Financement, ombres et lumières

Une image réalisée par Ulrich Fischer à la Cité Universitaire

Le financement du projet « Walking the Edit » est complexe et long à mettre en œuvre et à concrétiser pour les raisons suivantes:

– il y a d’un côté le dispositif générique (la base technique qui inclus le moteur de montage, le CMS et l’application iPhone test; ce dispositif générique est issu de la phase de recherche à Renens et cette ville sert donc de plateforme d’évaluation et de tests) et de l’autre les diverses adaptations spécifiques (pour le moment, Paris et Genève). Il y a donc plusieurs budgets avec des chantiers spécifiques mais un certain nombre de vases communicants (surtout au niveau technique pour les adaptations du moteur, CMS et application iPhone);
le projet n’est pas limité dans le temps: au contraire, plus on peut améliorer le dispositif en ajoutant des nouvelles images, en précisant le fonctionnement du moteur de montage), plus il sera intéressant. Cela pose un problème par rapport aux modèles de financements culturels classiques qui reposent sur le financement d’un objet (film, perfo, installation etc) qui a une durée de vie définie (2 ans au max pour un film, 1 semaine pour une perfo, 2 mois pour une installation etc). Il faudrait idéalement un modèle de financement qui définisse au préalable une période de 3 ans (au minimum) pour laquelle une somme définie dans le cadre d’un contrat spécifique sera versée par tranches annuelles afin de garantir cette évolution;
le projet étant à cheval sur plusieurs disciplines, il peut recevoir une subvention justement parce qu’il est transdisciplinaire et novateur, mais il peut aussi susciter une certaine méfiance de la part de certaines disciplines qui jouent la chasse gardée (le cinéma est un domaine très traditionaliste et conservateur sur la question);
le dossier de présentation du dispositif étant assez long et touffu, il n’est pas forcément le meilleur ambassadeur du projet. La complémentarité entre le dossier, le site web et une présentation personnalisée est souvent nécessaire pour permettre à une commission, une institution ou des partenaires à se faire la meilleure idée du potentiel du dispositif. Malheureusement cette présentation personnalisée n’est pas toujours possible – il est amusant de voir à ce propos que c’est dans le cadre de commissions qui gèrent des centaines de demandes que cela s’avère possible et même souhaité (le fonctionnement du CNC et du Ministère de la Culture français est à ce propos assez exemplaire);
il existe très peu de fonds de soutien pour les projets « nouveaux médias » en Suisse, et les organismes fédéraux qui soutiennent de manière large la création artistique n’ont pas de politique claire (les nouveaux médias riment en gros surtout avec « jeux vidéo » + « effets spéciaux ») ni de valeur incitative (en terme de financement et de mode de partenariat). J’en veux pour preuve l’exemple catastrophique de la gestion des projets par la commission de Sitemapping de l’Office Fédéral de la Culture: après deux tentatives soldées par des refus, il a été impossible d’avoir des retours argumentés des raisons du refus de la part de la commission. Les motifs du refus qui ont été envoyés par lettre officielle montrent que le dossier n’a pas été étudié correctement et que la commission a émis des arguments qui sont tout simplement aberrants (« dommage, le projet a déjà commencé » alors qu’il n’est pas interdit de travailler avant le dépôt du dossier). Et quand on voit que la plupart des projets soutenus ne sont pas menés à bien et / ou semblent octroyés sur le mode du copinage (quelques personnes sont devenues de bons clients de la commission), on peut se poser de réelles questions sur la validité de cette commission.

Néanmoins, malgré toutes ces embûches et difficultés, je tiens à saluer et remercier les institutions suivantes qui soutiennent actuellement le projet.

Pour le dispositif générique:
Pourcent Culturel Migros, soutien nouveaux médias
Création et production pluridisciplinaire, Ville de Genève

Pour l’adaptation parisienne:
Le Ministère de la culture et de la communication (DICRéAM)
Le MRT, services numériques culturels innovants du Ministère de la Culture et de la Communication

Cette adaptation se fait en partenariat et étroite collaboration avec l’association Dédale et du service de la valorisation du patrimoine de la Cité Universitaire de Paris.

Pour l’adaptation genevoise:
Le Département de l’Instruction Publique du Canton de Genève (subvention cinéma)
Le Département de la Culture de la Ville de Genève (subvention complémentaire)
Et une aide supplémentaire que je ne peux pas encore révéler officiellement à l’heure actuelle

Cette adaptation se fait en collaboration avec le festival « Image-Mouvement 2010 » qui va se tenir en décembre 2010 au BAC et diverses autres salles genevoises.

Ces divers soutiens aident à pouvoir concrétiser le dispositif à travers deux adaptations qui verront le jour durant la deuxième moitié de 2010 – les moyens actuels permettront de proposer une première base mais pas d’aller plus loin dans le travail nécessaire en vue d’améliorer autant le contenu (les images) que la forme (la précision du moteur de montage, les fonctionnalités de l’application iPhone et du site internet).
Il faudra rapidement trouver d’autres formes de soutien et de financement pour pouvoir continuer à développer ce dispositif et pouvoir travailler dans des conditions sereines.

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