Marseille et la marche

Avec un peu de retard, voici quelques retours sur le TransmediaCamp à Marseille qui s’est tenu les 7 et 8 mai 2011.


Images par Anne Astier ; d’autres images par Mathias Gimeno

Durant deux jours bien intenses, divers aspects de la création transmedia ont été abordés sous la forme d’un barcamp réunissant des praticiens, producteurs, curieux, institutionnels. Beaucoup de pistes ont été ouvertes, des questions débattues et des expériences partagées; mais avant tout, il me semble que tout le monde est reparti avec un sentiment d’une dynamique en cours qui est assez galvanisante. Nous sommes tous sur des projets de plus en plus complexes, mais le fait de savoir que nous ne sommes pas seuls à « nous prendre la tête » sur des choses pour lesquelles il y a beaucoup à (ré)inventer, c’est très précieux.
Je vais revenir avec un billet plus conséquent sur les questions que ça a soulevé chez moi (partant de la question de la définition du transmedia et de la volonté très répandue de vouloir maîtriser l’histoire même dans un contexte aussi complexe qu’internet, je me suis demandé en somme ce qui change avec les nouvelles technologies).

Pour donner une idée des discussions générées par la présentation, voici un assemblage Pearltrees réalisé par @marsattac -> merci à lui !

http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp

Il faut espérer qu’il y ait des rebonds supplémentaires à Marseille, aussi en regards des nombreux artistes marcheurs qui travaillent sur le « corps » de la ville: Marseille et la marche c’est déjà une longue histoire…

WE à Marseille: épisode 1

Images © Cyril Slucki & Jean-Michel Albert

Avant de démarrer le TransmediaCamp à Marseille ce week end, nous avons placé environ 200 plans trouvés sur internet pour commencer à « peupler » le territoire. Merci à Vicky Dovat et à Alexa Andrey pour leur chasse aux images et tout le travail de sélection et d’indexation !

En plus de ces images « venant directement du territoire », nous avons reçu l’aide généreuse de Cyril Slucki qui a tourné des images spécifiques à cette adaptation avec son équipe, voici les crédits:
Production : Last Productions
Réalisation : Joshua Fitoussi
Cadre : Romain Giusiano
Opérateur son : Christophe De Peretti
Interviewer : Cyril Slucki

Les images viennent de ces endroits:

D’autres images ont été réalisées par une équipe de Jean-Michel Albert, les crédits suivent.

Dès samedi il sera donc possible de se balader à Marseille et de marcher des films combinant ces diverses sources d’images !

Présentation zurichoise à la HGKZ

Les 26 et 27 avril, le projet sera présenté aux élèves de CAST, à l’école d’art de Zürich. C’est une première approche pour sensibiliser les élèves de cette branche aux nouveaux usages audiovisuels via l’exemple du projet WE; l’idée est de les lancer sur des pistes de travail pour le semestre d’hivers et de monter une adaptation spécifique autour de l’implantation de l’école dans un nouveau quartier de Zürich.

Merci à Martin Zimper pour l’invitation et ce premier « ballon d’essai ».

WE, un tour à LIFT

 

Cette semaine retour à Genève (après Paris et Biarritz), mais changer de quartier et sans doute d’étage: à la conférence LIFT, le projet WE va prendre une double existence:
– dans le Lift Experience: possibilité d’installer l’app WE pour iPhone, de recevoir en prêt un iPhone pour faire un tour et tester le dispositif, d’emprunter une caméra et de participer à la collecte de contenu, de visionner les films sur un ordinateur en libre accès. Un « stand » d’information et de participation en somme;
– dans le cadre d’un workshop: présentation du projet et des concepts afin de lancer une discussion autour des questions que « soulève » le projet ainsi que sur les possibles applications potentielles.

Nous avons ajouté le quartier autour du CICG à notre adaptation genevoise, en complétant avec des images du type:
– tournages sur la vie de quartier (interviews, ambiances)
– récolte sur ce que l’on trouve sur internet (conférences, films amateurs, organisations internationales etc)
– aujourd’hui nous filmons la mise en place de la conférence (les images devraient être dans notre « nuage » d’ici le début de la conférence mercredi après midi)
– nous allons proposer aux participants de la conférence de contribuer à la création de contenu, là aussi les images vont être intégrées le plus vite possible

Sur le chemin de cette adaptation complémentaire à Genève, le projet a bénéficié de l’aide et collaboration précieuse de:
– Alexa Andrey (collaboratrice de longue date, caméra, indexation et suivi global)
– David Saudan (stagiaire: caméra, indexation, recherche internet)
– Sevket Öztas (aide momentanée via un volontariat à Lift)
– Alejandra Garcia Rojas (aide momentanée via un volontariat à Lift)

Et merci à toutes les personnes de Lift qui nous ont permis de faire cette présentation: Mélanie Ducret, Nicolas Nova, Sylvie Reinhard

Présentations de début 2011

La nouvelle année va-t-elle apporter des changements de dynamique par rapport à 2010 ?

Nous allons peut-être le voir suite à 3 moments de présentation:

– Paris, entre le 24 et le 26 janvier. Présentation aux partenaires du projet « Heritage Experience » et pour amorcer la suite, trouver de nouveaux partenaires et financements;
– Festival FIPA à Biarritz entre le 27 et le 29 janvier. Présentation dans le cadre d’une sélection de projets web: trouver des partenaires pour des nouvelles adaptations, financeurs… Pour permettre une présentation complète, nous sommes en train de faire une mini adaptation du dispositif sur une partie du territoire de Biarritz, avec des images trouvées sur le net.
Workshop dans le cadre de la conférence Lift en février à Genève (entre le 2 et le 4). Inscriptions ouvertes…!

Plus de détails et retours sur ces présentations courant janvier.

Paris – pistes de travail pour le workshop de janvier

Afin de cadrer le travail à faire durant le workshop, je vais en premier poser quelques objectifs:
-> continuer les repérages sur le terrain, prioritairement dans les zones délimitées (bleue, mais aussi rouge et jaune, cf ce post), faire des images (photographique, vidéo) et de la prise de son (conjointement à la prise d’image). Ce serait bien d’arriver à une centaine de séquences (entre 15 sec et 2 minutes) sur 2 à 3 jours de travail;
-> ce matériel sera immédiatement retravaillé (choix des séquences et images à garder; IN/OUT; rapide étalonnage et filtrage audio), exporté, compressé puis envoyé sur le serveur afin de pouvoir directement indexer le matériel. La base de données accessible via notre CMS est déjà prête pour Paris (voir http://cms.walking-the-edit.net/, mettre user WE; password recherche et lister Paris (sous Renens) puis cliquer sur connexion; il est possible de voir les premières images photographiques dans la base de données en allant sur « Médias », lister ID>0 pour obtenir toutes les images contenues dans la base). Ce travail nécessite pour la centaine de séquences visée entre 1 et 2 jours;
-> quelques parcours test seront enregistrés avec un iPhone puis envoyés au serveur: il sera dès lors possible de calculer des premiers films à partir des données indexées. La construction de ces films sera encore simple et rudimentaire (recherche du média le plus proche du tracé), mais permettra de se rendre compte de la combinatoire « de voisinage ». Ces films pourraient être visibles sur le site internet du projet (cela dépend de la qualité des résultats). Il ne sera pas encore possible de « marcher » son film en écoutant la bande son en direct – cela suivra pour le printemps 2010.

En résumé, il s’agit donc de faire une première mini adaptation avec une zone réduite et un nombre restreint de médias, permettant de tester la mécanique (notre nouveau moteur de montage) et de faire des premiers tests au niveau du fond (quelle thématique ou sujet choisir) et de la forme (quelles règles de montages pour affiner).

Au niveau des pistes artistiques (quel va être le contenu des films, sur quoi va porter notre attention lors de la création des séquences audiovisuelles), c’est encore relativement ouvert, mais les idées suivantes pourraient être testées et approfondies (attention, ce n’est que des ébauches rapides):
– MOUVEMENT / MOBILITÉ. Le territoire est coupé (incisé) par le périf’; une vraie ligne de bascule, il y a une cassure de rythme et de continuité -> comment ce qui permet le mouvement (la route) coupe ou altère la continuité d’un territoire… De part et d’autre de cette ligne (un « mur » de bruit), la réalité n’est plus du tout la même. Le mouvement des uns en obstacle et au détriment du mouvement des autres; nous ne sommes pas égaux lorsqu’il s’agit de bouger… Maintenant, tout ça est bien théorique – comment « traduire » ces questions en images et sons, joués à travers un mouvement enregistrés sur le territoire ?? Concrètement, les deux ponts piétonniers qui enjambent le périf’ sont intéressants, ne laissent personne indifférent: on pourrait traduire en images/sons comment les personnes vivent ce goulet. Dans les choses à « capter » avec un regard particulier il y a les diverses formes de mobilité douces (marche à pied, vélo, footing etc), mais il s’agit ensuite d’aller plus loin dans l’analyse subjective et la perception des mouvements existants dans cet espace.
– RÊVES / PROJECTIONS. Il y a des populations très différentes vivant dans un même périmètre, séparés par le périf’. J’aimerais bien poser les questions suivantes à des habitants-étudiants de la CIUP et à des habitants de Gentilly: en arrivant ici, est-ce que vous aviez une envie, une rêve particulier qui pouvait se concrétiser ici ? Et comment est ce rêve aujourd’hui, il a changé, ou un nouveau est venu ? Est-ce que ce territoire incite à rêver, à se projeter – envie de changer un lieu, un passage, une ambiance ? Ce genre de questions nécessite du temps de discussion avec chaque personne, sous peine de rester superficiel – le but est d’entendre des voix qui nous racontent des histoires imaginées dans le cadre de leur propre vie, émanant du vécu local. En sous-jacent il y a la question de ce que le territoire permet comme projections, sachant que d’un côté (chez les étudiants) il y a beaucoup de mouvement, les personnes sont « en transit » et que de l’autre, le mouvement est beaucoup plus difficile, et souvent non voulu. Il s’agit donc de confronter les deux réalités via un niveau plus émotionnel et personnel.
– En vrac: le but est aussi de faire quelques entretiens avec des personnes / personnalités vivant dans le coin, sur leur rapport à cet endroit, sur des histoires du lieu, des gens, des ambiances, des images, des mythes etc…
– Selon la lumière, météo etc, faire des images et prendre des sons qui font le portrait de l’endroit filmé, via des détails révélateurs, des situations particulièrement quotidiennes…