Atelier EldoradoS

Depuis bientôt 10 ans que je développe des projets numériques qui sortent des sentiers battus, le temps qui s’écoule entre les premières démarches (recherche de partenaires, financements etc) et la présentation publique est souvent de quelques années.
Beaucoup de projets sont restés sous forme d’un concept écrit (entre 5 à 10 par année), quelques uns ont eu la chance de passer au stade de prototype public (2 à 3 par année)…

Heureusement qu’il y a des exceptions: sur le conseil d’une amie, je suis allé voir Sophie Frezza de l’UOG pour lui présenter notre outil vidéo Kura – et en pas plus de 20 minutes (record largement battu !) on s’est mis d’accord de démarrer une collaboration sur l’utilisation de la vidéo pour faciliter l’apprentissage du français et pour aider à l’intégration des personnes issues de la migration dans la vie de la cité.

Voici le projet vidéo que nous avons réalisé le temps d’un dimanche après midi ensoleillé de mai:

Une bonne vingtaine de participantEs sans connaissance de la création vidéo ont participé à un atelier de formation puis de réalisation de courtes vidéos sur la thématique des lieux ressource.

L’idée était que chaque participant raconte une courte histoire sur plusieurs lieux qui lui sont chers: pour se ressourcer, pour respirer un air de nature, dans lesquels des moments importants de la vie se sont déroulés…

Par petits groupes de 3 à 4 personnes, les participants sont partis en ville et ont tourné des courtes séquences que nous avons ensuite assemblé dans des playlists thématiques.
Comme tout le monde a pris grand plaisir à partager des petites histoires de manière simple et improvisée, l’envie est là de continuer et d’alimenter ce projet avec des nouvelles vidéos…
Ce qui serait bien de réaliser de manière complémentaire à ces doubles portraits (la personne dans un lieu), c’est de réaliser des vidéos plus immersives et détaillées du lieu, simplement en filmant des détails, des ambiances du lieu, sans paroles…

Cet atelier m’a permis de vérifier que:

  • en même pas deux heures, des personnes qui ne savent pas très bien utiliser un smartphone peuvent se mettre à créer des courtes vidéos de bonne qualité;
  • c’est avant tout la curiosité et l’ouverture d’esprit qui permet de se lancer sans trop de blocages: j’ai trouvé fou la différence entre l’atelier que j’ai mené au sein de la HEAD ce printemps (où les étudiants étaient très opposés à l’idée de créer avec smartphone) et cet atelier qui s’est déroulé dans la bonne humeur de la découverte d’une nouvelle manière de partager des choses précieuses.

Le projet EldoradoS est issu d’une collaboration entre plusieurs structures (EPER, Roseraie, Théâtre Spirale, UOG).
En voici les grandes lignes:

Afin de mettre en place un processus de réflexion-action sur les outils favorisant l’accueil et le vivre-ensemble, EldoradoS 2017 vous propose plusieurs espaces de créations artistiques et d’expression permettant de faire émerger des pistes d’interventions innovantes et pragmatiques dans le contexte genevois.

Pour en savoir plus sur le projet EldoradoS:

Eldorado – CCSI

Le Collectif EldoradoS, formé par plusieurs associations (l’UOG, l’EPER, le Centre de la Roseraie et le théâtre Spirale), en partenariat avec le Service Agenda 21 – Ville durable de la Ville de Genève et le Bureau de l’intégration des étrangers du canton de Genève, organise une série d’événements sur la thématique des trajectoires migratoires.

Genève | Événements « EldoradoS » – asile.ch

Le Collectif EldoradoS a le plaisir vous retrouver en cette année 2017 avec de multiples activités que vous trouverez détaillées dans le flyer ci-joint. Afin de mettre en place un processus de réflexion-action sur les outils favorisant l’accueil et le vivre-ensemble, EldoradoS 2017 vous propose plusieurs espaces de créations artistiques et d’expression permettant de faire …

 

 

 

Workshops création vidéo avec smartphone

Je propose depuis quelques semaines un workshop « à la carte » pour apprendre comment créer des vidéos avec le smartphone: j’ai eu le plaisir d’en donner plusieurs ces derniers jours et j’aimerais par le biais de ce billet donner quelques retours du terrain.

Voici les institutions dans lesquelles je suis intervenu:

  • HEPIA (école d’ingénieurs et d’architectes)
  • HEAD (école des arts et du design)
  • Fondetec (soutien aux entreprises)

Les besoins sont très différents: entre le fait de documenter un processus de travail et de communiquer (HEPIA), de réaliser des courtes capsules vidéos pour les réseaux sociaux (HEAD) et de valoriser son expertise tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la structure (Fondetec), les démarches de production et les stratégies de publication sont spécifiques.

La suite…

Workshop création smartphone avec la HEAD

Ce billet sert comme base de travail pour le workshop de création vidéo avec les smartphones pour les étudiants cinéma de première année de la HEAD.
Au delà des enjeux pédagogiques et stratégiques liés à cette intervention en particulier, je partage les ingrédients de ce workshop pour permettre à toute personne intéressée par les usages créatifs et participatifs des smartphones de pouvoir fabriquer son propre projet vidéo sur le web, de manière personnalisée et pérenne.

Le cadre du workshop

Il s’agit de créer, en moins d’une journée, une collection originale de courtes capsules vidéo qui seront intégrées dans le flux des réseaux sociaux à mettre en ébullition lors du prix du cinéma Suisse. Cet évènement aura lieu au BFM à Genève le 24 mars.
La mise en ligne de ces vidéos se fera en collaboration avec la SSR / RTS, qui est partenaire de l’évènement.

Comme c’est un évènement très select, sur invitation, qui vise en même temps un grand retentissement auprès du grand public, l’enjeu est de faire vivre cet évènement – au delà de sa retransmission télévisée – sur les réseaux sociaux.
Idéalement de manière proche, décalée, vivante, créative, de l’intérieur…

Remplacer Oscar par Quartz (les costumes restent)

Les objectifs du projet

Pour les deux partenaires que sont la HEAD et la RTS, la création de contenus vidéos avec les smartphones est un terrain inconnu. Si l’on ajoute encore les nouveaux espaces de diffusion que sont les réseaux sociaux (c’est marrant à ce propos: les réseaux sociaux ont-ils vraiment avalé le web, vu que l’on ne parle plus que de Facebook ?), on obtient un cocktail qui semble très éloigné de ce que l’on considère être la création cinématographique ou même télévisuelle.

Comment concilier regards individuels, création collective, approches conceptuelles et improvisation nécessaire avec la « dilution » programmée des égos créatifs dans un flux que finalement plus personne ne maîtrise ?
Vu sous cet angle là, ça ne donne pas envie de s’y plonger (et de s’y perdre).
Mais si on prend un peu de recul et appréhende le projet sous forme d’une promesse de conversation vivante, organique et évolutive et pas comme une simple juxtaposition de monologues, ça donne une autre valeur à la proposition.

Ce projet est, dans ma compréhension des choses, un prétexte pour pousser les étudiants dans le bain des réseaux appelés sociaux et de les faire penser mise en lien / connexion / combinaison, comme on pense montage.

L’enjeu est donc bien de noyer personne et de donner envie aux cinéastes en devenir d’y revenir…
Avec la considération que le cinéma ne peut plus faire abstraction d’Internet, et que ce n’est pas l’un ou l’autre, mais idéalement l’un avec l’autre.

Comment ? Et bien, il faut commencer quelque part, via un projet comme celui ci, et essayer.
Sans préjugés, sans trop d’attentes ni de pression, avec curiosité.

Le Quartz tant convoité

Les objectifs du workshop

Très concrètement, voici les objectifs du workshop:

  • Apprendre à créer des vidéos avec son smartphone, en choisissant les bonnes applications et en ajoutant les bons accessoires
  • Se « libérer » des réflexes de création vidéo hérités (tournage avec une caméra, montage avec un ordinateur, diffusion avec un projecteur) et découvrir des manières de faire alternatives – au service d’un propos et surtout d’un partage (ce n’est pas Facebook qui a inventé le partage !)
  • S’approprier les outils de création grand public dans une approche ludique, co-créative et démystificatrice
  • Comprendre l’importance primordiale du flux de travail et s’approprier les bonnes pratiques pour ne pas se perdre dans des problèmes techniques.

Pour moi, les enjeux particuliers sont:

  • Ne pas tout miser sur une publication aveugle en direction des réseaux sociaux. Facebook c’est bien pour atteindre les gens de manière efficace, mais une fois que les vidéos sont likées/partagées, ils disparaissent dans le tsunami des nouveaux contenus… Perdre son travail, sa mémoire dans Facebook – sérieusement ? Heureusement, il existe des solutions complémentaires, détaillées ci dessous
  • Rassurer (ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas ou on n’aime pas ce nouveau monde du web qu’il faut en avoir peur et lui tourner le dos) et stimuler la curiosité (chercher de l’inspiration au delà des recettes éprouvées). Faire sentir que ce que l’on partage avec le public n’est pas seulement un objet (un film) mais un regard, une sensibilité, des questions, des hypothèses.

La méthodologie de production

On dit souvent qu’un film c’est 80% de logistique (organisation, technique) et 20% de créativité. Ces chiffres (non scientifiques) sont surtout là pour nous rappeler l’importance du workflow, qui est au service de la créativité.

Voici un schéma qui pose à plat et en perspective les articulations entre des outils et des étapes de production.

 

A retenir de ce schéma:

  • Il faut centraliser quelque part la « mémoire » des vidéos créées. Par défaut, nous allons utiliser YouTube: c’est gratuit et pratique; on peut aussi y stocker des vidéos non montées comme des segments de rushes, simplement en appliquant le réglage « non listé » pour ne pas les rendre publiques en tant que tels. Les désavantages: une fois qu’une vidéo est uploadée sur YouTube, on peut bien la partager (via l’url ou un embed) mais la vidéo originale ne nous est plus accessible pour d’autres opérations (telle qu’un upload vers Facebook par exemple).
  • Il y a deux chemins possibles pour les vidéos smartphone vers le web: du smartphone directement vers le web (YouTube, Facebook) et en faisant un détour par un logiciel de montage sur ordinateur avant d’uploader sur Internet. Le détour via un ordinateur fait seulement sens si on doit faire des opérations de montage plus complexes, sachant qu’il existe des applications smartphone de montage vidéo qui fonctionnent plutôt bien (par exemple Videoshop).
  • Ce schéma propose d’utiliser notre application web Kura pour gérer de manière collaborative les vidéos, pour ensuite proposer une navigation « orientée » via des playlists connectées sur la plateforme Comet. Kura se pose par dessus YouTube et permet de classifier les vidéos avec des labels, mais aussi d’ajouter à sa bibliothèque des vidéos qui ne sont pas les siennes. L’enjeu ici est de regrouper des contenus autour d’une thématique particulière – pour notre projet il s’agit de vidéos du prix du cinéma Suisse (trailers, interviews etc) – et de les regrouper en relation avec des contenus à soi. On peut ensuite publier un projet vidéo qui valorise son expertise, son regard sur un sujet particulier – pour notre projet de pouvoir lier par exemple des portraits de cinéastes avec des interviews et des extraits de films ou trailers. Tout en permettant des mises en liens entre films (à partir des enjeux, des lieux ou autres caractéristiques) avec l’objectif de proposer une expérience de découverte personnalisée pour chaque spectateur.
  • Une fois que les vidéos sont centralisées sur YouTube, il est possible de valoriser les vidéos à travers des usages et propositions multiples. Voir le billet sur les plateformes de vidéo interactives, pour pouvoir apporter une valeur supplémentaire via des usages interactifs ou immersifs.

Pour résumer: si on réalise le travail de fond (stockage et classification des vidéos) correctement, il est possible de valoriser son travail bien au delà de l’usage très momentané de Facebook…

Proposition d’applications smartphone à utiliser

Maîtrise du tournage:

FiLMiC Pro V6 – Best iPhone Video Camera App for iPhone and iPad

SEATTLE, Sept. 1, 2016 /PRNewswire/ – FiLMiC Inc, the leader in high-end mobile video technology, is pleased to announce the release of FiLMiC Pro v5.3 for iOS. FiLMiC Pro v5.3 adds support for the newly-announced DJI OSMO Mobile hand-held stabilizer. OSMO Mobile customers will have the ability to activate common FiLMiC Pro features directly from the OSMO […]

MoviePro : Video Recorder with Limitless options dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez MoviePro : Video Recorder with Limitless options plus en détail. Téléchargez MoviePro : Video Recorder with Limitless options et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Effets spéciaux lors du tournage:

SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime plus en détail. Téléchargez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Hyperlapse from Instagram on the App Store

Read reviews, compare customer ratings, see screenshots, and learn more about Hyperlapse from Instagram. Download Hyperlapse from Instagram and enjoy it on your iPhone, iPad, and iPod touch.

Workflow complet: tournage, montage, postproduction, publication:

VivaVideo – Create Your Video Story | Free Video Editor & Video Camera

One of the best free video camera & video editor apps in Android & iOS market, easily create your video story, made simple and fun with VivaVideo, features include powerful storyboard editing tools, multiple capture cameras/lenses, photo slideshow, music video maker, unique collage maker/PIP, materials download such as themes, stickers, special effects, filers, transitions, FX, texts, export your videos to gallery and share with your friends & family on SNS like Facebook, Instagram, YouTube, Twitter, Google+, KakaoTalk, Line, WhatsApp and more.

PocketVideo

Fun vlogging from your phone

Videoshop: Fast and easy video editing and sharing for iPhone and iPad

Videoshop is the fast and easy app to personalize your videos and share them with all your friends.

Faites des vidéos géniales en quelques secondes. – Quik by GoPro

Quik par GoPro est la manière la plus facile de créer de magnifiques vidéos.

Amusant, original:

Fyuse | See life from different angles

Fyuse is a ‘spatial photography’ app which lets users capture and share interactive representations of the world, deemed Spatial Photos. Why squeeze a complex world into a tiny square frame? Instead, Fyuse lets you capture dynamic panoramas, immersive selfies, and full 360 views of the things that matter to you.

Boomerang from Instagram dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez Boomerang from Instagram plus en détail. Téléchargez Boomerang from Instagram et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

 

Quelques pages conseils et ressources

Nomenclature des fichiers (workflow ordinateur)

Publication YouTube depuis son smartphone

Dérushage et segmentation vidéo

Je vais revenir sur ce projet avec un billet qui fera la retranscription (en vidéo idéalement) de ce workshop.

 

Tourner des interviews avec un smartphone

Vous voulez réaliser des interviews vidéo avec un smartphone et vous souhaitez partir directement du bon pied, sans risquer un mauvais son ou une qualité vidéo inexploitable.

Dans le cadre du workshop que je propose pour la création de vidéos à l’aide du smartphone, je partage à travers ce billet quelques conseils spécifiques pour la production d’interviews à l’aide de votre smartphone.

Même les stations de télévision se mettent aux tournages avec smartphone…

Check-list technique et artistique.

Voici les éléments techniques et organisationnels à assurer en amont du tournage (les détails suivent plus bas):

  • batterie: est-ce que votre appareil est chargé à bloc ?
  • stockage: avez-vous assez de place pour l’enregistrement de longues vidéos ?
  • applications: avez-vous les bonnes applications pour créer les vidéos et maîtriser les paramètres de prise de vue ?
  • micro: un micro externe améliore grandement la qualité de votre son… C’est un accessoire indispensable.
  • trépied, stabilisation: une interview qui bouge dans tous les sens est difficile à regarder sur la durée…
  • accessoires: lumières, optiques additionnelles…

Avant de partir sur le terrain, assurez vous que vous avez bien réfléchi sur les aspects artistiques et conceptuels suivants:

  • objectifs: que voulez-vous atteindre avec vos vidéos ? Cette question principale structure et conditionne tout le reste !
  • contenus: rédigez une liste de vos questions; définissez le cadre esthétique et formel (style, cadrage etc)
  • workflow: le tournage n’est qu’une partie du travail; en adoptant les bons réflexes dès le départ on évite des problèmes par la suite

Ce n’est pas grave si vous n’avez pas des réponses précises sur toutes ces questions: l’essentiel c’est de démarrer quelque part, puis de corriger et améliorer par la suite.

La suite…

Quel outil prendre pour le tournage de vidéos ?

Il y a encore moins de 10 ans, la question aurait semblé absurde: pour tourner des vidéos, il faut utiliser une caméra vidéo.

videocameraA regarder cette boucle quelque peu ironique et en la comparant avec les pratiques actuelles, on est plus si sûr de devoir forcément dégainer une de ces caméras pour « mettre en boite » une vidéo que l’on veut proposer au public.

Ce qui est aujourd’hui une évidence pour le grand public – le smartphone a largement remplacé la caméra dédiée (voir les statistiques en fin de billet) – ne l’est pas encore vraiment pour le professionnel du cinéma.

Pour des raisons évidentes: le professionnel a besoin de définir précisément l’esthétique de l’image et de maîtriser les paramètres techniques (durée et « stabilité » de l’enregistrement etc), le tout dans un emballage maniable et costaud.

Mais aussi pour des raisons moins évidentes: par réflexe et héritage culturel (on a toujours fait comme ça), pour que ça « fasse sérieux » et pro ou simplement parce que le workflow de création de films est construit sur la séparation des tâches, opérées par des spécialistes qui viennent avec leurs outils dédiés.

On fait des films pour les pixels ou pour des spectateurs ?

Ce billet se propose de revoir (de manière moins provocante que ce titre de chapitre) les arguments qui guident notre choix pour définir l’outil de prise de vue, en  se concentrant sur un comparatif entre la caméra vidéo classique et le smartphone. Ce comparatif est plus ciblé sur les usages et les besoins que sur les spécifications techniques brutes.

Pour le dire tout de suite: je suis largement influencé par les questions liées au workflow global (de la caméra au spectateur) et par les enjeux du partage public.
Le piqué de l’image ou la profondeur de champ réduite ? C’est joli et ça fait cinéma, mais ces caractéristiques esthétiques ne sont qu’une partie de l’équation à résoudre.

Pour moi, la « mission » d’une proposition artistique est de mettre en mouvement les émotions et l’intellect de la personne à qui l’on destine son geste créatif. Encore faut-il pouvoir trouver son public et amener son travail dans le contexte de ses spectateurs / utilisateurs…
Vu sous cet angle, peut-être que l’on va pouvoir moins se focaliser sur les pixels et mettre plus d’accent sur la création de liens entre sa proposition et les besoins ou attentes du public.

Sachant que le public bouge et n’a plus les mêmes attentes et habitudes qu’il y a encore 10 ans…

media_les-plus-importants

La suite…

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

meteor-dinosaur

La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

apps-video-web-rond

Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

clown-cemetery

Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

Memowalk-record12-web

Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Workshop archives ilôt13

A l’intersection des archives familiales (les films Super-8 dans le grenier de nos parents) et des archives nationales (les vieilles émissions de la télévision) il y a les archives de quartier.
Ces archives sont plus liées à un lieu qu’à un groupe d’individus; la mémoire du lieu survit aux personnes qui y passent un temps de leur vie – mais encore faut-il que cette mémoire soit liée et partagée avec le territoire donné.

Dans le cadre des festivités des 30 ans du quartier de l’ilôt13 à Genève, je propose un workshop pour créer des liens entre les archives des habitants, entre des contenus et un lieu, entre des vidéos et des personnes, entre des histoires et des thématiques…
En somme, de considérer les archives non pas comme une trace figée du passé, mais une mémoire vivante avec laquelle on peut continuer d’interagir, de converser et surtout que l’on puisse alimenter avec des nouveaux contenus.

Boucle-16mm-short-medium

Ce workshop aura lieu début juillet, à l’arcade Memoways / Ulrich Fischer.
4 jours sont proposés sur ce doodle permettant de prendre les disponibilités des participant-es.
Merci de bien indiquer votre prénom et votre nom, ainsi qu’un contact (mail ou téléphone) pour vous joindre: confirmer les dates et la tenue du workshop, discuter des détails etc.
Le workshop est ouvert à une petite dizaine de participant-es entre 13 et 99 ans.

 

Très concrètement, le workshop va proposer les moments suivants:
  • rassembler les archives en provenance de divers auteurs: photographies, Super-8, vidéos… il y a déjà une belle masse de contenus, mais il est important de rassembler un maximum de points de vues, d’esthétiques, de situations etc de manière à ne pas avoir une Histoire unique mais bien de présenter, de manière structurée et guidée, la multiplicité des vécus. Venez donc avec vos vidéos, photos, textes, sons ou dessins sous une forme numérique (fichier) sur un disque dur ou une clef USB – nous allons ajouter ces contenus à la mémoire collective du quartier (via une base de données collaborative).
  • stocker de manière centralisée (sur un serveur), accessible de manière décentralisée (par le web) pour les personnes partie prenante. Nous allons utiliser plusieurs services complémentaires pour permettre la sauvegarde (archivage) et surtout la valorisation à travers l’éditorialisation des contenus avec des informations descriptives.
  • ajout d’informations descriptives (métadonnées) de manière à pouvoir chercher, trier et filtrer les archives.
  • création de projets: nous allons utiliser des applications web comme Airtable pour indexer, Mapme pour créer des cartes interactives, StorymapJS pour guider le public à travers des contenus choisis ou la plateforme vidéo Comet pour naviguer à travers les vidéos… Nous somme aussi en train de mettre sur pied une application tablet réalisée avec l’outil online Pandasuite.
  • exports de sets (playlists) personnalisés vers des outils de navigation, présentations cartographiques, application mobile… Chaque personne pourra exposer ses histoires à travers ces plateformes, soit à partir des outils mentionnés ou alors directement depuis le projet accessible ouvertement sur Internet.

GifChantier_2016-04-28_amenis

Quelques exemples de projets que nous pouvons réaliser:

Voici des articles du Courrier et de la Tribune de Genève sur l’historique du quartier trentenaire et du programme de festivités.

En complément: en cliquant sur cette image, un lecteur vidéo s’ouvrira et permettra de découvrir une première version des archives vidéo du quartier…

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La suite…

La moisson du workshop à Marseille

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L’image dit tout: le workshop a bénéficié d’une météo printanière pour aller défricher le territoire complexe du nord de Marseille.

Le workshop réalisé dans le cadre de l’école d’art de Aix-En-Provence avait les objectifs suivants:

  • Expérimenter le travail collectif. Créer en groupe, dans une dynamique proche d’une « jam » de musiciens. Utiliser les outils de captation image comme des instruments de musique – écouter, regarder et discuter avec les autres participants en direct au moment de la création du contenu;
  • Penser fragments. Créer des « briques » de contenus qui seront valorisées en tant que telles, sans passer par un montage. Chaque plan devrait fonctionner en tant que tel tout en étant connectable à d’autres plans voisins (géographiquement ou sémantiquement);
  • Enregistrer le contexte avec le contenu. Garder la trace du contexte de la création du contenu et valoriser les contenus à travers ce contexte. Concrètement: penser métadonnées. Les mots servent à chercher, trouver, lier, faire sens – autant les utiliser pour toutes ces opérations à travers la même interface, le même usage;
  • Créer un écosystème audiovisuel et une mémoire vivante. Cueillir et glaner (des situations, actions, dialogues). Puis semer, faire pousser (des histoires, des dynamiques d’imagination).
  • Initier des interactions. Ecouter et lire un territoire pour aller y écrire ses propres questions, hypothèses, réponses… Le territoire n’est pas une feuille blanche et les histoires que l’on pose dans le monde ont toutes leur pré-histoire et vont, d’une manière ou d’une autre, avoir leur propre « queue de la comète ».

La suite…

Workshop Walking the Edit à Marseille

HotelDuNord

J’aurais le plaisir de repartir à Marseille (qui est une des destinations françaises du projet, après Paris et Bagnols-Sur-Cèze) en janvier 2015, pour un workshop de 5 jours organisé par l’école d’art d’Aix en Provence.

Ce workshop se réalise en partenariat avec la coopérative de l’Hotel du Nord qui a l’habitude d’organiser des ballades dans Marseille et la région.
Il s’agit donc de partir à l’exploration créative, muni de caméras et d’enregistreurs audio.

Les objectifs sont les suivants:

  • Parcourir et appréhender un territoire
  • Produire et organiser des médias géolocalisés
  • Inventer un dispositif de restitution
  • Interroger la pérénité de ce dispositif pour le territoire

Plus d’informations ICI.

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