Compte rendu de la participation à la conférence « narration interactive »

Le projet a été présenté dans le cadre d’une conférence sur la narration interactive à Erfurt en Allemagne par Ulrich Fischer, entre le 26 et le 27 novembre. Il s’agissait avant tout d’une « demo » du projet (le CMS, les diverses pistes graphiques etc), j’ai présenté puis discuté avec une vingtaine de personnes les divers éléments du projet. C’est toujours aussi difficile de donner une idée du projet en 3 phrases, mais avec quelques mots clefs (ah nos tags) c’est possible d’éveiller la curiosité des personnes. Le plus gros « malentendu » est toujours le fait que les personnes croient que le visiteur filme ses propres images, ils ont de la peine à s’imaginer les images placées dans une base de données territorialisée…
Ensuite, en donnant quelques exemples, on en vient à l’une des questions centrales du projet, à savoir « ce que ça va raconter », ou également, « ce que nous allons filmer ». A ce sujet, ce serait très précieux (pour nous mêmes comme pour les personnes extérieures) d’avoir un exemple à montrer, histoire de tout de suite déterminer le cadre esthétique et artistique – j’espère qu’on arrivera d’ici mars de générer quelques films qui puissent fonctionner comme leviers.
Par ailleurs, et ça c’est positif, chaque personne qui s’est prise au jeu a développé ses propres versions / visions du projet (par exemple de pouvoir permettre à des personnes en chaise roulante de faire vivre leur relation à l’espace de cette manière là; on peut aussi penser à du cinéma pour aveugles, un acteur qui songe à intervenir directement dans l’espace urbain et influencer le trajet du visiteur etc).

Un peu de feedback de cette conférence:
– il s’agissait avant tout de présentations de projets de recherche portant sur la question de la narration fictionnelle interactive, donc en principe des considérations qui ne nous concernent pas directement. En effet, la plupart des projets se battent (et se cassent les dents) sur la question de la crédibilité des acteurs impliqués, ainsi que du point de vue pris par l’utilisateur (qui prend part à l’histoire en interagissant, souvent avec des clics souris, avec le flux narratif);
– les projets sont surtout issus de programmeurs / chercheurs / scientifiques, et donc les résultats ne tiennent pas vraiment la route au niveau artistique; on a beaucoup entendu d’histoires reprennant une esthétique et une narration existante dans les jeux vidéos;
– un projet que j’ai trouvé intéressant: Say AnythingA Massively Collaborative Open Domain Story Writing Companion. Ce projet travaille sur le concept du « crowdsourcing », le fait de puiser dans une base de données qui est générée par un robot qui scanne les blogs. En somme, il n’y a plus d’auteur individuels mais une masse de personnes qui contribuent à la richesse de la base de données (sans rien faire, et sans le savoir…). C’est absurde, poétique et très juste par rapport au potentiel du médium; mais comme ce n’est pas assez narratif au sens classique du terme, pour les auteurs c’est une projet pas encore réussi…

UF

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