspects – à mon sens – dépassés ou qui fonctionnent mal.

Ces points « positifs » et « négatifs » sont clairement des appréciations subjectives et personnelles, en appliquant les attentes et prérequis suivants:

La suite…

Une bouteille à la mer

La vidéo sur Internet se taille une part de lion de plus en plus affamé: cela peut se vérifier dans les usages et le développement vertigineux de la consommation de bande passante.
Cependant, la vidéo telle que nous la pratiquons sur nos ordinateurs et appareils mobiles n’a pas véritablement évolué depuis les beaux jours de la télévision ou même l’âge d’or du cinéma.
La vidéo est un objet fermé, non évolutif et non participatif, qui raconte toujours la même histoire: le monologue plus ou moins inspiré et inspirant d’un auteur – c’est d’ailleurs ce qui en fait sa valeur.
Cet objet ne va pas disparaître: il est bien trop important et correspond à un besoin humain profond.

Mais cet objet vidéo est un « corps étranger » dans le web d’aujourd’hui, dans le sens que les pages affichées sur l’écran de notre ordinateur ou de notre smartphone n’existent pas en tant que tel: elles sont calculées à partir de données dans une base de données, du contexte et du profil de l’utilisateur et d’une multitude de paramètres.
Au contraire de la grande majorité des sites web qui ne sont plus « statiques » mais « dynamiques », la vidéo reste statique, immuable, « éternelle »…
Imaginez Facebook sous forme d’un PDF: est-ce que cela fonctionnerait ?

La suite…

Journée d’études « Le futur du cinéma »

J’ai été invité à donner une conférence dans le cadre de la journée d’études « Le Futur du cinéma » organisée par les chercheurs Marcin Sobieszczanski et Bruno Girard et doctorant Savo Zunjic du pôle de recherche CREAMED (Création et Médiation) du laboratoire I3M (Information, Milieux, Médias, Médiations) de l’UNS (Université Nice Sophia Antipolis).

programme le  futur du cinema

La journée d’études se déroulera le 23 avril 2016, de 10h-12h et de 14h-17h, au Théâtre de la Licorne à Cannes25 av. Francis Tonner, 06150 Cannes La Bocca.

On constate actuellement des mutations notables dans tous les domaines de la technique filmographique. Un média technologique consacré depuis plus de cent ans, une technique et une culture solidement ancrées dans les pratiques professionnelles et privées, une économie toujours solide et évolutive, le cinéma est un objet inépuisable non seulement pour la critique et pour les études cinématographiques, mais aussi pour les Sciences de l’Information et de la Communication.
Notre journée d’étude réunit les chercheurs, doctorants, créateurs et les entreprises de production vidéo-filmique. La formule de la journée d’études se présente à travers des présentations théoriques et pratiques des intervenants, suivies à la fin de la journée par une table ronde permettant un échange autour des présentations et sujets pertinents.

Inauguration de l’arcade le 8 avril !

Depuis mon départ de C-Side début 2015, j’ai cherché un nouveau lieu pour faire décoller Memoways et pour constituer une plateforme plus « sociale » pour mes propres activités.
Le fait de travailler dans le numérique, qui plus est avec des applications mobiles et pour le web, rend le travail sur les projets relativement abstrait à faire comprendre, appréhender et à fortiori à communiquer.
J’ai d’abord essayé de contribuer au lancement d’un regroupement de professionnels du numérique, qui n’a pas pris racine, principalement parce que ce domaine d’activité oeuvre dans un cadre encore très instable… Mais sur le chemin, je me suis dit qu’il fallait absolument trouver un lieu qui intègre une « interface » entre ce monde de projets immatériels et le monde réel: espace de partage entre la réflexion et l’action, connecteur entre des idées et des gens, amplificateur entre des envies et des réalisations…

Dans la foulée de ces réflexions quelque peu rêveuses, j’ai eu la chance de pouvoir emménager dans une arcade sur rue, au 24 rue de Montbrillant à Genève – un lieu que je connais bien, ayant été habitant de cette maison entre 1992 et 2005.

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Cette arcade se trouve juste à 1 minute de la gare, en face du parc des Cropettes, avec un accès à un jardin et une belle arrière cour comme il n’est reste que très peu en ville. Avec ses deux pièces, l’arcade est suffisamment grande pour accueillir jusqu’à 6 ou 7 personnes.

Pour en venir à l’essentiel: voilà que 6 mois se sont déjà écoulés – et voici qu’avec le printemps naissant je peux enfin ouvrir les portes pour fêter ce nouveau départ: le vendredi 8 avril, nous invitons le public, les amis et collaborateurs pour un apéro festif entre 18h et 22h, en présentant nos divers projets, anciens et nouveaux.

La suite…

Nouvel horizon !

Les changements sont parfois très lents, à tel point qu’il faut prendre un sacré recul pour voir que d’une année à l’autre, malgré ce que l’on pense ou que l’on sent, les choses changent quand même.
Dans mon cas, j’ai changé de fleuve: je suis passé du canal bien endigué de l’audiovisuel aux bras multiples du torrent Internet… Mais je suis resté dans la même embarcation: un bureau au fond d’un couloir, (trop) bien séparé du monde.

Et parfois, ces changements sont aussi très rapides, radicaux, clairs.
Quasiment d’un jour à l’autre, j’ai la chance maintenant de changer d’embarcation => voici le temps du nouveau bureau!
De plein pied, face à un parc, dans une arcade bien située, je pourrais tout bientôt développer des activités qui vont, je l’espère, me permettre de prendre plus de monde pour ce voyage de plus en plus intense sur le torrent Internet.
De manière à pouvoir plus souvent mettre pied sur une presque-île, un gros cailloux chauffé par le soleil ou simplement se jeter à l’eau pour le plaisir de nager à contre courant.

Ce changement d’horizon est clairement une ouverture du chemin, un nouveau départ: mes activités ne vont pas changer (quoique, on verra dans une année…), mais la dynamique collaborative et créative va clairement profiter de cette « interface » bien plus connectée que dans mon bureau à la rue de la Coulouvrenière où je suis maintenant depuis… 1998!

Pour les personnes qui connaissent bien Genève, voici une photo de l’arcade vue depuis le trottoir pour tenter de deviner où c’est… (Les affaires dans l’arcade ne sont pas les miennes).

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Le nom et l’adresse de ce nouveau bureau / embarcation sera dévoilée en fin de semaine prochaine, une fois les cartons posés.

Et tout bientôt pour la pendaison de crémaillère, que je souhaite festive !

Une page s’est tournée

En fait, c’est plus qu’une page: un chapitre s’est terminé en ce début d’année 2015.
Un chapitre qui « pèse » bien 15 ans…
Après avoir arrêté en 2013, avec un grand ouf de soulagement, de proposer des prestations dans le domaine de la postproduction (étalonnage, compression vidéo etc), j’ai quitté la société C-Side Productions que j’ai co-fondé sur les bases de plusieurs associations.

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Ce changement n’est pas arrivé du jour au lendemain: le fait de démarrer le projet de recherche Walking the Edit en 2008, puis de fonder Memoways en 2011 a initié une dynamique qui m’a fait découvrir de nouveaux horizons.
Malgré le long processus de 7 ans, j’ai su très tôt que c’est bien sur les territoires encore peu explorés des « nouvelles écritures » que je voulais aller.

La suite…