Présentations en novembre

Dans le cadre d’une journée d’étude à l’école national supérieure d’architecture de Grenoble, présentation de Walking the Edit le mercredi 3 novembre.

Ensuite, le 23 novembre l’adaptation parisienne de Walking the Edit intitulée « Heritage Experience » sera présentée dans le cadre d’un workshop « Michael Culture Workshop » à Budapest.

D’autres présentations sont en cours d’organisation, plus de détails suivront.

Hey, let’s create some coool shit !

Voici en résumé le mot d’ordre de la « open vidéo conference » à laquelle j’ai participé à New York les 1 et 2 octobre. Les enjeux : établir des standards ouverts, non commerciaux et libres dans le but de rendre la vidéo « soluble » dans l’internet (et par ricochet de produire un changement aussi profond dans l’industrie des images en mouvement que l’invention du montage il y a plus de cent ans).

Quelques retours sur cette conférence et en « bottom line » quelques considérations sur WE dans le monde réel (vu des USA).

Donc, faisons du coool shit. WTF ? Ah oui, on parle de contenu : les vidéos, les images, ce que nous voulons raconter sur le monde. Ne nous prenons pas trop au sérieux : il faut être coool donc, encore mieux funny, et toujours,  mais vraiment toujours et indépendamment du contenu, entertaining. Faire la révolution, mais coool mec (don’t forget : never get your audience bored).

Sur le fond, pas grand chose à redire : il s’agit de proposer une relation aux médias dans les deux sens (pas seulement une expérience passive, mais également active), permettre le partage et la réappropriation des contenus et de la forme par l’utilisateur, promouvoir tout ce qui est libre, ouvert et évolutif.  Se dire que chacun peut contribuer à sa manière, à son échelle, à l’édification commune d’un ensemble d’interrelations constructives et créatives.

Maintenant, sur la traduction de ces beaux principes dans la réalité. Que voit-on ? Des remix de Mickey ou de Star Wars, des montages hyper-formattés malgré un ton et une ambition politique réelle. On prend les mêmes recettes et on recommence, mais réalisé par des nouveaux acteurs venant d’en bas – voilà la grande nouveauté. Maintenant en tant que fan d’un produit culturel, on ne consomme pas seulement passivement mais on remixe activement en « crowd-sourcing ». Les ayants droits intelligents laissent faire, ils voient bien que ce n’est que de l’eau supplémentaire à leur moulin (et en plus, ils gagnent une attitude coool) ; d’autres, plus rétrogrades et n’ayant pas encore compris les enjeux et ce qu’ils peuvent en retirer font travailler leurs avocats (ça rapporte des $ plus rapidement et clairement que l’attitude coool).

L’échelle de mesure est toujours la masse : l’audimat, les nombres de hits / de lecture d’une vidéo. Tout est calqué sur l’impact mesurable : les premiers arguments qui viennent pour valider un projet, une idée ou un produit est la mesure de la masse de personnes qui a cliqué (ou qui va cliquer, encore plus fun). Cette approche objective a le grand avantage de valider / invalider par l’utilisation réelle.
Maintenant (question à 100’000$), comment est-ce que l’on en arrive à produire des millions de clics ? Là, aucun autre argument vient que ceux mis en exergue ci-dessus : en gros, viser une « fan-base » déjà existante (style l’exemple de Star Wars) soit proposer quelque chose avec un dénominateur commun suffisamment large et consensuel (style les moteurs classiques action, humour, violence, sexe etc). En résumé : on produit la même sauce avec les mêmes ingrédients, mais la recette et les cuisiniers sont toujours différents (et interchangeables, chouette). Au final, ce n’est donc pas si politique que ça, c’est juste que maintenant notre place en haut de la pyramide est moins assurée de durer et l’on peut s’y faire catapulter à la faveur d’un hype planétaire parrainé par des millions de doigts. The American Dream is still living : the great come back and even stronger than before.

Tout ça n’est donc pas nouveau, mais se posent tout de même les questions suivantes :
– la nouveauté : on oppose souvent le « avant » et « après » des nouvelles technologies, en réduisant celles-ci à la manipulation technologique / utilitariste ou en les entourant d’une aura magique. Mais qu’en est-il si l’on arrête de parler de nouveauté et l’on regarde plutôt sous l’angle de la filiation ? (ou du copy & paste pour parler moderne). En somme, de mettre nos gadgets dans la poche et de réfléchir de manière bien critique si la nouvelle forme de entertainment (never get bored again est un autre cri de ralliement) change réellement en profondeur notre relation au réel ? C’est à dire de ne pas mesurer seulement au nombre de clics mais d’estimer aussi l’impact réel une fois l’ordinateur éteint (ou en veille, ok). Ah oui, donc comment prendre le chemin le plus court pour chercher un soda au market du coin ?
– comment le fait de considérer le spectateur comme faisant partie de la chaîne de production  va-t-il se traduire dans les contenus (sorry, le coool shit) ? Si l’on regarde YouTube et consorts, le constat est plutôt affligeant, mais les enjeux ne sont-ils pas justement hors écran ? Dans le travail que l’on fait pour lier les choses, pour tisser un réseau entre notre imaginaire et celui des autres ? Mais là, sorry, ce n’est pas monnayable – passons ;
– pour éviter de sonner comme un grincheux (je déteste ça pourtant), one more thing : il y a le sentiment diffus mais tenace qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion, dans l’assemblée il y a les classiques défenseurs des libertés, les terroristes, les spectateurs qui adorent se faire chatouiller les tripes… mais là où ça devient réellement intéressant est de constater que l’on est pas dans un seul avion, mais dans plusieurs à la fois ! Comment ? Oui, et ils ne vont pas dans la même direction ni à la même vitesse, la seule constante : pas de pilote et surtout pas de destination claire et définie. Sentiment grisant suivi d’un gros coup de fatigue : aie je préfère regarder le film devant moi et que je pilote du bout des doigts, je sais ce que j’ai entre les mains et je ne regarde plus par la fenêtre, juré. (happy end de non grincheux : afficher la carte du vol et de suivre le labyrinthe interminable des voyages parallèles).

Bottom line, quelles sont les implications pour WE ? Il y avait une ambiance automnale avec pluie fine presque horizontale à New York ces jours là, on appelle ça aussi douche froide. Un peu ce qui s’est aussi passé durant la conférence. Welcome in the real world : let’s face it and be terre à terre (le parapluie protégeant de la pluie fine censurait les grattes-ciels new-yorkais).
– comment on valorise et mesure le « produit » final -> comme l’expérience n’est pas monnayable directement (il faut qu’elle soit gratuite), il s’agit donc de produire du trafic, de l’utilisation en masse, il n’y a pas d’autre issue. Relativiser : il faut du temps, ne pas attendre à une levée de doigts en quelques semaines; il faut du temps pour ouvrir l’appétit à des usages nouveaux (aie, ce mot délicat), il faut autant de recettes que d’il y a d’adaptations territoriales et donc rien n’est joué d’avance (dans un sens comme dans un autre) ;
– documentaire vs. fiction -> pas le même effet coool avec des contenus trop docus. Parler de notre quotidien, de notre réalité les pieds dedans mais la tête qui voyage : tendre des arcs narratifs et installer des leviers fictionnalisants. Encore en laboratoire, heureusement, des formes et formules à élaborer et affiner ;
– possible de survivre sans doping  via des stars (name dropping), sujet porteur (cf moteurs libidinaux et identitaires),  exclusivité (valeur par un partenariat prestigieux) ??

Pour terminer, un mot de remerciement à Pro Helvetia qui a soutenu financièrement une partie des dépenses liées à ce déplacement.

To be continued (coool !)

Point de la situation (mi-temps 2010)

Quelques informations sur l’état actuel du projet – un condensé sur les dernières nouvelles et la situation actuelle.
Des posts spécifiques seront fait ultérieurement pour chacun des points abordés ci dessous.

Adaptations:
PARIS. Il est prévu de présenter le projet dans le cadre des journées du patrimoine à Paris mi septembre 2010; nous sommes donc en train de chercher des images d’archives (séquences vidéos ayant été tournées sur le territoire de la Cité Universitaire), de tourner des images spécifiques tout en élaborant des scénarios d’usages pour tester le dispositif dans le cadre d’une expérience patrimoniale du territoire.
GENÈVE. Après quelques mois d’attente de réponse définitive et officielle, il y a enfin une perspective de présentation du dispositif à Genève dans le cadre du festival Image-Mouvement 2010 (ex-BIM) en décembre.
D’autres pistes de présentation pour 2011 sont en cours d’étude.

Présentations:
Le projet a été présenté dans le cadre de deux conférences (Mapping et WebTV). C’est toujours un très bon exercice de devoir présenter le projet de manière approfondie et interactive; les retours ont été de manière générale très bons et encourageants, malgré la densité de la présentation la plupart des personnes présentes ont fait un retour personnalisé et positif – les enjeux présentés ont « ricoché » dans leur tête et provoqué des questions qui ont ouvert des nouvelles portes…
Malgré les retours pour la plupart enthousiastes, il n’y pas encore d’autre adaptation prévue, mais les contacts pris laissent envisager l’une ou l’autre présentation ultérieure (chantier ouvert tant qu’il n’est pas possible de tester en condition réelle le dispositif avec l’application iPhone – c’est là dessus que portent nos efforts actuels).

Technique:
Après les problèmes techniques liés à notre hébergement chez Ikoula, nous avons perdu quelques semaines sur les chantiers techniques – qui ne sont pas évidents non plus à maîtriser dans les temps. Il est prévu de mettre à jour le site internet avec le nouveau lecteur HTML5 et les vidéos recalculées avec le nouveau moteur de montage, ainsi que l’application iPhone pour tester en situation le dispositif. Tout est suspendu à ces développements techniques qui devraient permettre de voir concrètement comment le dispositif fonctionne et de pouvoir projeter des scénarios d’usages en fonction des adaptations possibles.

Financements:
Les financements acquis fin 2009 ont été presque entièrement utilisés pour les développements techniques, la communication et l’élaboration des bases pour les adaptations futures.
Une demande effectuée ce printemps dans le cadre de Sitemapping (OFC à Berne) a été refusée pour des raisons obscures et incompréhensibles – malgré des tentatives d’en savoir plus de la part de la commission, il apparaît que le dossier n’a pas été lu et / ou que les projets soutenus relèvent du copinage. Plus des détails là dessus prochainement.
Afin de pouvoir financer l’adaptation à Genève, une demande de soutien extraordinaire a été déposée au Département des Affaires Culturelles de la Ville de Genève, une autre complémentaire va être déposée au Département de l’Instruction Publique. L’idéal étant de pouvoir financer au plus vite les tournages et indexations sur un territoire délimité.
Un gros chantier est l’élaboration d’un modèle économique pour faire « tourner » ce projet, parce qu’il semble impossible de financer le projet seulement avec le soutien des institutions culturelles. L’enjeu est surtout la « fenêtre temporelle » qui est plus grande et surtout ouverte: contrairement à la plupart des projets qui sollicitent des aides institutionnelles, il ne s’agit pas de faire un objet unique qui a une durée de vie déterminée mais de garantir que la base du dispositif puisse être solide ET puisse grandir à travers les années (recevoir de nouvelles images, améliorer le moteur de montage etc etc). C’est là qu’il faut imaginer des financements complémentaires (partenaires culturels, privés, commerciaux etc) afin de garantir la pérennité des développements nécessaires dans le temps (une période qui va en tout cas couvrir les 5 ans qui viennent).

Présentation de WE au festival Mapping

 

mapping

Mercredi 12 mai, je vais présenter le projet dans le cadre du festival Mapping, à Genève.
Pour une fois, j’ai du temps pour la présentation: 2 heures… j’espère pouvoir développer et lancer une discussion autour des points suivants:

– accessibilité
(base de données audio-visuelle, accès en réseau via « le nuage » internet)

– temps réel
(action-réaction immédiate, flux audio-visuel, )

– jouabilité
(relations multiples, variables et surprenantes, interactivité)

– partage
(images « libres », passage de témoin entre créateur et spectateur
– la question des droits d’auteur et de la place de l’auteur)

et plus spécifiquement sur les enjeux suivants:

– Comment faire du cinéma (des images) aujourd’hui ?
(face à l’hybridation des moyens de tournage et multiplication des canaux de diffusion)

Comment s’approprier les nouvelles technologies ?
(au regard de la digitalisation de nos vies, de la prolifération des « mondes parallèles ») 

Est-ce que notre rapport aux images change ?
(brouillage des rôles de créateur, producteur, spectateur; liens multiples et variables face à l’image)

Walking the Edit – présentation dans le cadre du festival Mapping

http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=we-pres-frmapping-100513085814-phpapp01&stripped_title=walking-the-edit-prsentation-dans-le-cadre-du-festival-mapping

View more presentations from Ulrich Fischer.

Conférence à Sierre

La vidéo de la conférence de Sierre, dans le cadre de la CONFERENCE TECHNOARK 2010: Les nouveaux espaces numériques!

http://www.klewel.com/flash/webplayer/1.1.2/MainView.swf

La présentation (sauf le film de présentation):

Invitation à une conférence « Les nouveaux espaces numériques »

J’ai été invité à présenter le projet dans le cadre de cette conférence à Sierre, le 29 janvier 2009.

Voici les intervenants:

Adam Greenfield, Directeur des interfaces et de l’interaction de Nokia, auteur du livre référence sur l’informatique ambiante « Everyware ».

Bruno Marzloff, est un sociologue spécialisé sur les questions de mobilité. Il est directeur du Groupe Chronos, cabinet d’études sociologiques et de prospective qui observe et analyse les enjeux des mobilités. À ce jour, seize sociétés comme Orange, SFR, Vinci, Renault ou la SNCF sont membres du Groupe Chronos.

Fabien Girardin est un chercheur Suisse qui a mené au MIT un projet de visualisation des déplacements touristiques dans les villes de New York, Barcelone et Florence.

Ulrich Fischer est le responsable du projet WALKING THE EDIT

Notes et réflexions à partir de la conférence au TechnoArk

Nous étions deux (J.F. Blanc et U. Fischer) à suivre le vendredi 30 janvier une conférence au TechnoArk de Sierre, sur le sujet de l’internet des objets. En gros, il s’agissait de réfléchir et de discuter sur le lien entre le réseau virtuel (internet) et les réseaux existants et à venir tissés dans le monde réel à travers les objets – un des liens avec notre projet se situe sur le fait de considérer nos médias comme des objets que nous plaçons et intégrons au monde réel.

La suite…

Compte rendu de la participation à la conférence « narration interactive »

Le projet a été présenté dans le cadre d’une conférence sur la narration interactive à Erfurt en Allemagne par Ulrich Fischer, entre le 26 et le 27 novembre. Il s’agissait avant tout d’une « demo » du projet (le CMS, les diverses pistes graphiques etc), j’ai présenté puis discuté avec une vingtaine de personnes les divers éléments du projet. C’est toujours aussi difficile de donner une idée du projet en 3 phrases, mais avec quelques mots clefs (ah nos tags) c’est possible d’éveiller la curiosité des personnes. Le plus gros « malentendu » est toujours le fait que les personnes croient que le visiteur filme ses propres images, ils ont de la peine à s’imaginer les images placées dans une base de données territorialisée…
Ensuite, en donnant quelques exemples, on en vient à l’une des questions centrales du projet, à savoir « ce que ça va raconter », ou également, « ce que nous allons filmer ». A ce sujet, ce serait très précieux (pour nous mêmes comme pour les personnes extérieures) d’avoir un exemple à montrer, histoire de tout de suite déterminer le cadre esthétique et artistique – j’espère qu’on arrivera d’ici mars de générer quelques films qui puissent fonctionner comme leviers.
Par ailleurs, et ça c’est positif, chaque personne qui s’est prise au jeu a développé ses propres versions / visions du projet (par exemple de pouvoir permettre à des personnes en chaise roulante de faire vivre leur relation à l’espace de cette manière là; on peut aussi penser à du cinéma pour aveugles, un acteur qui songe à intervenir directement dans l’espace urbain et influencer le trajet du visiteur etc).

Un peu de feedback de cette conférence:
– il s’agissait avant tout de présentations de projets de recherche portant sur la question de la narration fictionnelle interactive, donc en principe des considérations qui ne nous concernent pas directement. En effet, la plupart des projets se battent (et se cassent les dents) sur la question de la crédibilité des acteurs impliqués, ainsi que du point de vue pris par l’utilisateur (qui prend part à l’histoire en interagissant, souvent avec des clics souris, avec le flux narratif);
– les projets sont surtout issus de programmeurs / chercheurs / scientifiques, et donc les résultats ne tiennent pas vraiment la route au niveau artistique; on a beaucoup entendu d’histoires reprennant une esthétique et une narration existante dans les jeux vidéos;
– un projet que j’ai trouvé intéressant: Say AnythingA Massively Collaborative Open Domain Story Writing Companion. Ce projet travaille sur le concept du « crowdsourcing », le fait de puiser dans une base de données qui est générée par un robot qui scanne les blogs. En somme, il n’y a plus d’auteur individuels mais une masse de personnes qui contribuent à la richesse de la base de données (sans rien faire, et sans le savoir…). C’est absurde, poétique et très juste par rapport au potentiel du médium; mais comme ce n’est pas assez narratif au sens classique du terme, pour les auteurs c’est une projet pas encore réussi…

UF