Organisation des cours pour la FS1

Pour clarifier le programme de mai à juin avec la FS1, voici quelques informations.

Les dates:

Mai: mardi 7 (de 8h30 à 11h50); vendredi 24 (de 12h50 à 16h10)
Juin: vendredi 7 (de 12h50 à 16h10); vendredi 21 (de 12h50 à 16h10)

Cela fait donc 4 demi journées, où nous allons nous concentrer principalement sur deux chantiers:
– enseignement pratique vidéo (sur Première Pro) et nouveaux médias (outils web)
– la suite de la réalisation du projet « Invisible Vevey » initié cet hivers. Le but est d’arriver à présenter des résultats pour le prochain semestre d’hivers (2014).

Important: nous allons utiliser le logiciel Première Pro (faisant partie de la suite CS d’Adobe), et non plus Final Cut Express (trop limité). Toutes les personnes n’ayant pas ce logiciel sont priées de s’annoncer pour que l’on puisse organiser l’installation de ce logiciel par le service informatique de l’école.

Pour le prochain cours (le mardi 7 mai), il faudra venir avec des vidéos, idéalement tournées dans le cadre de votre projet « Invisible Vevey ». Nous allons utiliser ces vidéos pour faire quelques exercices de montage, la compression pour internet puis si on y arrive de voir comment on peut utiliser des outils en ligne pour valoriser / partager / rendre interactifs ces vidéos…

Mise en route d’un site internet

Mise en place d’une site web pour des photographes

Ce billet pour cadrer les choses à faire / penser sur la route d’un site internet: ce n’est pas juste de montrer ses photographies d’une manière plus ou moins jolie, mais potentiellement bien plus.

Les questions à se poser avant de commencer:
– FOND: quels contenus vont être présentés ? Il s’agit d’anticiper la masse d’images, vidéos, textes etc afin de voir quelle est la meilleure stratégie à prendre. Quelle est la pondération entre les contenus visuels, les informations (légendes etc) et les contenus textuels plus généraux (textes de présentation, textes critiques etc) ? Réponses à apporter: type de contenus; quantité estimée
– FOND: qu’est-ce que ça doit communiquer, induire, susciter ? Emotions, intérêt artistique etc. Réfléchir sur la bonne adéquation entre fond et forme pour qu’au final le spectateur puisse être touché par votre travail. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » est une formule tout à fait adéquate, à laquelle cependant il faut ajouter l’usage (l’interaction dans le temps). Ce qui doit « fonctionner », ce n’est pas seulement vos images (la base) mais également la manière dont vos images viennent se présenter dans une scénographie orientée usage…
– FORME: navigation. Quelle structure de menus, navigation transversale (tags, catégories), navigation visuelle etc ? Il y a des outils de mockup qui existent pour se faciliter la tâche (pour simuler comment on navigue et on passe d’une forme à une autre).
– FORME: base de données. Un CMS est une interface au dessus d’une base de données – il faut donc idéalement mettre en place et gérer cette base de données de manière réfléchie et consciente. L’idéal est de renseigner un maximum de choses (via des descripteurs, métadonnées) pour des contenus non textuels (images, vidéos, audio), dans le but de le retrouver d’une part et de pouvoir les afficher de manière plus « souple » d’autre part. Cela demande de mettre en place des listes (taxinomies) qui permettent de garantir une certaine logique dès le départ.
– FORME: interactivité. Quelle interaction vous voulez proposer à vos visiteurs / spectateurs ? (commentaires, connections aux réseaux sociaux, ajout de contenus, login, versement d’argent etc)
– USAGE: part de pages statiques / pages « blog » (flux de billets) / pages « générées » (agrégation de contenus)
– USAGE: engagement. En lien avec l’interactivité, penser à la question de la relation de votre visiteur avec votre travail, et au delà, avec votre démarche artistique.
– WORKFLOW: comment optimiser le flux de travail depuis la production de contenus (appareil photo etc) vers le site, en passant par un ordinateur (ou smartphone / tablet)

Les éléments et enjeux à considérer:
les liens du site vers le monde matériel (notre « premier monde »), votre personnalité (profil artistique) et votre production (expositions, livres, mandats etc). Idéalement, la présence numérique reflète, continue et développe votre personnalité physique;
le site comme élément englobant: ce n’est pas seulement le bout de la chaîne (montrer un travail) ou un amplificateur (diffuser un travail) mais un environnement qui accompagne depuis l’amont (la réflexion conceptuelle, mise en place d’un projet) à l’aval (présentation des résultats) en passant par la phase de production (étapes, progression). Il faut idéalement penser le site comme une dynamique, un chemin et pas comme une destination, un aboutissement…
le site comme outil de travail: dans le cadre d’une production (artistique, culturelle etc) il est possible de prendre les différents composants d’un site (blog, wiki, réseaux sociaux etc) comme boite à outil pour avancer sur un projet.
le site comme outil de communication: c’est le rôle « historique » des sites web que de communiquer d’une activité en profitant de la mise en réseau des contenus; aujourd’hui il ne s’agit plus seulement de communiquer autour d’objets produits et fermés (des photographies par exemple) mais de discuter, interagir dynamiquement avec ses publics, partenaires, pairs etc. Ce n’est plus une communication unidirectionnelle et figée, mais bidirectionnelle et « liquide »…
le site comme plateforme de partage: un projet ne se fait pas tout seul dans son coin et à priori pour un public de consommateurs passifs, donc la notion de partage (à prendre au sens large) est à « implanter » à la racine… Si le site comme plateforme d’échange est généreux (partage des sources, le chemin) le public lui aussi sera généreux (rebonds, buzz, donations, achat etc).

Organisation des cours pour la FS2

Pour clarifier le programme de avril à juin avec la FS2, voici quelques informations.

Tout d’abord les dates:

Avril: vendredi 19 (de 9h30 à 17h)
Mai: vendredi 3 (de 9h30 à 17h); mardi 21 (de 9h30 à 17h)
Juin: mardi 3 (de 8h30 à 16h); vendredi 14 (de 9h30 à 17h)

Cela fait donc 5 journées entières, où nous allons nous concentrer sur deux chantiers principaux: la mise en place d’un site / portfolio / blog / présence internet pour votre propre travail et la réalisation du projet « invisible Vevey » initié cet hivers.

Quelques informations générales:

– nous allons utiliser le CMS http://www.squarespace.com pour la réalisation de vos sites
– nous allons étudier quelques outils complémentaires avec lesquels il est possible d’ajouter des « objets » spéciaux dans votre site (vidéo, animations, interactivité, flux du web etc)
– nous allons revenir sur la technique vidéo (prise de vues, montage, export)

Voici un déroulé possible:

– définir les envies et besoins de votre site internet (artistique, outil, communication, commercial…)
c’est quoi internet ? (histoire, enjeux, architecture, perspective…)
– définir le graphisme, l’ergonomie et le design de votre site (dessiner et concevoir le type de layout et fonctionnalités)
choisir les contenus à y mettre (sélection, tri, agencement dans l’espace de la page et le temps de la visite)
c’est quoi une base de données ? (archives, métadonnées, recherche…)
– comment optimiser le flux de travail de votre appareil photo au site internet (logistique, organisation, nomenclature, bons réflexes et petits automatismes)
– comment garder votre site vivant, comment attirer des visiteurs (stratégie d’utilisation, référencement)
c’est quoi un algorithme ? (la construction du web 2.0, le fonctionnement du réseau et le flux d’information)
– savoir comprendre (et parler) avec des « gros mots »: tag, embed, API, CSS etc…

Nous allons aborder ces points dans ce déroulement là, mais pas d’une manière totalement linéaire et sans séparations strictes, en alternant parties théoriques et prise en main pratique.

Liens de CMS

Voici une liste de CMS (Content Management System) qu’il est possible d’utiliser en vue de créer son propre site / blog / présence internet.

Orientés portfolio
http://www.squarespace.com (payant http://www.squarespace.com/pricing/)
http://flowboard.com
http://koken.me avec démos http://demo.koken.me
http://4ormat.com
http://fr.wix.com
Spécialement pour photographes
http://www.photodeck.com/fr/
http://fr.photographes.com

Orientés blog
http://wordpress.com (avec des plugins spécifiques pour la photo, comme http://www.photocrati.com)
http://www.blogger.com/home
https://www.tumblr.com

(en cours de rédaction, d’autres liens vont suivre)

Liens de sites de photographes

Voici une collection de liens de sites de photographes choisis par les étudiants de FS2.
Ces liens vont servir de référence et points de départ pour élaborer une présence internet pour chaque étudiant.

Les « bons » exemples:
http://huiuh.com
http://jenniferendom.de/index.php
http://www.uni-weimar.de/projekte/projektil/2012/beta/
http://sashakurmaz.com
http://www.quentindebriey.com
http://www.clementineschneider.com
http://troxlerart.ch
http://www.yuliagorodinski.com
http://www.tonk.ch
http://gunnarmeier.com
http://www.linusbill.com
http://www.jeremysaintpeyre.com/wordpress/
http://alecsoth.com/photography/
http://www.christianpatterson.com
http://www.vego.ch

Les « mauvais » exemples:
http://lecomte.mur.at/indexfr.html
http://huberhuber.com

Ajoutez ici vos liens préférés, mais également des liens vers des sites qui sont des exemples de ce qu’il ne faudrait pas faire (d’après vous)…

Les questions à se poser et à garder en tête lorsque l’on réfléchit à quel type de présence internet on a envie de construire:
rapport au public (actif / passif / engagement…): par l’agrégation de contenus, les « likes », la fonction « embed » etc
structure hiérarchique figée (arborescence stricte – le « web 1.0) vs. structure ouverte et « fluide » (navigation dynamique – le « web 2.0)
portfolio (style livre ou magazine) vs. plateforme multi-usage (d’un portail à une boite à outil en passant par un lieu de réflexion)
– …

A suivre.

Références art interactif

Voici quelques liens vers des projets qui font partie de l’histoire (encore jeune) des arts appelés « nouveaux » (new media; new media art etc).

Une figure contemporaine très importante est Lev Manovich. Il a réalisé un projet (pas super réussi et un peu daté au jour d’aujourd’hui) au tournant des années 2000: Soft Cinema (navigating the database).
Sur son site personnel, il y a plein de textes (en anglais seulement) qui décrivent de manière très pédagogique et claire les enjeux liés à ces nouveaux médias.
Il a aussi récemment produit un certain nombre d’outils pour générer des visualisations à partir de bases de données audio-visuelles: http://lab.softwarestudies.com/p/software-for-digital-humanities.html et des exemples ici http://lab.softwarestudies.com/p/research_14.html. Les modes d’emploi sont en ligne aussi…

Une autre figure importante et plus proche de nous (à Paris) est Jean-Luc Boissier. Un livre comme « La relation comme forme » est une bonne base pour se repérer dans les enjeux du numérique.

Références et exemples art vidéo

Voici quelques liens pour rebondir sur vos projets. Il s’agit avant tout d’exemples d’un certain âge, venant de l’art vidéo ou du cinéma expérimental – des liens plutôt « nouveaux médias » vont suivre.

Le brouillage analogique d’une image vidéo (Anna) – lien à venir.

Le found footage – (re)montage à partir d’archives (Julie & Laura)

Dégradation organique d’une image (Stéphanie) http://www.filmalchemist.de Jürgen Reble

Usage narratif de caméras de surveillance (Myriam)

Picture in Picture (Delphine) – dans la compilation vers la minute 2

Exhibitionisme (Jean-Luc)


Travellings optiques à partir de reflets (Simon)

 

Invisible – note de cadrage méthodologique

Pour structurer le travail à faire pour la réalisation du projet « invisible », voici quelques éléments méthodologiques et d’organisation.

Ces notes sont sensées vous aider dans la conduite de votre projet, mais vont aussi vous donner des indications de ce que j’attend de vous pour le rendu d’un document écrit, qui servira comme au premier semestre pour attribuer une note théorique.

En premier lieu, tenter de clarifier pour vous mêmes pourquoi vous faites ce projet (au delà du fait qu’il s’agit d’un exercice d’école – c’est idéalement un projet personnel dans lequel vous vous investissez):
– ce que vous cherchez, ce qui vous « obsède »
– quelles sont les questions que vous voulez « résoudre », auxquelles vous voulez vous « confronter » ?
– ce qui pourrait intéresser un spectateur dans votre pourquoi: qu’est ce que le spectateur peut recevoir, prendre avec, s’approprier pour que vos questions puissent devenir les siennes…
Il ne s’agit pas de proposer des réponses coulées dans le béton, mais avant tout d’être au clair sur vos propres motivations pour éviter de perdre le spectateur (qu’il se pose les mauvaises questions lors la réception de votre travail).
Des bases se trouvent dans le premier rendu (le document qui a servi pour la note théorique), mais il s’agit de continuer la réflexion et de la pousser plus loin à travers des tests, la mise en place des tournages etc.

Une fois que vous avez trouvé votre rythme créatif et la bonne dynamique entre la théorie (l’écriture, les concepts) et la pratique (réalisation des idées), il s’agit d’externaliser un maximum votre processus de travail: noter par écrit des pistes et réponses aux questions soulevées dans ce billet (ces notes sont utiles pour vous, mais également pour vos collaborateurs), utiliser et valoriser vos tests comme éléments complémentaires à votre rendu principal.
Le fait d’externaliser les processus de travail permet de garder une trace de votre cheminement (« l’historique » pour ne pas perdre le fil), de partager les choses importantes avec des personnes qui vont pouvoir vous aider, mais également – et ça c’est relativement nouveau grâce aux possibilités offertes par le web) – de valoriser le processus créatif comme une valeur en tant que telle. On va revenir sur ce dernier point en particulier plus tard, de manière très concrète.

Une fois que vous êtes au clair (un minimum…) sur ces questions, il s’agit de répondre de manière pragmatique aux questions suivantes:
– Quoi ? Décrire votre projet. Comme un scénario permet au lecteur d’imaginer le film à venir, il s’agit de décrire de manière descriptive et « neutre » (ouvert aux interprétations) ce que le spectateur va voir / recevoir. Il faut donc partir de l’objet final, qui n’existe pas encore et imaginer comment une personne décrirait, sans interprétation, votre travail.
– Comment ? Quels outils utiliser pour la production (prise de vues, édition) et pour la diffusion (présentation pour le public). Le choix des outils a une incidence directe sur l’esthétique, sur les possibles, et in fine, sur le résultat concret. Il faut donc motiver vos choix en mettant en adéquation la forme avec le fond (« le fond, c’est la forme qui remonte à la surface »).
– Où ? Le / les lieux de prises de vues. Trouver les lieux puis lister les choses à organiser: autorisations (si dans un espace privé), contraintes (son, lumière, utilisation humaine etc), cadrages possibles, comment « jouer » avec (proposer un regard original, décalé, critique etc).
– Quand ? Le meilleur moment pour effectuer le travail. En fonction des contraintes du lieu mais également de manière choisie (en une fois, d’un bloc / en plusieurs fois, de manière évolutive etc). Faire un planning avec liste des tâches dans le temps.
– Qui ? Les gens devant et derrière la caméra. En premier lieu, il s’agit de savoir clairement ce que vous allez leur demander, quels sont les termes d’un échange (vous leur demandez quelque chose, en contrepartie d’une autre. Ce n’est pas forcément seulement via de l’argent que ça se passe, mais il faut essayer de vous mettre dans la peau d’autrui pour savoir pourquoi il vous donnerait son temps). Ensuite, il faut qu’ils comprennent votre pourquoi pour se l’approprier et vous donner leur version, leurs réponses.
C’est ces questions qui devraient guider tout votre travail et vous permettre de faire les choix adéquats (la réalisation d’un projet peut être vue comme une longue suite de choix qu’il faut faire).
Il s’agit donc de répondre à ces questions à travers un document de 3 à 5 pages (incluant potentiellement des photos / extraits de vidéos) qui servira pour la note théorique.
Toutes ces indications sont assez évidentes, vous y répondez de manière intuitive et naturellement. Mais je vous propose de formaliser quelque peu le processus de travail pour bien passer à travers toutes les étapes de manière consciente et consciencieuse…
En résumé, au final, il s’agit d’éviter que le spectateur se pose les mauvaises questions (« chercher midi à 14 heures ») mais puisse, de manière individuelle et stimulante, se réapproprier vos questions, vos obsessions.