Quel outil prendre pour le tournage de vidéos ?

Il y a encore moins de 10 ans, la question aurait semblé absurde: pour tourner des vidéos, il faut utiliser une caméra vidéo.

videocameraA regarder cette boucle quelque peu ironique et en la comparant avec les pratiques actuelles, on est plus si sûr de devoir forcément dégainer une de ces caméras pour « mettre en boite » une vidéo que l’on veut proposer au public.

Ce qui est aujourd’hui une évidence pour le grand public – le smartphone a largement remplacé la caméra dédiée (voir les statistiques en fin de billet) – ne l’est pas encore vraiment pour le professionnel du cinéma.

Pour des raisons évidentes: le professionnel a besoin de définir précisément l’esthétique de l’image et de maîtriser les paramètres techniques (durée et « stabilité » de l’enregistrement etc), le tout dans un emballage maniable et costaud.

Mais aussi pour des raisons moins évidentes: par réflexe et héritage culturel (on a toujours fait comme ça), pour que ça « fasse sérieux » et pro ou simplement parce que le workflow de création de films est construit sur la séparation des tâches, opérées par des spécialistes qui viennent avec leurs outils dédiés.

On fait des films pour les pixels ou pour des spectateurs ?

Ce billet se propose de revoir (de manière moins provocante que ce titre de chapitre) les arguments qui guident notre choix pour définir l’outil de prise de vue, en  se concentrant sur un comparatif entre la caméra vidéo classique et le smartphone. Ce comparatif est plus ciblé sur les usages et les besoins que sur les spécifications techniques brutes.

Pour le dire tout de suite: je suis largement influencé par les questions liées au workflow global (de la caméra au spectateur) et par les enjeux du partage public.
Le piqué de l’image ou la profondeur de champ réduite ? C’est joli et ça fait cinéma, mais ces caractéristiques esthétiques ne sont qu’une partie de l’équation à résoudre.

Pour moi, la « mission » d’une proposition artistique est de mettre en mouvement les émotions et l’intellect de la personne à qui l’on destine son geste créatif. Encore faut-il pouvoir trouver son public et amener son travail dans le contexte de ses spectateurs / utilisateurs…
Vu sous cet angle, peut-être que l’on va pouvoir moins se focaliser sur les pixels et mettre plus d’accent sur la création de liens entre sa proposition et les besoins ou attentes du public.

Sachant que le public bouge et n’a plus les mêmes attentes et habitudes qu’il y a encore 10 ans…

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La suite…

Pages documentation pour optimiser vos workflows

Comment optimiser le workflow entre la caméra et les diverses formes de valorisation de ses contenus ? Comment créer des vidéos depuis son smartphone et les publier directement sur une plateforme de partage ? Comment travailler de manière collaborative et pérenne ?

Comment ne pas se noyer dans toutes ces questions techniques et organiser une bonne circulation (de nos contenus, de nos efforts, de ce qui nous importe de poser dans le monde) ?

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Organisation du workflow fluide

Voici un certain nombre de question que les pages « documentation et bases de connaissance » vont aborder.

Les liens directs:

Dérushage et segmentation vidéo

Applications smartphone pour créer des vidéos

Publication YouTube depuis son smartphone

Nomenclature des fichiers (workflow ordinateur)

 

 

Memoways dans Le Temps

La vidéo sur le web est un sujet « chaud »: la preuve, cet article de Ghislaine Bloch qui se trouve en première page (puis page 15) du journal Le Temps de ce week end.

Ces start-up romandes qui innovent en matière de vidéo

La vidéo à tout va enflamme les géants du Web. Pour Facebook, Twitter ou Google, les contenus diffusés en direct sont une nouvelle manière de retenir l’attention des internautes. Au mois d’août, Microsoft a racheté Beam, un service spécialisé dans la diffusion en ligne de parties de jeux vidéo.

Memoways fait partie des quelques startups Suisse Romandes qui proposent des solutions ou produits pour étendre la portée et le fonctionnement de la vidéo grâce aux nouvelles technologies.

Les questions et réflexions qui me viennent en rebond à cet article:

  • Il y a des startups locales qui adressent les besoins pharaoniques en images animées et ciblent ce marché potentiellement énorme: pourquoi la seule solution est-elle d’ouvrir un bureau aux USA pour pouvoir continuer son activité, développer les promesses par un produit bien concret, aller plus loin dans les possibles ? Pourquoi ne serait-il pas possible de travailler main dans la main avec un acteur comme Le Temps par exemple ?
  • La même question se pose de l’autre côté de la lorgnette: pourquoi les producteurs de contenus historiques (cinéma, télévision), qui savent bien que leur survie passe de plus en plus fortement par le web, ne deviennent-ils pas parties prenantes de ces efforts entrepris par quelques structures indépendantes ? En d’autres termes: pourquoi ne serait-il pas possible de créer des partenariats qui vont plus loin que des discussions philosophiques sur le fait d’allier ressources et outils dans un objectif « win-win » comme on dit ?

Il y a bien des réponses, comme la non compréhension des enjeux liés au numérique (c’est trop technique), le manque de ressources et de compétences (l’excuse du manque de temps) ou simplement la peur du changement (ou la peur de la prise de risque).

Quoi qu’il en soit, merci à l’auteure de cet article de remettre le potentiel sur la place publique – c’est une manière de sensibiliser, avant de passer à l’étape de concrétiser et de responsabiliser… pour au final récolter les fruits de ses efforts sur le moyen / long terme.

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

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La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

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Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

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Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

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Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Une bouteille à la mer

La vidéo sur Internet se taille une part de lion de plus en plus affamé: cela peut se vérifier dans les usages et le développement vertigineux de la consommation de bande passante.
Cependant, la vidéo telle que nous la pratiquons sur nos ordinateurs et appareils mobiles n’a pas véritablement évolué depuis les beaux jours de la télévision ou même l’âge d’or du cinéma.
La vidéo est un objet fermé, non évolutif et non participatif, qui raconte toujours la même histoire: le monologue plus ou moins inspiré et inspirant d’un auteur – c’est d’ailleurs ce qui en fait sa valeur.
Cet objet ne va pas disparaître: il est bien trop important et correspond à un besoin humain profond.

Mais cet objet vidéo est un « corps étranger » dans le web d’aujourd’hui, dans le sens que les pages affichées sur l’écran de notre ordinateur ou de notre smartphone n’existent pas en tant que tel: elles sont calculées à partir de données dans une base de données, du contexte et du profil de l’utilisateur et d’une multitude de paramètres.
Au contraire de la grande majorité des sites web qui ne sont plus « statiques » mais « dynamiques », la vidéo reste statique, immuable, « éternelle »…
Imaginez Facebook sous forme d’un PDF: est-ce que cela fonctionnerait ?

La suite…

Une comète dans le ciel vidéo

Dans ce billet, j’aimerais positionner notre projet Comet en perspective à la consommation vidéo sur le web (avec une pointe de provocation) et développer des arguments en faveur d’un changement de paradigme (avec une tonalité plus intégrante).
D’un côté, il s’agit de mettre en question de manière constructive nos réflexes et héritages culturels, et de l’autre, de proposer des nouvelles manières de créer, de visionner, puis, potentiellement, de participer.
En somme, de passer d’un état de lecture (clic sur le bouton play) à un état de lecture / écriture (clics multiples, avec création d’une trace qui nous « appartient » et que l’on peut partager).

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Problématiques

  • La vidéo est un objet mort. En effet, une fois uploadée, la vidéo reste statique et ne peut pas évoluer au gré des besoins, des interactions ou du contexte de l’utilisateur.
  • Le contexte initial de la vidéo est perdu. À moins de remplir une multitude de champs dans un formulaire, aucune information importante liée aux sources constitutives de la vidéo publiée n’est gardée et pourrait être exploitable. En effet, à la sortie du montage, plus aucune information sur les rushes et autres éléments narratifs et structurants qui constituent le montage. Une vidéo sans le contexte de ses origines, c’est comme un arbre sans racines: ça ne tient pas et ne peut survivre sans mise sous serre (merci YouTube, Netflix et consorts).
  • Les playlists sont figées ou aléatoires. Soit la playlist est éditorialisée en amont par un auteur et elle fait sens – mais elle reste figée. Soit la playlist est générée de manière aléatoire et elle ne fait pas sens – mais elle est vivante. Une playlist qui fait sens tout en étant vivante et personnalisable: voilà qui pourrait être désirable. Non ?
  • L’interaction utilisateur est très limitée. À moins de rajouter des boutons interactifs sur la vidéo et de créer ainsi une navigation de vidéo à vidéo par dessus la vidéo en cours, le spectateur reste passif. Comme au temps des CD/DVD-ROM ou du web des années 1990, ce type d’interactivité ajoute une dynamique active pour le spectateur. Mais cela repousse le problème plus loin: les liens entre les vidéos sont définis une fois pour toutes, et donc la navigation va toujours être la même: statique, non évolutive, figée. Tellement pas web 2.0…

La vidéo doit-elle forcément rester comme un objet figé qui vient d’un autre temps, alors que le web d’aujourd’hui est tellement inventif, vivant et personnalisable ?
Pourquoi la vidéo doit-elle rester exclue de la dynamique d’appropriation, de participation, de remix ou d’interactions sociales que l’on vit dans le web des années 201X ?

Arguments 

  • Rendre la vidéo vivante. Le concept que Memoways met en avant avec Comet est de d’interconnecter puis d’exposer les éléments constitutifs d’une vidéo: les plans. Chaque plan a sa propre cohérence et garde son contexte initial. La vidéo que l’on voit au final n’existe pas en tant que telle: elle est lue en temps réel et sans coupures à partir des plans, en fonction de la volonté de l’auteur, de la playlist et des envies ou du contexte de l’utilisateur. La vidéo est donc un flux de plans: comme avec les Tweets sur Twitter, on peut lire le flux dans l’ordre défini, mais on peut également aller chercher dans le flux juste les éléments qui nous intéressent. On a alors un flux de plans qui correspondent à nos envies, nos besoins.
  • Garder le contexte de la vidéo à la racine. Chaque vidéo qui est exposée à travers la plateforme vidéo de Memoways est un plan non monté, qui garde le maximum de son contexte initial: qui a fait la vidéo, où, quand, comment… Et l’on peut ajouter des informations sur ce que raconte la vidéo, de manière à lui donner la chance d’être trouvée et exploitée avec d’autres vidéos qui parlent de la même chose.
  • Les playlists sont maitrisées mais restent vivantes. L’auteur a la possibilité d’exposer une playlist qui correspond à un besoin: par exemple de présenter toutes les vidéos qui parlent d’une certaine thématique à travers des interviews de plusieurs personnes différentes. À partir de là, l’utilisateur peut aller filtrer le flux thématique exposé pour regarder puis partager que ce que raconte un seul intervenant qui lui plait bien.
  • L’interaction est hautement personnalisable. Comme les liens entre les vidéos se font au niveau du plan et que les combinaisons entre les plans ne sont pas basées sur des connexions définies « en dur » (de manière statique et unique), l’interaction que l’utilisateur peut avoir avec le flux de vidéos est hautement personnalisé.

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En somme, l’expérience Comet permet à chaque utilisateur de naviguer à travers un flux structuré de vidéos pour ensuite, s’il le souhaite, créer sa propre playlist en fonction de ses besoins, questions ou envies.

La playlist peut être composée de plans et donc générer une histoire personnalisée, unique.
Ou la playlist est composée de vidéos déjà montées et permet de partager une liste structurée d’histoires choisies.

Grâce à Comet, il devient enfin possible de confectionner des histoires personnelles, de manière non destructive (on ne détruit pas les histoires des autres ce faisant) et de partager une collection de contenus choisis.

Autrement dit: après l’avènement de ce que l’on appelle le « responsive design », où l’affichage des contenus s’adapte automatiquement à l’appareil de l’utilisateur, voici venir enfin le temps du « responsive storytelling », où l’histoire s’adapte de manière dynamique et personnalisée a ses propres envies, besoins ou contexte d’usage (mobile, stationnaire…).

Nous développons avec Memoways actuellement la version 2 de Comet – stay tuned 😉

Workshop archives ilôt13

A l’intersection des archives familiales (les films Super-8 dans le grenier de nos parents) et des archives nationales (les vieilles émissions de la télévision) il y a les archives de quartier.
Ces archives sont plus liées à un lieu qu’à un groupe d’individus; la mémoire du lieu survit aux personnes qui y passent un temps de leur vie – mais encore faut-il que cette mémoire soit liée et partagée avec le territoire donné.

Dans le cadre des festivités des 30 ans du quartier de l’ilôt13 à Genève, je propose un workshop pour créer des liens entre les archives des habitants, entre des contenus et un lieu, entre des vidéos et des personnes, entre des histoires et des thématiques…
En somme, de considérer les archives non pas comme une trace figée du passé, mais une mémoire vivante avec laquelle on peut continuer d’interagir, de converser et surtout que l’on puisse alimenter avec des nouveaux contenus.

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Ce workshop aura lieu début juillet, à l’arcade Memoways / Ulrich Fischer.
4 jours sont proposés sur ce doodle permettant de prendre les disponibilités des participant-es.
Merci de bien indiquer votre prénom et votre nom, ainsi qu’un contact (mail ou téléphone) pour vous joindre: confirmer les dates et la tenue du workshop, discuter des détails etc.
Le workshop est ouvert à une petite dizaine de participant-es entre 13 et 99 ans.

 

Très concrètement, le workshop va proposer les moments suivants:
  • rassembler les archives en provenance de divers auteurs: photographies, Super-8, vidéos… il y a déjà une belle masse de contenus, mais il est important de rassembler un maximum de points de vues, d’esthétiques, de situations etc de manière à ne pas avoir une Histoire unique mais bien de présenter, de manière structurée et guidée, la multiplicité des vécus. Venez donc avec vos vidéos, photos, textes, sons ou dessins sous une forme numérique (fichier) sur un disque dur ou une clef USB – nous allons ajouter ces contenus à la mémoire collective du quartier (via une base de données collaborative).
  • stocker de manière centralisée (sur un serveur), accessible de manière décentralisée (par le web) pour les personnes partie prenante. Nous allons utiliser plusieurs services complémentaires pour permettre la sauvegarde (archivage) et surtout la valorisation à travers l’éditorialisation des contenus avec des informations descriptives.
  • ajout d’informations descriptives (métadonnées) de manière à pouvoir chercher, trier et filtrer les archives.
  • création de projets: nous allons utiliser des applications web comme Airtable pour indexer, Mapme pour créer des cartes interactives, StorymapJS pour guider le public à travers des contenus choisis ou la plateforme vidéo Comet pour naviguer à travers les vidéos… Nous somme aussi en train de mettre sur pied une application tablet réalisée avec l’outil online Pandasuite.
  • exports de sets (playlists) personnalisés vers des outils de navigation, présentations cartographiques, application mobile… Chaque personne pourra exposer ses histoires à travers ces plateformes, soit à partir des outils mentionnés ou alors directement depuis le projet accessible ouvertement sur Internet.

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Quelques exemples de projets que nous pouvons réaliser:

Voici des articles du Courrier et de la Tribune de Genève sur l’historique du quartier trentenaire et du programme de festivités.

En complément: en cliquant sur cette image, un lecteur vidéo s’ouvrira et permettra de découvrir une première version des archives vidéo du quartier…

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La suite…

Le prototype de Confusion.today est arrivé !

Confusion_2015-09-13-webmoyen

Après quelques semaines de travail cet été, le prototype du projet transmedia « Confusion.today » est en ligne !

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule: nous venons également de recevoir le soutien de Pro Helvetia avec la deuxième partie du financement pour le projet.
Nous pouvons donc immédiatement partir en mode production de manière plus conséquente 🙂

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