La petite maison dans la Comet

J’ai passé une bonne partie des dernières années à écrire sur des concepts (à concrétiser) et des idées (en cours de réalisation). Le potentiel et les promesses liées à ce que je voudrais partager avec le monde sont tellement fortes, que je ne peux toujours pas attendre que « la chose » soit là, matérialisée sous forme d’une application mobile ou de projet digital.

Les mots, mis en appétit par le potentiel, prennent de vitesse tout le reste, se lient aux promesses…
Et atterrissent ici sur mon site.

Du coup, je continue avec mes projections de mots: cette fois ci, avec l’histoire d’une petite maison dans la Comet.
Toute ressemblance avec une histoire existante n’est que pure coïncidence.

Pourquoi vendre la peau de l’ours avant de l’avoir pêché ?

D’une part, parce que je ne peux pas me résoudre à attendre les bras croisés que notre embarcation soit enfin prête à prendre le large (je suis plus un pêcheur qu’un constructeur de bateau).
D’autre part, l’envie de partager les possibles et de mettre en jeu mes hypothèses sont toujours plus fortes que ma patience (sur ce point, je ne suis pas un pêcheur).

Et surtout, parce que j’ai de plus en plus la conviction que l’on « dépense » (on pourrait aussi dire « investit ») la majeure partie de son énergie de vie pour partager une vision, semer des valeurs, propager des idées, projeter une utopie.

Cette conviction est-elle le reflet d’une idée naïve, une utopie qui restera mirage ?

Sûrement quand on voit le monde matériel autour de nous;  moins sûrement quand on regarde nos enfants dans les yeux.

Ce n’est donc pas tant la peau de l’ours qui m’intéresse.
Ni l’ours – même si, comme un enfant, je les aime bien.

De quoi, de qui suis-je le pêcheur alors ?

Pour être moins vague, remettons les pieds sur terre, en route pour la petite maison au creux de la colline verte.

La Comet finira bien par embarquer la petite maison dans son mouvement, pour lui faire découvrir les étoiles.
A moins que ce soit la petite maison qui accueille la Comet, en laissant juste sortir sa queue mouvementée par la cheminée, comme un flux de fumée…

L’essentiel se trouve dans les étoiles

Ce qu’il y a de beau avec l’écriture, c’est que l’on peut pointer sur l’essentiel, directement.
Cependant, le fait d’inscrire en noir sur blanc les choses essentielles ne les rend pas pour autant accessibles, désirables, compréhensibles…
Des détours, de l’attente et du suspens – ce que l’on appelle une histoire -, il faut.

À défaut de pouvoir donner à vivre une expérience (à travers l’usage d’une application mobile, par exemple) pour apprendre quelque chose, pour être touché émotionnellement ou pour ouvrir son horizon d’attention, je cherche donc dans l’écriture le véhicule de substitution passager pour partager une énergie, des idées et des images.

L’écriture pour poser une histoire qui fait voyager: les mots sont alors comme des cailloux placés le long de la route. On se souvient de quelques cailloux seulement s’il nous est possible de vivre l’histoire à travers un équilibre précaire d’effort de l’attention et de laisser aller de ses attentes…
Une fois que les émotions sont au rendez-vous, la mémoire jubile: les cailloux s’inscrivent de manière durable, mais ne restent pas cailloux. Ils deviennent les portes paroles de ce que nous avons vécu…

Ce billet, qui peut sembler partir dans les étoiles (ou les plates bandes, selon l’angle du regard), est une tentative de poser mon attention sur ce qui est important pour moi dans le projet que nous menons actuellement avec Memoways: la construction d’une petite maison nommée Kura comme base de lancement de Comet, une expérience vidéo personnalisée.

Parfois des images en mouvement sont plus directs qu’une brochette de mots: une Comet qui enfante un arbre, qui lui à son tour devient étoiles…
Cette boucle résume à elle seule la promesse de notre petite maison dans la Comet.

Pour rencontrer plus concrètement ce qui se cache derrière cette promesse, la boussole de ce billet doit maintenant retrouver son pôle: la vidéo.

Chacun cherche son histoire

Pour regarder une vidéo sur Internet, il faut à priori avoir appuyé sur le bouton « play ». Comme au temps des cassettes vidéos, on charge une vidéo dans le lecteur et on la regarde. Puis une autre, et encore une autre, et ainsi de suite: juste en les sélectionnant, c’est magique, ça « joue » (l’autoplay est une grande invention).

Mais en fait, à l’origine de cette vidéo qui s’offre à nos yeux, il y a quelqu’un, quelque part, qui a voulu nous dire quelque chose.
Son histoire, son message, c’est ce qui est inscrit dans la vidéo – et on peut le découvrir en cliquant simplement sur play.
Autant c’est pas compliqué de voir l’histoire une fois qu’elle est là, autant c’est toute une histoire de trouver la bonne, d’histoire.

Pour trouver son histoire parmi toutes les vidéos existantes (leur nombre ne cesse de croître exponentiellement), le titre de la vidéo joue le rôle de porte parole de l’auteur. Parfois, le titre nous donne envie de voir les commentaires, ce qui entrouvre un peu plus la porte vers la promesse.

Malheureusement, dans les faits, le porte parole est totalement dépassé.
Trop de personnes (l’équipe des auteurs) qui crient en même temps sur une place de marché (organisée par l’équipe de la plateforme vidéo) perturbent l’expérience (pour l’équipe des visiteurs / spectateurs).

On ne change pas une équipe qui gagne

On essaye ?

Nous voici sur une place de marché en été, pleine à craquer de beaux produits, où chaque vendeur alpague le visiteur chaland avec des slogans plus forts les uns que les autres.
Abasourdi, le chaland titube vers le stand le plus proche et achète des saucisses, alors qu’il est venu chercher des légumes. Heureusement, comme les vidéos de chat, les saucisses c’est pas forcément mauvais. Alors on avale.
Et comme il y a tellement de bruit, notre chaland peut juste échanger quelques onomatopées avec des connaissances un peu au hasard, sans vraiment pouvoir discuter « le bout de gras » de manière plus soutenue.
Heureusement que la communication entre les humains passe aussi par des échanges de regard. Alors on regarde, avec des 😉 à tout va.

Les marchés ont commencé à interdire la vente à la criée pour améliorer ce que l’on pourrait nommer « l’expérience utilisateur ». Que fait donc notre équipe de la plateforme vidéo pour ne pas saturer le spectateur et continuer à mener le bal ?

Pour amener automatiquement les bons stands vers le visiteur que l’on suppose flemmard et lui recommander ce qu’il pourrait bien consommer sur base de ce qu’il a mis dans son frigo au fil des dernières années, le marché digital a inventé le porte monnaie intelligent: un algorithme.

C’est la réponse hyper industrielle à la solution artisanale qui était en place jusqu’à maintenant: pour aller au marché et trouver des bons légumes, il fallait se déplacer au centre ville le samedi matin. Et naturellement au cinéma dans la foulée, ou le soir après l’apéro.
Mais comme aujourd’hui il y a la possibilité d’acheter ses légumes entre deux courtes vidéos à partir de sa chaise, à 2 heures du matin, avec le chat qui ronronne à ses pieds…

Heureusement que les marchés et les cinémas font encore le plein: tourisme et multiplexes avec blockbusters en sont les principaux moteurs.
Alors on se sent rassuré.

Sur la ligne d’arrivée, quelle est donc pour vous l’équipe qui gagne:

  • Le club de moins en moins select des auteurs ?
  • Le magnétoscope virtuel et la plateforme de marché bien réelle qu’est le lecteur vidéo dans le navigateur ?
  • Les hordes de spectateurs qui consomment de plus en plus de vidéo, partout et en tout temps ?

Pour continuer à se sentir rassuré: c’est bien toujours la même équipe qui gagne (sur le mode du « winner takes it all« ), même si la couleur du maillot et les sponsors ont changé.

Mais ce n’est pas une fatalité !

Ne pas avoir les boules et convertir son cri en chanson

Je ne me suis pas mis à boire du pastis en jouant à la pétanque avec des réactionnaires du « c’était mieux avant », pas plus que je me suis mis à fumer l’herbe de notre colline verdoyante en mode peace and love.
Je n’ai rien contre les algorithmes – au contraire.
Je n’ai rien contre une mémoire sans limites, de contenus nous déborderont toujours plus – au contraire.

Simplement, j’ai de la peine à voir disparaître cette expérience de place de marché à taille humaine, où l’acte d’achat est intimement imbriqué avec des (inter)actions sociales et un sentiment d’appartenance, même momentané, à un contexte.
J’adore les festivals de films pour ça.

La question est donc pour moi: comment redonner une place de choix (choisie, donc) à ceux qui produisent, et un rôle de partie prenante à ceux qui reçoivent, en réduisant l’importance de l’entité qui régule les échanges ?
En somme, de rééquilibrer les rapports de force entre les auteurs, les plateformes (YouTube etc) et les spectateurs.

Ce billet, je l’ai écrit avec de la musique sur les oreilles.
J’ai la sensation que des réponses aux questions posées ci dessus vont nous être amenées par ce que la musique nous offre: un espace de liberté, où l’on est en même temps guidé par une ambiance, un rythme et où l’on peut choisir son parcours…
Mais pas que: des initiatives pour trouver un équilibre plus sain se développent sur des collines environnantes, pour contrebalancer l’effet « trou noir » des grandes plateformes.
Je peux en citer deux en exemple, parmi d’autres: Patreon et 1D Touch.

Pour ne pas trop rallonger ce billet (et pour mettre un peu de piment dans la saucisse que vous pourrez déguster au prochain passage ici), je réserve quelques pistes de réflexion plus concrètes pour un billet à venir.

Du haut de l’échelle on ne peut qu’avoir le vertige

Le ciel au dessus de notre petite maison est criblé d’étoiles, en grande partie devenues écume laiteuse à force de se faire sillonner et brasser par les routes des avions. Entre l’écume, des vagues de clignotements, la pulsations de nouveaux zodiaques.
Le tout à une échelle qui nous dépasse.
Pourtant, on en veut encore plus, on veut en être, même si on sait que vivre sur Mars n’est pas donné à tout le monde…

Inutile d’aller chercher notre Comet dans un ciel aussi chargé – c’est un peu comme vouloir trouver une aiguille dans une botte de foin, ici bas.

Alors on regarde sous l’horizon, plus près de nous, à notre échelle.
La petite maison, juste là.
De la fumée sort toujours de sa cheminée: est-ce que notre Comet y aurait trouvé refuge ?

Il est temps d’en venir au cœur de ce billet.

Ouvrons la porte de la petite maison.
En passant, avant d’entrer, on vérifie juste que l’on est bien à la bonne adresse: c’est marqué famille Kura.

Au centre de la seule pièce, une grande cheminée.
Bizarrement, d’un coup, la petite maison est devenue immense: les parois se sont dilatées, mis en mouvement par une lumière forte qui repousse l’obscurité des murs au delà de leur limite physique.

Allongée comme sur un divan, notre Comet se repose tout en racontant une histoire à une foule de petits aimants posés en cercle, face à la chaleur narrative de la Comet.
Le flux lumineux de son histoire part en fumée, tranquillement vers le haut, par la cheminée.
À moins que ce soit l’inspiration de la suite de l’histoire qui vient comme à l’envers, nourrir le verbe de la Comet ?

On se pose alors discrètement dans l’assemblée, pour regarder, pour écouter.

Quelle est cette histoire, et quelle est cette assemblée d’aimants ?

Les aimants du player neuf

Peut-être une histoire d’amour, impossible et bien belle… peut-être une histoire de famille, difficile et tendre… peut-être une histoire de fuite, inutile et pourtant nécessaire…

Ce qui est sûr: on est plus sur une place de marché. Ici, plus de chats qui mangent des saucisses.

Ce qui est presque sûr: les aimants bougent, comme des danseurs qui flottent un temps de manière inerte sur place, pour d’un coup faire un saut brusque vers d’autres aimants. Cela se passe tellement vite, que l’on peut avoir rêvé… Mais en regardant plus précisément les groupes d’aimants, on est bien forcé de constater qu’il y a des changements de temps en temps.

Ce qui n’est pas si sûr: les mouvements ponctuels des aimants sont en relation avec le déroulé de l’histoire, sa mécanique intime et le rythme de sa respiration. A moins que ce soit l’inverse: c’est les aimants qui, dans leur mouvement, redirigent l’histoire dans une nouvelle direction, par un jeu d’aiguillage qui botte en foin…
Pour sûr, ça pique notre imaginaire.

Ce qui se dessine, petit à petit: des traces articulées sur le sol, héritage des mouvements des aimants. Ce traces racontent quant à elles aussi des histoires, si on y regarde de plus près.
On peut suivre une trace, remonter le fil d’un des fragments de l’histoire d’amour, qui prend dans la foulée le pont de la fuite, la famille étant pavée pour ne jamais rester silencieuse…

Au centre de la pièce, la Comet reste tranquillement allongée en racontant la suite de son histoire. La fumée continue de vivre sa vie, les aimants font leur spectacle qui ne se voit qu’à travers les traces laissées au sol.

En sortant de la petite maison, on s’aperçoit que dans sa poche se trouve la confirmation de que l’on vient de vivre sous forme d’un billet.
Cela constituera le souvenir, la mémoire de ce moment.

Comet téléphone maison

Nous sommes enfin arrivés au bout de notre histoire.
Il s’agit maintenant de rentrer à la maison, le billet dans la poche.

Sur le verso du billet, on peut découvrir un message:

Ce n’est pas tant l’histoire qui importe, mais son contexte, son échelle, son évolution au sein de notre propre mouvement à travers le ciel étoilé d’histoires multiples et déroutantes.

Sur mon stand du marché à billets de blog, il n’y a j’espère pas eu que des vertes et des pas mûres pour les quelques chalands qui s’y sont attardés.
Bonjour et merci, lecteur qui a tenu jusqu’à ici.

Notre produit principal, lui, n’est pas encore tombé de l’arbre (le printemps doit encore le faire mûrir): la promesse du fruit est tellement délicieuse…

Je vous remet la petite animation de l’arbre à Comet pour boucler cette histoire.
Je m’inspire des enfants, qui relisent plusieurs fois les mêmes livres ou revoient plusieurs fois le même film – on ferait bien de plus faire comme eux: jouer, et rejouer.
Et chercher les étoiles dans la cheminée de la petite maison sur la Comet.

Pour la petite histoire, je l’ai découverte sur le marché du livre des visages, sur l’étalage d’une amie…

ps: c’est quand même le comble qu’un long billet sur l’expérience vidéo dans le navigateur n’utilise que des gifs pour amener des images en mouvement…

Workshop création smartphone avec la HEAD

Ce billet sert comme base de travail pour le workshop de création vidéo avec les smartphones pour les étudiants cinéma de première année de la HEAD.
Au delà des enjeux pédagogiques et stratégiques liés à cette intervention en particulier, je partage les ingrédients de ce workshop pour permettre à toute personne intéressée par les usages créatifs et participatifs des smartphones de pouvoir fabriquer son propre projet vidéo sur le web, de manière personnalisée et pérenne.

Le cadre du workshop

Il s’agit de créer, en moins d’une journée, une collection originale de courtes capsules vidéo qui seront intégrées dans le flux des réseaux sociaux à mettre en ébullition lors du prix du cinéma Suisse. Cet évènement aura lieu au BFM à Genève le 24 mars.
La mise en ligne de ces vidéos se fera en collaboration avec la SSR / RTS, qui est partenaire de l’évènement.

Comme c’est un évènement très select, sur invitation, qui vise en même temps un grand retentissement auprès du grand public, l’enjeu est de faire vivre cet évènement – au delà de sa retransmission télévisée – sur les réseaux sociaux.
Idéalement de manière proche, décalée, vivante, créative, de l’intérieur…

Remplacer Oscar par Quartz (les costumes restent)

Les objectifs du projet

Pour les deux partenaires que sont la HEAD et la RTS, la création de contenus vidéos avec les smartphones est un terrain inconnu. Si l’on ajoute encore les nouveaux espaces de diffusion que sont les réseaux sociaux (c’est marrant à ce propos: les réseaux sociaux ont-ils vraiment avalé le web, vu que l’on ne parle plus que de Facebook ?), on obtient un cocktail qui semble très éloigné de ce que l’on considère être la création cinématographique ou même télévisuelle.

Comment concilier regards individuels, création collective, approches conceptuelles et improvisation nécessaire avec la « dilution » programmée des égos créatifs dans un flux que finalement plus personne ne maîtrise ?
Vu sous cet angle là, ça ne donne pas envie de s’y plonger (et de s’y perdre).
Mais si on prend un peu de recul et appréhende le projet sous forme d’une promesse de conversation vivante, organique et évolutive et pas comme une simple juxtaposition de monologues, ça donne une autre valeur à la proposition.

Ce projet est, dans ma compréhension des choses, un prétexte pour pousser les étudiants dans le bain des réseaux appelés sociaux et de les faire penser mise en lien / connexion / combinaison, comme on pense montage.

L’enjeu est donc bien de noyer personne et de donner envie aux cinéastes en devenir d’y revenir…
Avec la considération que le cinéma ne peut plus faire abstraction d’Internet, et que ce n’est pas l’un ou l’autre, mais idéalement l’un avec l’autre.

Comment ? Et bien, il faut commencer quelque part, via un projet comme celui ci, et essayer.
Sans préjugés, sans trop d’attentes ni de pression, avec curiosité.

Le Quartz tant convoité

Les objectifs du workshop

Très concrètement, voici les objectifs du workshop:

  • Apprendre à créer des vidéos avec son smartphone, en choisissant les bonnes applications et en ajoutant les bons accessoires
  • Se « libérer » des réflexes de création vidéo hérités (tournage avec une caméra, montage avec un ordinateur, diffusion avec un projecteur) et découvrir des manières de faire alternatives – au service d’un propos et surtout d’un partage (ce n’est pas Facebook qui a inventé le partage !)
  • S’approprier les outils de création grand public dans une approche ludique, co-créative et démystificatrice
  • Comprendre l’importance primordiale du flux de travail et s’approprier les bonnes pratiques pour ne pas se perdre dans des problèmes techniques.

Pour moi, les enjeux particuliers sont:

  • Ne pas tout miser sur une publication aveugle en direction des réseaux sociaux. Facebook c’est bien pour atteindre les gens de manière efficace, mais une fois que les vidéos sont likées/partagées, ils disparaissent dans le tsunami des nouveaux contenus… Perdre son travail, sa mémoire dans Facebook – sérieusement ? Heureusement, il existe des solutions complémentaires, détaillées ci dessous
  • Rassurer (ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas ou on n’aime pas ce nouveau monde du web qu’il faut en avoir peur et lui tourner le dos) et stimuler la curiosité (chercher de l’inspiration au delà des recettes éprouvées). Faire sentir que ce que l’on partage avec le public n’est pas seulement un objet (un film) mais un regard, une sensibilité, des questions, des hypothèses.

La méthodologie de production

On dit souvent qu’un film c’est 80% de logistique (organisation, technique) et 20% de créativité. Ces chiffres (non scientifiques) sont surtout là pour nous rappeler l’importance du workflow, qui est au service de la créativité.

Voici un schéma qui pose à plat et en perspective les articulations entre des outils et des étapes de production.

 

A retenir de ce schéma:

  • Il faut centraliser quelque part la « mémoire » des vidéos créées. Par défaut, nous allons utiliser YouTube: c’est gratuit et pratique; on peut aussi y stocker des vidéos non montées comme des segments de rushes, simplement en appliquant le réglage « non listé » pour ne pas les rendre publiques en tant que tels. Les désavantages: une fois qu’une vidéo est uploadée sur YouTube, on peut bien la partager (via l’url ou un embed) mais la vidéo originale ne nous est plus accessible pour d’autres opérations (telle qu’un upload vers Facebook par exemple).
  • Il y a deux chemins possibles pour les vidéos smartphone vers le web: du smartphone directement vers le web (YouTube, Facebook) et en faisant un détour par un logiciel de montage sur ordinateur avant d’uploader sur Internet. Le détour via un ordinateur fait seulement sens si on doit faire des opérations de montage plus complexes, sachant qu’il existe des applications smartphone de montage vidéo qui fonctionnent plutôt bien (par exemple Videoshop).
  • Ce schéma propose d’utiliser notre application web Kura pour gérer de manière collaborative les vidéos, pour ensuite proposer une navigation « orientée » via des playlists connectées sur la plateforme Comet. Kura se pose par dessus YouTube et permet de classifier les vidéos avec des labels, mais aussi d’ajouter à sa bibliothèque des vidéos qui ne sont pas les siennes. L’enjeu ici est de regrouper des contenus autour d’une thématique particulière – pour notre projet il s’agit de vidéos du prix du cinéma Suisse (trailers, interviews etc) – et de les regrouper en relation avec des contenus à soi. On peut ensuite publier un projet vidéo qui valorise son expertise, son regard sur un sujet particulier – pour notre projet de pouvoir lier par exemple des portraits de cinéastes avec des interviews et des extraits de films ou trailers. Tout en permettant des mises en liens entre films (à partir des enjeux, des lieux ou autres caractéristiques) avec l’objectif de proposer une expérience de découverte personnalisée pour chaque spectateur.
  • Une fois que les vidéos sont centralisées sur YouTube, il est possible de valoriser les vidéos à travers des usages et propositions multiples. Voir le billet sur les plateformes de vidéo interactives, pour pouvoir apporter une valeur supplémentaire via des usages interactifs ou immersifs.

Pour résumer: si on réalise le travail de fond (stockage et classification des vidéos) correctement, il est possible de valoriser son travail bien au delà de l’usage très momentané de Facebook…

Proposition d’applications smartphone à utiliser

Maîtrise du tournage:

FiLMiC Pro V6 – Best iPhone Video Camera App for iPhone and iPad

SEATTLE, Sept. 1, 2016 /PRNewswire/ – FiLMiC Inc, the leader in high-end mobile video technology, is pleased to announce the release of FiLMiC Pro v5.3 for iOS. FiLMiC Pro v5.3 adds support for the newly-announced DJI OSMO Mobile hand-held stabilizer. OSMO Mobile customers will have the ability to activate common FiLMiC Pro features directly from the OSMO […]

MoviePro : Video Recorder with Limitless options dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez MoviePro : Video Recorder with Limitless options plus en détail. Téléchargez MoviePro : Video Recorder with Limitless options et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Effets spéciaux lors du tournage:

SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime plus en détail. Téléchargez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Hyperlapse from Instagram on the App Store

Read reviews, compare customer ratings, see screenshots, and learn more about Hyperlapse from Instagram. Download Hyperlapse from Instagram and enjoy it on your iPhone, iPad, and iPod touch.

Workflow complet: tournage, montage, postproduction, publication:

VivaVideo – Create Your Video Story | Free Video Editor & Video Camera

One of the best free video camera & video editor apps in Android & iOS market, easily create your video story, made simple and fun with VivaVideo, features include powerful storyboard editing tools, multiple capture cameras/lenses, photo slideshow, music video maker, unique collage maker/PIP, materials download such as themes, stickers, special effects, filers, transitions, FX, texts, export your videos to gallery and share with your friends & family on SNS like Facebook, Instagram, YouTube, Twitter, Google+, KakaoTalk, Line, WhatsApp and more.

PocketVideo

Fun vlogging from your phone

Videoshop: Fast and easy video editing and sharing for iPhone and iPad

Videoshop is the fast and easy app to personalize your videos and share them with all your friends.

Faites des vidéos géniales en quelques secondes. – Quik by GoPro

Quik par GoPro est la manière la plus facile de créer de magnifiques vidéos.

Amusant, original:

Fyuse | See life from different angles

Fyuse is a ‘spatial photography’ app which lets users capture and share interactive representations of the world, deemed Spatial Photos. Why squeeze a complex world into a tiny square frame? Instead, Fyuse lets you capture dynamic panoramas, immersive selfies, and full 360 views of the things that matter to you.

Boomerang from Instagram dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez Boomerang from Instagram plus en détail. Téléchargez Boomerang from Instagram et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

 

Quelques pages conseils et ressources

Nomenclature des fichiers (workflow ordinateur)

Publication YouTube depuis son smartphone

Dérushage et segmentation vidéo

Je vais revenir sur ce projet avec un billet qui fera la retranscription (en vidéo idéalement) de ce workshop.

 

Plateformes de vidéo interactive

Sur le chemin de la construction d’un outil (en l’occurrence notre application web Kura), on regarde forcément d’un œil curieux les autres outils apparentés ou complémentaires.
Pour y chercher ce qui est similaire (animé par le besoin de faire partie d’une famille, d’une mouvance) mais également pour pointer les différences, de manière à préciser son propre positionnement spécifique.
Et aussi pour apprendre: des erreurs / errances des autres, des succès, des solutions bien pensées ou des fausses bonnes idées, des approches entrepreneuriales…

Ce billet qui liste quelques plateformes de création de vidéo interactive s’adresse à toute personne voulant publier une ou plusieurs vidéos sur le web, en ayant à cœur de proposer une expérience plus interactive et engageante que la simple lecture d’une vidéo partagée sur YouTube par exemple.

Mais c’est quoi la vidéo interactive ?

Avant de continuer, j’aimerais juste revenir sur le terme « vidéo interactive » que j’ai utilisé dans le titre de ce billet.
Comme il faut faire court et compréhensible pour tout le monde, la combinaison de mots « vidéo » + « interaction » va ouvrir, je l’espère, la perspective vers une promesse plus active et potentiellement personnalisée à la vidéo sur le web.

En somme, que l’interactivité symbolise le mariage idéal et bien équilibré entre la vidéo et le web…
On a d’un côté la force émotionnelle d’une histoire délivrée par la vidéo et de l’autre, l’attrait vertigineux de la découverte rendue possible par Internet.

Qu’est-ce que cette alliance peut-elle bien enfanter ? Peut-être le responsive storytelling… ?

En tout cas, pour démarrer de manière concrète, les plateformes vidéos présentées ci dessous.

Quels sont mes partis pris dans cette sélection d’outils ?

En préambule, j’aimerais partager les informations suivantes qui cadrent les choix de cette liste et nourrissent mon opinion sur ces outils:

  • J’ai rencontré la grande majorité des créateurs de ces outils. Des trentenaires pour la majorité, sinon des quadragénaires, venant de métiers créatifs divers (contenus documentaires, projets web d’agence etc), ils ont fait le constat que l’on est en manque d’outils adéquats pour créer des projets vidéo&web qui vont au delà de YouTube.
    En somme, il s’agit de combler un vide entre l’offre classique des grands groupes (Apple, Adobe, Google etc) et les projets custom, qui sont souvent hors de portée budgétaire des producteurs de contenus.
  • Les rencontres étaient cordiales, ouvertes, sans paranoïa de concurrence: on se rend bien compte que dans ce monde de plus en plus globalisé et interconnecté on ne peut pas survivre en bricolant seul dans son coin.
  • Malgré les envies de partenariat entre Memoways et certaines de ces plateformes (connexion entre les outils pour proposer une offre élargie) et de collaboration sur des projets (one shot avec des clients), cela ne s’est pas encore réalisé jusqu’à aujourd’hui. Je ferais peut-être un billet spécifique sur cette question un jour…
  • J’ai testé superficiellement la plupart de ces outils; j’ai pu travailler de manière plus soutenue avec deux applications (Panda Suite & Interlude – qui est devenu EKO). Cela veut dire que ce billet ne fournit pas un mode d’emploi rapide sur ces outils, mais plus une vision générale sur certaines applications de création vidéo&web, que l’on peut tester et utiliser sans trop de connaissances techniques préalables et souvent sans y laisser de l’argent – en tout cas dans un premier temps.

Voici donc une liste d’applications qui permettent de créer des expériences spécifiques avec de la vidéo, groupées par type de promesse.

Vidéos augmentées par zones cliquables

Comment ajouter des informations contextuelles sur la vidéo elle même ? Comme des liens, des contenus additionnels, au moment où se déroule l’action ?
Comment acheter le pull qui est porté par cette actrice, comment en savoir plus sur l’enjeu dont on parle, comment soutenir l’artiste avec une donation ?

Teleport.ninja ne vient pas trop loin de Genève: c’est à Lausanne que ses concepteurs ont développé les premiers prototypes, avant de se lancer dans la construction d’une application web qui permet d’enrichir une vidéo scrollable avec des éléments d’informations complémentaires.

Spécificités:

  • on scrolle à travers la vidéo, ce qui permet de gérer la vitesse de consultation et les moments d’interaction de manière très fine et plus « sensuelle » qu’un simple clic play
  • on peut placer des éléments cliquables, qui fonctionnent également comme des chapitres, pour aller naviguer rapidement d’un moment / endroit à un autre et on se fait « téléporter » sans délai…
  • comme ce n’est pas vraiment une vidéo que l’on manipule: les images source de la vidéo doivent être stockées sur leur plateforme. Le compteur YouTube ne tourne donc pas
  • surtout utilisé pour découvrir des lieux ou comme outil de tutoriel (muet) plus facile à manipuler qu’une vidéo classique
  • pas vraiment adapté pour raconter une histoire – ni pour écouter quelqu’un
  • Update du 06.03.2017: Teleport va permettre, dans les semaines qui suivent, le playback en mode vidéo avec son. Ils ont écouté les besoins de leurs utilisateurs et ont ajouté cette possibilité…

Teleport – supercharge web video

Teleport is a new way to distribute and consume video on-line. In a Teleport, the user is free to navigate at will by scrolling, or jump at any point in the content. The image can be contextualized: images, texts, videos, social media integrations can all be used to enrich it.

Storygami vient de Londres, avec comme concept principal l’enrichissement de vidéos avec des layers ajoutés à l’image et avec une plateforme de valorisation de ses créateurs intitulée Maven.

Spécificités:

  • créer des « call to action » permettant de payer les artistes avec des micro-donations
  • ajout d’informations additionnelles en relation avec la vidéo, accessible via un menu global
  • plateforme de présentation Maven des projets créés avec Storygami
  • utilisation de YouTube comme plateforme vidéo; Storygami permet simplement un ajout de layers d’interaction et la plateforme Maven pour fédérer une communauté de créateurs

Storygami – Interactive video for everyone

Storygami is the easiest interactive video tool for creators and brands. Drag and drop interactive elements like articles, polls, email capture forms and payment buttons into your videos in minutes. Storygami helps creators earn revenues, grow communities and build a home for their viewers.

ThingLink est principalement utilisé pour ajouter des informations par dessus une image fixe; depuis peu, il est aussi possible de rajouter des tags cliquables sur des images 360° et des vidéos.

Spécificités:

  • création de tags spécifiques simplement en ajoutant une url à un moment donné de la vidéo; positionner le tag, définir une durée et customiser le carte qui va s’afficher
  • un clic sur le tag va ouvrir une petite fenêtre avec l’information additionnelle et mettre la vidéo en pause
  • possibilité de développer ses propres tags et de customiser les cartes ajoutées à la vidéo
  • plateforme très bien documentée, qui permet la création personnalisée (via leurs APIs) de plusieurs usages comme l’éducation, le marketing etc
  • ajout de points d’information sur des vidéos 360°

ThingLink – Make Your Videos Interactive

ThingLink – Make Your Videos Interactive

Ils se disent être les premiers à faire de la vidéo interactive avec des hotspots qui suivent l’action dans la vidéo; depuis 2010 Wirewax développe un outil permettant de faire un lien dynamique entre un visage ou objet dans la vidéo et un tag.

Spécificités:

  • usage de diverses plateformes vidéo, dont YouTube, par dessus lesquels leur logiciel en ligne crée des zones cliquables automatiquement (avec détection de visages ou d’objets via un algorithme)
  • édition de zones clicables dans le temps et avec du tracking vidéo automatisé
  • leur propre player permet une customisation et un usage le plus poussé
  • bien pensé: un clic sur un tag garde l’information dans un panier, à consulter plus tard. L’interactivité ne se passe donc pas au détriment de la vidéo…

WIREWAX – No.1 Interactive Video Technology

Create interactive video and shoppable video with the number 1 technology, as chosen by Ted Baker, Disney and the BBC.

 

En résumé.

On le voit dans ces exemples, il y a souvent un conflit entre le visionnement d’une vidéo (où l’on veut à priori protéger l’histoire) et les informations complémentaires que l’on peut aller chercher directement dans la vidéo (où l’on veut amener les visiteurs / spectateurs dans une nouvelle direction).
Le fait de pouvoir garder en mémoire les objets sélectionnés pour une utilisation en aval de l’usage, comme le prévoit WireWax, me semble être une bonne pratique.

Un autre point qui ne me convainc personnellement pas vraiment, c’est le côté statique et figé du lien entre la zone cliquable et le contenu additionnel. On se retrouve un peu comme dans les années 1990 devant un CD-ROM à cliquer sur des zones, avoir l’information, puis revenir à la branche principale…

Mais si l’on veut amener le visiteur sur diverses pages importantes, à partir d’une entrée principale qu’est une vidéo qui engage émotionnellement, ces divers outils ont tous des arguments valables pour aider le producteur vidéo sur son chemin vers des usages web plus personnalisés.

Les principaux atouts de ces applications présentées dans cette section sont: simplicité dans la création, vitesse de publication d’un projet et parfois de la personnalisation.

Projets vidéo transmedia / multimedia

Les outils qui sont présentés dans cette section sont les plus puissants et les plus complets au niveau des fonctionnalités de création d’interactions personnalisées. Le prix à payer est la complexité de leur utilisation…

L’équipe qui développe Racontr à Paris a commencé le développement de son application web à partir de la plateforme Djehouti il y a quelques années. Depuis, ils ont développé un éditeur web puissant et bien complet.
Leur projet est ambitieux, car cet outil permet plus que « simplement » créer des projets vidéos: des mini-sites, portfolios personnalisés, projets transmedia etc.

Spécificités:

  • outil d’animation par calque, multimédia
  • gestion de projet collaborative
  • publication avec intégration sur un site web
  • l’outil demande l’utilisation de Flash; cela se voit aussi dans l’interface compliquée avec l’héritage un peu chargé des applications Adobe…
  • devant la complexité d’usage, ils proposent une aide pour réaliser les projets plus importants

Découvrez notre solution et notre Studio Créatif | Racontr.com

Avec RacontR, créez des présentations interactives à votre image, des rapports annuels, du contenu marketing et bien d’autres contenus narratifs.

L’application desktop Klynt est une solution proche de Racontr: ils viennent aussi de Paris; les clients et modes d’usages proposés sont très proches.
Il faut télécharger une application OSX ou Windows, se créer un compte chez eux pour ensuite pouvoir bénéficier d’un studio de création multimédia.

Spécificités:

  • interface de création de liens par embranchements visuels (un peu comme un mindmap)
  • preview WYSIWYG et panneau d’interactions avancées
  • export vers un player responsive (pour le mobile et les diverses tailles d’écran)
  • intégration de diverses plateformes vidéo (Vimeo, Brightcove etc) avec mini player responsive
  • permet de créer des projets propres et statiques, qui sont comme des DVD-ROMs sur le web
  • pour des usages plus avancés et personnalisés sur leur player, ils mettent à disposition une API
  • comme Racontr, leur logiciel est plutôt compliqué à prendre en main; il y a heureusement des tutoriels

Klynt.net | Klynt is an interactive editing & publishing application dedicated to creative storytellers.

No Description

L’équipe de Panda Suite est la plus jeune et la plus sympathique des agences parisiennes; toujours très réactifs et attentifs aux besoins de leurs utilisateurs, leur application web n’est pas spécifiquement dédiée à la vidéo, mais à des projets web que l’on peut créer sans devoir se mettre au code.

Spécificités:

  • création d’applications (web, mobiles) avec possibilité de publier sur les stores (iOS et Google Play)
  • accès à des notifications push, l’indexation du contenu et des liens universels, tout en ayant la possibilité de mettre à jour continuellement son application
  • mode privé et mode public
  • multitude de composants pour personnaliser l’application, y compris avec accès aux capteurs des appareils mobiles
  • interface plus claire et mieux pensée que Klynt et Racontr, mais la courbe d’apprentissage reste assez raide tout de même

Create, Publish And Engage with Highly Interactive Apps – PandaSuite

Build awesome apps for smartphone, tablet and desktop (iOS, Android, HTML5) – Create and preview your projects for free – Without any coding

 

En résumé

Ces 3 applications parisiennes (ah oui tiens, est-ce vraiment un hasard ?) permettent de créer des projets bien plus ambitieux: projets transmedia, mini-sites, campagnes de marketing etc…
Cette puissance liée aux fonctionnalités avancées a un prix: il faut prendre quelques heures pour se familiariser avec ces solutions. Heureusement qu’il y a des tutoriels, et que certaines structures, comme j’ai pu l’expérimenter avec Panda Suite, sont très réactives et offrent une aide personnalisée.

Reste que pour réaliser des projets plus conséquents, il faut aussi mettre la main au portemonnaie: les coûts d’utilisation se chiffrent sur plusieurs centaines d’Euro, en fonction des besoins.

Vidéo interactive

Les plateformes dont il est question dans cette section permettent de créer des narrations vidéo à embranchement.
Il faut donc créer au départ les vidéos de manière à pouvoir proposer une navigation avec plusieurs choix – un peu comme les histoires dont vous êtes le héro…

Eko vient d’Israel avec des financements américains. Au départ appelée Interlude / Treehouse, cette plateforme a été créée par un musicien qui a voulu permettre la création de clips vidéo interactifs.
Ils sont maintenant une plateforme bien financée qui permet de créer des projets de prestige, hébergent une communauté de créateurs et proposent un studio de création web pour publier des projets vidéos à embranchements.

Spécificités

  • leur application web est liée à l’usage de Flash (point négatif) mais l’interface est relativement intuitive: le logiciel n’est pas trop complexe à apprendre une fois que l’on a saisi les bases
  • connexions entre les vidéos par nodes; il faut créer des « arbres » des liens vidéo, ce qui va définir la navigation entre les vidéos
  • presets et customisation des éléments d’interactions
  • il faut télécharger un logiciel pour uploader les vidéos; ne prend pas en considération des vidéos venant d’ailleurs que leur propre plateforme
  • leur player et les interactions avec les vidéos sont très réactives: on a pas l’impression que l’on change de vidéos tellement les transitions sont rapides et invisibles…

Eko

Welcome to Eko, your new home for interactive video. Step in to the story and discover original interactive comedy, drama, and music series that put you in control.

 

Enfin des américains et une femme: Rapt media a été fondée en 2011 par Erika Trautman à Boulder Colorado.
Avec au départ un simple éditeur pour passer d’une vidéo à une autre (comme Eko, mais en beaucoup plus simple), la société se positionne maintenant comme plateforme professionnelle pour des solutions dédiées à des business cases particuliers: RH, éducation, présentation de produits…

Spécificités

  • outil de composition avec éditeur de chemins, avec zones d’actions
  • timeline pour adapter les boutons avec temporalité
  • publication des players avec code embed
  • API pour la customisation du player vidéo
  • les vidéos sont uploadées et stockées sur leur plateforme
  • lien vers les tutoriels

Enterprise Class Interactive Video Platform

Rapt Media offers interactive video technology that enables businesses to build navigable, user-controlled video experiences that empower your audience.

En résumé

Ces deux applications sont nettement plus simples que les trois solutions présentées dans la deuxième section. Ils sont restreints à de la vidéo et permettent juste une navigation rapide entre des vidéos branchées ensemble via des « nœuds » (arborescence de liens à choix multiples).

Les résultats sont convaincants en terme de réactivité; il demeure que l’on reste face à des projets statiques et fermés – comme un CD ou DVD-ROM.
Cela peut clairement être un objectif en fonction du projet. Cependant, si l’on veut permettre un usage vivant, évolutif et organique à l’image du web, il faut plutôt se tourner vers les solutions de la prochaine section, qui va présenter diverses plateformes de navigation dans des vidéos.

En attendant la navigation à l’intérieur d’un flux de vidéos

Plateforme de remix & navigation vidéo

YouTube est clairement « the place to be ». 400 heures de vidéos uploadées chaque minute; 1 milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour… et maintenant avec la possibilité de voir la télévision (américaine) en live. De quoi garder encore plus captif la nouvelle génération au sein d’un univers vidéo tentaculaire.

Reste à voir comment on accède aux vidéos de qualité qui nous intéressent personnellement dans cette masse gigantesque de contenus; là pour le moment c’est l’algorithme de Google qui s’en charge – on y reviendra parce que c’est clairement pas à l’avantage des créateurs de contenus eux même.

Les quelques plateformes présentées ci dessous apportent des solutions élégantes pour naviguer à l’intérieur de vidéos, qu’elles soient longues ou courtes.
C’est déjà un premier pas pour aider le spectateur dans son expérience vidéo sur le web.

Vibby nous vient de New York, mais l’équipe de développement se trouve en Europe. Ils ont bien vu que les longues vidéos ne sont souvent pas regardées jusqu’au bout – non pas parce qu’elles ne sont pas de qualité, mais parce que les spectateurs n’y trouvent pas tout de suite ce qui les intéressent.
Ils ont donc développé un outil web qui permet à tout un chacun de chapitrer n’importe quelle vidéo et de partager son « digest » de la vidéo avec que les portions choisies.

Spécificités

  • création simple et intuitive de chapitres, avec les détails du segment à rédiger sous forme d’un commentaire – qui peut démarrer une conversation en permettant de commenter le commentaire !
  • l’édition des chapitres est bien réalisée (avec effet élastique lorsque l’on veut rallonger ou raccourcir le chapitre…) et le flux de travail est bien présenté et simple
  • plateforme publique avec les vidéo qui ont été chapitrées; ce n’est pas encore un lieu de rendez-vous avec beaucoup d’intérêt…
  • on peut embeder ses vidéos chapitrées, qui sont elles-mêmes stockées sur YouTube. Vibby est simplement une interface par dessus YouTube qui ajoute la fonctionnalité de visionnement par chapitres

vibby.com

Every second counts. Intelligent playback of highlights cuts the fluff and saves you time. Smooth conversation flow and one-click social sharing help you connect with friends. Easy-to-use platform makes creating and sharing highlights a breeze.

Videogram est une plateforme développée par une équipe très mixte: indiens, japonais, américains… avec des sièges de la société mère Cinemacraft dans plusieurs pays.

La principale particularité est la présentation des vidéos sous forme de cartes avec des multiples vignettes, représentant divers moments dans la vidéo. Il est possible de rapidement naviguer de partie en partie à partir de la présentation.

Spécificités

  • outil de création de Videograms, où l’on peut soit récupérer des vidéos depuis une multitude de plateformes vidéo (YouTube, Vimeo, Facebook etc) ou alors uploader sa vidéo directement dans leur cloud vidéo
  • la génération du Videogram est totalement automatique; on reçoit un mail après quelques minutes (ou quelques heures, comme moi dans mon test) avec le lien vers la vidéo
  • leur site et leur outil faut un peu « usine à gaz »; on sent un développement pas très unifié et qu’ils lancent des idées et injonctions à tout va. Il y a aussi quelques dysfonctionnements dans la partie profil…

Videogram:

No Description

Voici en exemple avec ma vidéo sur le responsive storytelling

En résumé

Ces solutions simples de valoriser des parties d’une vidéo sont une bonne base, qui donne un peu plus de critères de choix au spectateur pour voir (ou pas) une vidéo. Mais devant le tsunami de vidéos existantes, cette mesure peut aussi faire l’effet inverse !

Maintenant, mon rêve est de pouvoir lier des vidéos, et encore mieux, des fragments de vidéos les uns aux autres – pour permettre des nouvelles mises en relations et surtout une navigation fluide à travers un flux de vidéos, interconnectées par des choix éditoriaux. Et ceci de manière non destructive ni exclusive !

Un autre billet spécifique reviendra sur mon rêve…

Ouf – la liste était longue… on est arrivé au bout !

Si un outil manque, ou qu’il y a une erreur à corriger, merci de m’envoyer un mail et je complète.

Tourner des interviews avec un smartphone

Vous voulez réaliser des interviews vidéo avec un smartphone et vous souhaitez partir directement du bon pied, sans risquer un mauvais son ou une qualité vidéo inexploitable.

Dans le cadre du workshop que je propose pour la création de vidéos à l’aide du smartphone, je partage à travers ce billet quelques conseils spécifiques pour la production d’interviews à l’aide de votre smartphone.

Même les stations de télévision se mettent aux tournages avec smartphone…

Check-list technique et artistique.

Voici les éléments techniques et organisationnels à assurer en amont du tournage (les détails suivent plus bas):

  • batterie: est-ce que votre appareil est chargé à bloc ?
  • stockage: avez-vous assez de place pour l’enregistrement de longues vidéos ?
  • applications: avez-vous les bonnes applications pour créer les vidéos et maîtriser les paramètres de prise de vue ?
  • micro: un micro externe améliore grandement la qualité de votre son… C’est un accessoire indispensable.
  • trépied, stabilisation: une interview qui bouge dans tous les sens est difficile à regarder sur la durée…
  • accessoires: lumières, optiques additionnelles…

Avant de partir sur le terrain, assurez vous que vous avez bien réfléchi sur les aspects artistiques et conceptuels suivants:

  • objectifs: que voulez-vous atteindre avec vos vidéos ? Cette question principale structure et conditionne tout le reste !
  • contenus: rédigez une liste de vos questions; définissez le cadre esthétique et formel (style, cadrage etc)
  • workflow: le tournage n’est qu’une partie du travail; en adoptant les bons réflexes dès le départ on évite des problèmes par la suite

Ce n’est pas grave si vous n’avez pas des réponses précises sur toutes ces questions: l’essentiel c’est de démarrer quelque part, puis de corriger et améliorer par la suite.

La suite…

Interview vidéo sur l’avenir du montage vidéo

Mon domaine de travail principal est la vidéo sur le web – et pourtant, sur mon site et également sur le site de Memoways, il y a plus de textes ou d’images que de vidéos… Heureusement que de temps en temps il y a des opportunités de parler devant une caméra des projets et produits que nous développons.

Cette vidéo, et d’autres déjà réalisées ces dernières années, vont pouvoir être valorisées au courant de cette année via notre plateforme vidéo Comet: la vidéo va donc prendre prochainement plus d’importance, de manière très concrète…

Interview réalisée fin décembre 2016 par Gregdesign – merci à lui pour son travail et ses questions !

Dans cette relativement longue vidéo, il est question de mon parcours, des projets sur lesquels je travaille actuellement, des produits que nous développons avec Memoways et vers la fin, des réflexions sur l’avenir du montage vidéo sur Internet…

 

Par GregDesign.

Je vous présente dans cette interview de la société Memoways menée à Genève en Suisse, un sujet sur l’avenir du montage vidéo sur internet et du storytelling numérique. Vous allez découvrir ce sujet qui concerne tous les producteurs de médias numériques à destination du Web.
Ulrich Fischer nous fait découvrir son système dans le cloud qui permet de gérer des segments vidéos comme des flux de données qui peuvent être mises bout à bout, afin de former un ensemble narratif personnalisé, puis partagées de manière non-destructive sur Internet.

Le futur du montage vidéo est sur Internet

De plus en plus de solutions de montage vidéo nous sont proposées de manière dématérialisée dans le cloud. Vous n’êtes peut-être pas tous initiés au montage vidéo classique bien que cette discipline tende quelque peu à se populariser avec l’offre de logiciels comme (Imovie de Apple par exemple, les youtubeurs en raffolent !)

La suite…

Quel outil prendre pour le tournage de vidéos ?

Il y a encore moins de 10 ans, la question aurait semblé absurde: pour tourner des vidéos, il faut utiliser une caméra vidéo.

videocameraA regarder cette boucle quelque peu ironique et en la comparant avec les pratiques actuelles, on est plus si sûr de devoir forcément dégainer une de ces caméras pour « mettre en boite » une vidéo que l’on veut proposer au public.

Ce qui est aujourd’hui une évidence pour le grand public – le smartphone a largement remplacé la caméra dédiée (voir les statistiques en fin de billet) – ne l’est pas encore vraiment pour le professionnel du cinéma.

Pour des raisons évidentes: le professionnel a besoin de définir précisément l’esthétique de l’image et de maîtriser les paramètres techniques (durée et « stabilité » de l’enregistrement etc), le tout dans un emballage maniable et costaud.

Mais aussi pour des raisons moins évidentes: par réflexe et héritage culturel (on a toujours fait comme ça), pour que ça « fasse sérieux » et pro ou simplement parce que le workflow de création de films est construit sur la séparation des tâches, opérées par des spécialistes qui viennent avec leurs outils dédiés.

On fait des films pour les pixels ou pour des spectateurs ?

Ce billet se propose de revoir (de manière moins provocante que ce titre de chapitre) les arguments qui guident notre choix pour définir l’outil de prise de vue, en  se concentrant sur un comparatif entre la caméra vidéo classique et le smartphone. Ce comparatif est plus ciblé sur les usages et les besoins que sur les spécifications techniques brutes.

Pour le dire tout de suite: je suis largement influencé par les questions liées au workflow global (de la caméra au spectateur) et par les enjeux du partage public.
Le piqué de l’image ou la profondeur de champ réduite ? C’est joli et ça fait cinéma, mais ces caractéristiques esthétiques ne sont qu’une partie de l’équation à résoudre.

Pour moi, la « mission » d’une proposition artistique est de mettre en mouvement les émotions et l’intellect de la personne à qui l’on destine son geste créatif. Encore faut-il pouvoir trouver son public et amener son travail dans le contexte de ses spectateurs / utilisateurs…
Vu sous cet angle, peut-être que l’on va pouvoir moins se focaliser sur les pixels et mettre plus d’accent sur la création de liens entre sa proposition et les besoins ou attentes du public.

Sachant que le public bouge et n’a plus les mêmes attentes et habitudes qu’il y a encore 10 ans…

media_les-plus-importants

La suite…

Pages documentation pour optimiser vos workflows

Comment optimiser le workflow entre la caméra et les diverses formes de valorisation de ses contenus ? Comment créer des vidéos depuis son smartphone et les publier directement sur une plateforme de partage ? Comment travailler de manière collaborative et pérenne ?

Comment ne pas se noyer dans toutes ces questions techniques et organiser une bonne circulation (de nos contenus, de nos efforts, de ce qui nous importe de poser dans le monde) ?

rushes

Organisation du workflow fluide

Voici un certain nombre de question que les pages « documentation et bases de connaissance » vont aborder.

Les liens directs:

Dérushage et segmentation vidéo

Applications smartphone pour créer des vidéos

Publication YouTube depuis son smartphone

Nomenclature des fichiers (workflow ordinateur)

 

 

Memoways dans Le Temps

La vidéo sur le web est un sujet « chaud »: la preuve, cet article de Ghislaine Bloch qui se trouve en première page (puis page 15) du journal Le Temps de ce week end.

Ces start-up romandes qui innovent en matière de vidéo

La vidéo à tout va enflamme les géants du Web. Pour Facebook, Twitter ou Google, les contenus diffusés en direct sont une nouvelle manière de retenir l’attention des internautes. Au mois d’août, Microsoft a racheté Beam, un service spécialisé dans la diffusion en ligne de parties de jeux vidéo.

Memoways fait partie des quelques startups Suisse Romandes qui proposent des solutions ou produits pour étendre la portée et le fonctionnement de la vidéo grâce aux nouvelles technologies.

Les questions et réflexions qui me viennent en rebond à cet article:

  • Il y a des startups locales qui adressent les besoins pharaoniques en images animées et ciblent ce marché potentiellement énorme: pourquoi la seule solution est-elle d’ouvrir un bureau aux USA pour pouvoir continuer son activité, développer les promesses par un produit bien concret, aller plus loin dans les possibles ? Pourquoi ne serait-il pas possible de travailler main dans la main avec un acteur comme Le Temps par exemple ?
  • La même question se pose de l’autre côté de la lorgnette: pourquoi les producteurs de contenus historiques (cinéma, télévision), qui savent bien que leur survie passe de plus en plus fortement par le web, ne deviennent-ils pas parties prenantes de ces efforts entrepris par quelques structures indépendantes ? En d’autres termes: pourquoi ne serait-il pas possible de créer des partenariats qui vont plus loin que des discussions philosophiques sur le fait d’allier ressources et outils dans un objectif « win-win » comme on dit ?

Il y a bien des réponses, comme la non compréhension des enjeux liés au numérique (c’est trop technique), le manque de ressources et de compétences (l’excuse du manque de temps) ou simplement la peur du changement (ou la peur de la prise de risque).

Quoi qu’il en soit, merci à l’auteure de cet article de remettre le potentiel sur la place publique – c’est une manière de sensibiliser, avant de passer à l’étape de concrétiser et de responsabiliser… pour au final récolter les fruits de ses efforts sur le moyen / long terme.

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

meteor-dinosaur

La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

apps-video-web-rond

Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

clown-cemetery

Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

Memowalk-record12-web

Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

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By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos