Workshop création smartphone avec la HEAD

Ce billet sert comme base de travail pour le workshop de création vidéo avec les smartphones pour les étudiants cinéma de première année de la HEAD.
Au delà des enjeux pédagogiques et stratégiques liés à cette intervention en particulier, je partage les ingrédients de ce workshop pour permettre à toute personne intéressée par les usages créatifs et participatifs des smartphones de pouvoir fabriquer son propre projet vidéo sur le web, de manière personnalisée et pérenne.

Le cadre du workshop

Il s’agit de créer, en moins d’une journée, une collection originale de courtes capsules vidéo qui seront intégrées dans le flux des réseaux sociaux à mettre en ébullition lors du prix du cinéma Suisse. Cet évènement aura lieu au BFM à Genève le 24 mars.
La mise en ligne de ces vidéos se fera en collaboration avec la SSR / RTS, qui est partenaire de l’évènement.

Comme c’est un évènement très select, sur invitation, qui vise en même temps un grand retentissement auprès du grand public, l’enjeu est de faire vivre cet évènement – au delà de sa retransmission télévisée – sur les réseaux sociaux.
Idéalement de manière proche, décalée, vivante, créative, de l’intérieur…

Remplacer Oscar par Quartz (les costumes restent)

Les objectifs du projet

Pour les deux partenaires que sont la HEAD et la RTS, la création de contenus vidéos avec les smartphones est un terrain inconnu. Si l’on ajoute encore les nouveaux espaces de diffusion que sont les réseaux sociaux (c’est marrant à ce propos: les réseaux sociaux ont-ils vraiment avalé le web, vu que l’on ne parle plus que de Facebook ?), on obtient un cocktail qui semble très éloigné de ce que l’on considère être la création cinématographique ou même télévisuelle.

Comment concilier regards individuels, création collective, approches conceptuelles et improvisation nécessaire avec la « dilution » programmée des égos créatifs dans un flux que finalement plus personne ne maîtrise ?
Vu sous cet angle là, ça ne donne pas envie de s’y plonger (et de s’y perdre).
Mais si on prend un peu de recul et appréhende le projet sous forme d’une promesse de conversation vivante, organique et évolutive et pas comme une simple juxtaposition de monologues, ça donne une autre valeur à la proposition.

Ce projet est, dans ma compréhension des choses, un prétexte pour pousser les étudiants dans le bain des réseaux appelés sociaux et de les faire penser mise en lien / connexion / combinaison, comme on pense montage.

L’enjeu est donc bien de noyer personne et de donner envie aux cinéastes en devenir d’y revenir…
Avec la considération que le cinéma ne peut plus faire abstraction d’Internet, et que ce n’est pas l’un ou l’autre, mais idéalement l’un avec l’autre.

Comment ? Et bien, il faut commencer quelque part, via un projet comme celui ci, et essayer.
Sans préjugés, sans trop d’attentes ni de pression, avec curiosité.

Le Quartz tant convoité

Les objectifs du workshop

Très concrètement, voici les objectifs du workshop:

  • Apprendre à créer des vidéos avec son smartphone, en choisissant les bonnes applications et en ajoutant les bons accessoires
  • Se « libérer » des réflexes de création vidéo hérités (tournage avec une caméra, montage avec un ordinateur, diffusion avec un projecteur) et découvrir des manières de faire alternatives – au service d’un propos et surtout d’un partage (ce n’est pas Facebook qui a inventé le partage !)
  • S’approprier les outils de création grand public dans une approche ludique, co-créative et démystificatrice
  • Comprendre l’importance primordiale du flux de travail et s’approprier les bonnes pratiques pour ne pas se perdre dans des problèmes techniques.

Pour moi, les enjeux particuliers sont:

  • Ne pas tout miser sur une publication aveugle en direction des réseaux sociaux. Facebook c’est bien pour atteindre les gens de manière efficace, mais une fois que les vidéos sont likées/partagées, ils disparaissent dans le tsunami des nouveaux contenus… Perdre son travail, sa mémoire dans Facebook – sérieusement ? Heureusement, il existe des solutions complémentaires, détaillées ci dessous
  • Rassurer (ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas ou on n’aime pas ce nouveau monde du web qu’il faut en avoir peur et lui tourner le dos) et stimuler la curiosité (chercher de l’inspiration au delà des recettes éprouvées). Faire sentir que ce que l’on partage avec le public n’est pas seulement un objet (un film) mais un regard, une sensibilité, des questions, des hypothèses.

La méthodologie de production

On dit souvent qu’un film c’est 80% de logistique (organisation, technique) et 20% de créativité. Ces chiffres (non scientifiques) sont surtout là pour nous rappeler l’importance du workflow, qui est au service de la créativité.

Voici un schéma qui pose à plat et en perspective les articulations entre des outils et des étapes de production.

 

A retenir de ce schéma:

  • Il faut centraliser quelque part la « mémoire » des vidéos créées. Par défaut, nous allons utiliser YouTube: c’est gratuit et pratique; on peut aussi y stocker des vidéos non montées comme des segments de rushes, simplement en appliquant le réglage « non listé » pour ne pas les rendre publiques en tant que tels. Les désavantages: une fois qu’une vidéo est uploadée sur YouTube, on peut bien la partager (via l’url ou un embed) mais la vidéo originale ne nous est plus accessible pour d’autres opérations (telle qu’un upload vers Facebook par exemple).
  • Il y a deux chemins possibles pour les vidéos smartphone vers le web: du smartphone directement vers le web (YouTube, Facebook) et en faisant un détour par un logiciel de montage sur ordinateur avant d’uploader sur Internet. Le détour via un ordinateur fait seulement sens si on doit faire des opérations de montage plus complexes, sachant qu’il existe des applications smartphone de montage vidéo qui fonctionnent plutôt bien (par exemple Videoshop).
  • Ce schéma propose d’utiliser notre application web Kura pour gérer de manière collaborative les vidéos, pour ensuite proposer une navigation « orientée » via des playlists connectées sur la plateforme Comet. Kura se pose par dessus YouTube et permet de classifier les vidéos avec des labels, mais aussi d’ajouter à sa bibliothèque des vidéos qui ne sont pas les siennes. L’enjeu ici est de regrouper des contenus autour d’une thématique particulière – pour notre projet il s’agit de vidéos du prix du cinéma Suisse (trailers, interviews etc) – et de les regrouper en relation avec des contenus à soi. On peut ensuite publier un projet vidéo qui valorise son expertise, son regard sur un sujet particulier – pour notre projet de pouvoir lier par exemple des portraits de cinéastes avec des interviews et des extraits de films ou trailers. Tout en permettant des mises en liens entre films (à partir des enjeux, des lieux ou autres caractéristiques) avec l’objectif de proposer une expérience de découverte personnalisée pour chaque spectateur.
  • Une fois que les vidéos sont centralisées sur YouTube, il est possible de valoriser les vidéos à travers des usages et propositions multiples. Voir le billet sur les plateformes de vidéo interactives, pour pouvoir apporter une valeur supplémentaire via des usages interactifs ou immersifs.

Pour résumer: si on réalise le travail de fond (stockage et classification des vidéos) correctement, il est possible de valoriser son travail bien au delà de l’usage très momentané de Facebook…

Proposition d’applications smartphone à utiliser

Maîtrise du tournage:

FiLMiC Pro V6 – Best iPhone Video Camera App for iPhone and iPad

SEATTLE, Sept. 1, 2016 /PRNewswire/ – FiLMiC Inc, the leader in high-end mobile video technology, is pleased to announce the release of FiLMiC Pro v5.3 for iOS. FiLMiC Pro v5.3 adds support for the newly-announced DJI OSMO Mobile hand-held stabilizer. OSMO Mobile customers will have the ability to activate common FiLMiC Pro features directly from the OSMO […]

MoviePro : Video Recorder with Limitless options dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez MoviePro : Video Recorder with Limitless options plus en détail. Téléchargez MoviePro : Video Recorder with Limitless options et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Effets spéciaux lors du tournage:

SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime plus en détail. Téléchargez SlowCam – Slow Motion Video Camera Realtime et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Hyperlapse from Instagram on the App Store

Read reviews, compare customer ratings, see screenshots, and learn more about Hyperlapse from Instagram. Download Hyperlapse from Instagram and enjoy it on your iPhone, iPad, and iPod touch.

Workflow complet: tournage, montage, postproduction, publication:

VivaVideo – Create Your Video Story | Free Video Editor & Video Camera

One of the best free video camera & video editor apps in Android & iOS market, easily create your video story, made simple and fun with VivaVideo, features include powerful storyboard editing tools, multiple capture cameras/lenses, photo slideshow, music video maker, unique collage maker/PIP, materials download such as themes, stickers, special effects, filers, transitions, FX, texts, export your videos to gallery and share with your friends & family on SNS like Facebook, Instagram, YouTube, Twitter, Google+, KakaoTalk, Line, WhatsApp and more.

PocketVideo

Fun vlogging from your phone

Videoshop: Fast and easy video editing and sharing for iPhone and iPad

Videoshop is the fast and easy app to personalize your videos and share them with all your friends.

Faites des vidéos géniales en quelques secondes. – Quik by GoPro

Quik par GoPro est la manière la plus facile de créer de magnifiques vidéos.

Amusant, original:

Fyuse | See life from different angles

Fyuse is a ‘spatial photography’ app which lets users capture and share interactive representations of the world, deemed Spatial Photos. Why squeeze a complex world into a tiny square frame? Instead, Fyuse lets you capture dynamic panoramas, immersive selfies, and full 360 views of the things that matter to you.

Boomerang from Instagram dans l’App Store

Consultez et comparez les avis et notes d’autres utilisateurs, visualisez des captures d’écran et découvrez Boomerang from Instagram plus en détail. Téléchargez Boomerang from Instagram et utilisez-le sur votre iPhone, iPad ou iPod touch.

 

Quelques pages conseils et ressources

Nomenclature des fichiers (workflow ordinateur)

Publication YouTube depuis son smartphone

Dérushage et segmentation vidéo

Je vais revenir sur ce projet avec un billet qui fera la retranscription (en vidéo idéalement) de ce workshop.

 

Plateformes de vidéo interactive

Sur le chemin de la construction d’un outil (en l’occurrence notre application web Kura), on regarde forcément d’un œil curieux les autres outils apparentés ou complémentaires.
Pour y chercher ce qui est similaire (animé par le besoin de faire partie d’une famille, d’une mouvance) mais également pour pointer les différences, de manière à préciser son propre positionnement spécifique.
Et aussi pour apprendre: des erreurs / errances des autres, des succès, des solutions bien pensées ou des fausses bonnes idées, des approches entrepreneuriales…

Ce billet qui liste quelques plateformes de création de vidéo interactive s’adresse à toute personne voulant publier une ou plusieurs vidéos sur le web, en ayant à cœur de proposer une expérience plus interactive et engageante que la simple lecture d’une vidéo partagée sur YouTube par exemple.

Mais c’est quoi la vidéo interactive ?

Avant de continuer, j’aimerais juste revenir sur le terme « vidéo interactive » que j’ai utilisé dans le titre de ce billet.
Comme il faut faire court et compréhensible pour tout le monde, la combinaison de mots « vidéo » + « interaction » va ouvrir, je l’espère, la perspective vers une promesse plus active et potentiellement personnalisée à la vidéo sur le web.

En somme, que l’interactivité symbolise le mariage idéal et bien équilibré entre la vidéo et le web…
On a d’un côté la force émotionnelle d’une histoire délivrée par la vidéo et de l’autre, l’attrait vertigineux de la découverte rendue possible par Internet.

Qu’est-ce que cette alliance peut-elle bien enfanter ? Peut-être le responsive storytelling… ?

En tout cas, pour démarrer de manière concrète, les plateformes vidéos présentées ci dessous.

Quels sont mes partis pris dans cette sélection d’outils ?

En préambule, j’aimerais partager les informations suivantes qui cadrent les choix de cette liste et nourrissent mon opinion sur ces outils:

  • J’ai rencontré la grande majorité des créateurs de ces outils. Des trentenaires pour la majorité, sinon des quadragénaires, venant de métiers créatifs divers (contenus documentaires, projets web d’agence etc), ils ont fait le constat que l’on est en manque d’outils adéquats pour créer des projets vidéo&web qui vont au delà de YouTube.
    En somme, il s’agit de combler un vide entre l’offre classique des grands groupes (Apple, Adobe, Google etc) et les projets custom, qui sont souvent hors de portée budgétaire des producteurs de contenus.
  • Les rencontres étaient cordiales, ouvertes, sans paranoïa de concurrence: on se rend bien compte que dans ce monde de plus en plus globalisé et interconnecté on ne peut pas survivre en bricolant seul dans son coin.
  • Malgré les envies de partenariat entre Memoways et certaines de ces plateformes (connexion entre les outils pour proposer une offre élargie) et de collaboration sur des projets (one shot avec des clients), cela ne s’est pas encore réalisé jusqu’à aujourd’hui. Je ferais peut-être un billet spécifique sur cette question un jour…
  • J’ai testé superficiellement la plupart de ces outils; j’ai pu travailler de manière plus soutenue avec deux applications (Panda Suite & Interlude – qui est devenu EKO). Cela veut dire que ce billet ne fournit pas un mode d’emploi rapide sur ces outils, mais plus une vision générale sur certaines applications de création vidéo&web, que l’on peut tester et utiliser sans trop de connaissances techniques préalables et souvent sans y laisser de l’argent – en tout cas dans un premier temps.

Voici donc une liste d’applications qui permettent de créer des expériences spécifiques avec de la vidéo, groupées par type de promesse.

Vidéos augmentées par zones cliquables

Comment ajouter des informations contextuelles sur la vidéo elle même ? Comme des liens, des contenus additionnels, au moment où se déroule l’action ?
Comment acheter le pull qui est porté par cette actrice, comment en savoir plus sur l’enjeu dont on parle, comment soutenir l’artiste avec une donation ?

Teleport.ninja ne vient pas trop loin de Genève: c’est à Lausanne que ses concepteurs ont développé les premiers prototypes, avant de se lancer dans la construction d’une application web qui permet d’enrichir une vidéo scrollable avec des éléments d’informations complémentaires.

Spécificités:

  • on scrolle à travers la vidéo, ce qui permet de gérer la vitesse de consultation et les moments d’interaction de manière très fine et plus « sensuelle » qu’un simple clic play
  • on peut placer des éléments cliquables, qui fonctionnent également comme des chapitres, pour aller naviguer rapidement d’un moment / endroit à un autre et on se fait « téléporter » sans délai…
  • comme ce n’est pas vraiment une vidéo que l’on manipule: les images source de la vidéo doivent être stockées sur leur plateforme. Le compteur YouTube ne tourne donc pas
  • surtout utilisé pour découvrir des lieux ou comme outil de tutoriel (muet) plus facile à manipuler qu’une vidéo classique
  • pas vraiment adapté pour raconter une histoire – ni pour écouter quelqu’un
  • Update du 06.03.2017: Teleport va permettre, dans les semaines qui suivent, le playback en mode vidéo avec son. Ils ont écouté les besoins de leurs utilisateurs et ont ajouté cette possibilité…

Teleport – supercharge web video

Teleport is a new way to distribute and consume video on-line. In a Teleport, the user is free to navigate at will by scrolling, or jump at any point in the content. The image can be contextualized: images, texts, videos, social media integrations can all be used to enrich it.

Storygami vient de Londres, avec comme concept principal l’enrichissement de vidéos avec des layers ajoutés à l’image et avec une plateforme de valorisation de ses créateurs intitulée Maven.

Spécificités:

  • créer des « call to action » permettant de payer les artistes avec des micro-donations
  • ajout d’informations additionnelles en relation avec la vidéo, accessible via un menu global
  • plateforme de présentation Maven des projets créés avec Storygami
  • utilisation de YouTube comme plateforme vidéo; Storygami permet simplement un ajout de layers d’interaction et la plateforme Maven pour fédérer une communauté de créateurs

Storygami – Interactive video for everyone

Storygami is the easiest interactive video tool for creators and brands. Drag and drop interactive elements like articles, polls, email capture forms and payment buttons into your videos in minutes. Storygami helps creators earn revenues, grow communities and build a home for their viewers.

ThingLink est principalement utilisé pour ajouter des informations par dessus une image fixe; depuis peu, il est aussi possible de rajouter des tags cliquables sur des images 360° et des vidéos.

Spécificités:

  • création de tags spécifiques simplement en ajoutant une url à un moment donné de la vidéo; positionner le tag, définir une durée et customiser le carte qui va s’afficher
  • un clic sur le tag va ouvrir une petite fenêtre avec l’information additionnelle et mettre la vidéo en pause
  • possibilité de développer ses propres tags et de customiser les cartes ajoutées à la vidéo
  • plateforme très bien documentée, qui permet la création personnalisée (via leurs APIs) de plusieurs usages comme l’éducation, le marketing etc
  • ajout de points d’information sur des vidéos 360°

ThingLink – Make Your Videos Interactive

ThingLink – Make Your Videos Interactive

Ils se disent être les premiers à faire de la vidéo interactive avec des hotspots qui suivent l’action dans la vidéo; depuis 2010 Wirewax développe un outil permettant de faire un lien dynamique entre un visage ou objet dans la vidéo et un tag.

Spécificités:

  • usage de diverses plateformes vidéo, dont YouTube, par dessus lesquels leur logiciel en ligne crée des zones cliquables automatiquement (avec détection de visages ou d’objets via un algorithme)
  • édition de zones clicables dans le temps et avec du tracking vidéo automatisé
  • leur propre player permet une customisation et un usage le plus poussé
  • bien pensé: un clic sur un tag garde l’information dans un panier, à consulter plus tard. L’interactivité ne se passe donc pas au détriment de la vidéo…

WIREWAX – No.1 Interactive Video Technology

Create interactive video and shoppable video with the number 1 technology, as chosen by Ted Baker, Disney and the BBC.

 

En résumé.

On le voit dans ces exemples, il y a souvent un conflit entre le visionnement d’une vidéo (où l’on veut à priori protéger l’histoire) et les informations complémentaires que l’on peut aller chercher directement dans la vidéo (où l’on veut amener les visiteurs / spectateurs dans une nouvelle direction).
Le fait de pouvoir garder en mémoire les objets sélectionnés pour une utilisation en aval de l’usage, comme le prévoit WireWax, me semble être une bonne pratique.

Un autre point qui ne me convainc personnellement pas vraiment, c’est le côté statique et figé du lien entre la zone cliquable et le contenu additionnel. On se retrouve un peu comme dans les années 1990 devant un CD-ROM à cliquer sur des zones, avoir l’information, puis revenir à la branche principale…

Mais si l’on veut amener le visiteur sur diverses pages importantes, à partir d’une entrée principale qu’est une vidéo qui engage émotionnellement, ces divers outils ont tous des arguments valables pour aider le producteur vidéo sur son chemin vers des usages web plus personnalisés.

Les principaux atouts de ces applications présentées dans cette section sont: simplicité dans la création, vitesse de publication d’un projet et parfois de la personnalisation.

Projets vidéo transmedia / multimedia

Les outils qui sont présentés dans cette section sont les plus puissants et les plus complets au niveau des fonctionnalités de création d’interactions personnalisées. Le prix à payer est la complexité de leur utilisation…

L’équipe qui développe Racontr à Paris a commencé le développement de son application web à partir de la plateforme Djehouti il y a quelques années. Depuis, ils ont développé un éditeur web puissant et bien complet.
Leur projet est ambitieux, car cet outil permet plus que « simplement » créer des projets vidéos: des mini-sites, portfolios personnalisés, projets transmedia etc.

Spécificités:

  • outil d’animation par calque, multimédia
  • gestion de projet collaborative
  • publication avec intégration sur un site web
  • l’outil demande l’utilisation de Flash; cela se voit aussi dans l’interface compliquée avec l’héritage un peu chargé des applications Adobe…
  • devant la complexité d’usage, ils proposent une aide pour réaliser les projets plus importants

Découvrez notre solution et notre Studio Créatif | Racontr.com

Avec RacontR, créez des présentations interactives à votre image, des rapports annuels, du contenu marketing et bien d’autres contenus narratifs.

L’application desktop Klynt est une solution proche de Racontr: ils viennent aussi de Paris; les clients et modes d’usages proposés sont très proches.
Il faut télécharger une application OSX ou Windows, se créer un compte chez eux pour ensuite pouvoir bénéficier d’un studio de création multimédia.

Spécificités:

  • interface de création de liens par embranchements visuels (un peu comme un mindmap)
  • preview WYSIWYG et panneau d’interactions avancées
  • export vers un player responsive (pour le mobile et les diverses tailles d’écran)
  • intégration de diverses plateformes vidéo (Vimeo, Brightcove etc) avec mini player responsive
  • permet de créer des projets propres et statiques, qui sont comme des DVD-ROMs sur le web
  • pour des usages plus avancés et personnalisés sur leur player, ils mettent à disposition une API
  • comme Racontr, leur logiciel est plutôt compliqué à prendre en main; il y a heureusement des tutoriels

Klynt.net | Klynt is an interactive editing & publishing application dedicated to creative storytellers.

No Description

L’équipe de Panda Suite est la plus jeune et la plus sympathique des agences parisiennes; toujours très réactifs et attentifs aux besoins de leurs utilisateurs, leur application web n’est pas spécifiquement dédiée à la vidéo, mais à des projets web que l’on peut créer sans devoir se mettre au code.

Spécificités:

  • création d’applications (web, mobiles) avec possibilité de publier sur les stores (iOS et Google Play)
  • accès à des notifications push, l’indexation du contenu et des liens universels, tout en ayant la possibilité de mettre à jour continuellement son application
  • mode privé et mode public
  • multitude de composants pour personnaliser l’application, y compris avec accès aux capteurs des appareils mobiles
  • interface plus claire et mieux pensée que Klynt et Racontr, mais la courbe d’apprentissage reste assez raide tout de même

Create, Publish And Engage with Highly Interactive Apps – PandaSuite

Build awesome apps for smartphone, tablet and desktop (iOS, Android, HTML5) – Create and preview your projects for free – Without any coding

 

En résumé

Ces 3 applications parisiennes (ah oui tiens, est-ce vraiment un hasard ?) permettent de créer des projets bien plus ambitieux: projets transmedia, mini-sites, campagnes de marketing etc…
Cette puissance liée aux fonctionnalités avancées a un prix: il faut prendre quelques heures pour se familiariser avec ces solutions. Heureusement qu’il y a des tutoriels, et que certaines structures, comme j’ai pu l’expérimenter avec Panda Suite, sont très réactives et offrent une aide personnalisée.

Reste que pour réaliser des projets plus conséquents, il faut aussi mettre la main au portemonnaie: les coûts d’utilisation se chiffrent sur plusieurs centaines d’Euro, en fonction des besoins.

Vidéo interactive

Les plateformes dont il est question dans cette section permettent de créer des narrations vidéo à embranchement.
Il faut donc créer au départ les vidéos de manière à pouvoir proposer une navigation avec plusieurs choix – un peu comme les histoires dont vous êtes le héro…

Eko vient d’Israel avec des financements américains. Au départ appelée Interlude / Treehouse, cette plateforme a été créée par un musicien qui a voulu permettre la création de clips vidéo interactifs.
Ils sont maintenant une plateforme bien financée qui permet de créer des projets de prestige, hébergent une communauté de créateurs et proposent un studio de création web pour publier des projets vidéos à embranchements.

Spécificités

  • leur application web est liée à l’usage de Flash (point négatif) mais l’interface est relativement intuitive: le logiciel n’est pas trop complexe à apprendre une fois que l’on a saisi les bases
  • connexions entre les vidéos par nodes; il faut créer des « arbres » des liens vidéo, ce qui va définir la navigation entre les vidéos
  • presets et customisation des éléments d’interactions
  • il faut télécharger un logiciel pour uploader les vidéos; ne prend pas en considération des vidéos venant d’ailleurs que leur propre plateforme
  • leur player et les interactions avec les vidéos sont très réactives: on a pas l’impression que l’on change de vidéos tellement les transitions sont rapides et invisibles…

Eko

Welcome to Eko, your new home for interactive video. Step in to the story and discover original interactive comedy, drama, and music series that put you in control.

 

Enfin des américains et une femme: Rapt media a été fondée en 2011 par Erika Trautman à Boulder Colorado.
Avec au départ un simple éditeur pour passer d’une vidéo à une autre (comme Eko, mais en beaucoup plus simple), la société se positionne maintenant comme plateforme professionnelle pour des solutions dédiées à des business cases particuliers: RH, éducation, présentation de produits…

Spécificités

  • outil de composition avec éditeur de chemins, avec zones d’actions
  • timeline pour adapter les boutons avec temporalité
  • publication des players avec code embed
  • API pour la customisation du player vidéo
  • les vidéos sont uploadées et stockées sur leur plateforme
  • lien vers les tutoriels

Enterprise Class Interactive Video Platform

Rapt Media offers interactive video technology that enables businesses to build navigable, user-controlled video experiences that empower your audience.

En résumé

Ces deux applications sont nettement plus simples que les trois solutions présentées dans la deuxième section. Ils sont restreints à de la vidéo et permettent juste une navigation rapide entre des vidéos branchées ensemble via des « nœuds » (arborescence de liens à choix multiples).

Les résultats sont convaincants en terme de réactivité; il demeure que l’on reste face à des projets statiques et fermés – comme un CD ou DVD-ROM.
Cela peut clairement être un objectif en fonction du projet. Cependant, si l’on veut permettre un usage vivant, évolutif et organique à l’image du web, il faut plutôt se tourner vers les solutions de la prochaine section, qui va présenter diverses plateformes de navigation dans des vidéos.

En attendant la navigation à l’intérieur d’un flux de vidéos

Plateforme de remix & navigation vidéo

YouTube est clairement « the place to be ». 400 heures de vidéos uploadées chaque minute; 1 milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour… et maintenant avec la possibilité de voir la télévision (américaine) en live. De quoi garder encore plus captif la nouvelle génération au sein d’un univers vidéo tentaculaire.

Reste à voir comment on accède aux vidéos de qualité qui nous intéressent personnellement dans cette masse gigantesque de contenus; là pour le moment c’est l’algorithme de Google qui s’en charge – on y reviendra parce que c’est clairement pas à l’avantage des créateurs de contenus eux même.

Les quelques plateformes présentées ci dessous apportent des solutions élégantes pour naviguer à l’intérieur de vidéos, qu’elles soient longues ou courtes.
C’est déjà un premier pas pour aider le spectateur dans son expérience vidéo sur le web.

Vibby nous vient de New York, mais l’équipe de développement se trouve en Europe. Ils ont bien vu que les longues vidéos ne sont souvent pas regardées jusqu’au bout – non pas parce qu’elles ne sont pas de qualité, mais parce que les spectateurs n’y trouvent pas tout de suite ce qui les intéressent.
Ils ont donc développé un outil web qui permet à tout un chacun de chapitrer n’importe quelle vidéo et de partager son « digest » de la vidéo avec que les portions choisies.

Spécificités

  • création simple et intuitive de chapitres, avec les détails du segment à rédiger sous forme d’un commentaire – qui peut démarrer une conversation en permettant de commenter le commentaire !
  • l’édition des chapitres est bien réalisée (avec effet élastique lorsque l’on veut rallonger ou raccourcir le chapitre…) et le flux de travail est bien présenté et simple
  • plateforme publique avec les vidéo qui ont été chapitrées; ce n’est pas encore un lieu de rendez-vous avec beaucoup d’intérêt…
  • on peut embeder ses vidéos chapitrées, qui sont elles-mêmes stockées sur YouTube. Vibby est simplement une interface par dessus YouTube qui ajoute la fonctionnalité de visionnement par chapitres

vibby.com

Every second counts. Intelligent playback of highlights cuts the fluff and saves you time. Smooth conversation flow and one-click social sharing help you connect with friends. Easy-to-use platform makes creating and sharing highlights a breeze.

Videogram est une plateforme développée par une équipe très mixte: indiens, japonais, américains… avec des sièges de la société mère Cinemacraft dans plusieurs pays.

La principale particularité est la présentation des vidéos sous forme de cartes avec des multiples vignettes, représentant divers moments dans la vidéo. Il est possible de rapidement naviguer de partie en partie à partir de la présentation.

Spécificités

  • outil de création de Videograms, où l’on peut soit récupérer des vidéos depuis une multitude de plateformes vidéo (YouTube, Vimeo, Facebook etc) ou alors uploader sa vidéo directement dans leur cloud vidéo
  • la génération du Videogram est totalement automatique; on reçoit un mail après quelques minutes (ou quelques heures, comme moi dans mon test) avec le lien vers la vidéo
  • leur site et leur outil faut un peu « usine à gaz »; on sent un développement pas très unifié et qu’ils lancent des idées et injonctions à tout va. Il y a aussi quelques dysfonctionnements dans la partie profil…

Videogram:

No Description

Voici en exemple avec ma vidéo sur le responsive storytelling

En résumé

Ces solutions simples de valoriser des parties d’une vidéo sont une bonne base, qui donne un peu plus de critères de choix au spectateur pour voir (ou pas) une vidéo. Mais devant le tsunami de vidéos existantes, cette mesure peut aussi faire l’effet inverse !

Maintenant, mon rêve est de pouvoir lier des vidéos, et encore mieux, des fragments de vidéos les uns aux autres – pour permettre des nouvelles mises en relations et surtout une navigation fluide à travers un flux de vidéos, interconnectées par des choix éditoriaux. Et ceci de manière non destructive ni exclusive !

Un autre billet spécifique reviendra sur mon rêve…

Ouf – la liste était longue… on est arrivé au bout !

Si un outil manque, ou qu’il y a une erreur à corriger, merci de m’envoyer un mail et je complète.

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

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La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

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Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

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Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

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Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

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By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Kura, le nouvel outil vidéo de Memoways

Comment proposer une expérience personnalisée, vivante et évolutive avec de la vidéo sur le web ?

Il y a bien des projets de « players » vidéo tel que Comet ou d’autres solutions; cependant pour pouvoir préparer, publier puis développer un projet original de manière maîtrisée et collaborative, il faut un outil d’indexation et d’éditorialisation qui tire parti du changement de paradigme lié au devenir immatériel des contenus audiovisuels.

Nicolas Goy – mon associé dans Memoways – travaille depuis quelques mois sur Kura, notre application web qui permet d’éditorialiser des vidéos sur le web. Nous capitalisons sur notre expérience liée à Tansa (une application OSX par Fabrice Truillot) et à Michi (une application web par Nicolas Goy), que nous avons développé entre 2013 et 2015.

kura-load

Dans les grandes lignes, Kura permet de:

  • importer des vidéos par url (YouTube seulement pour le moment) ou alors en se connectant à son propre compte YouTube
  • gérer ses vidéos avec un système de labels
  • créer des listes ordonnées de vidéos, en utilisant des mots (concepts) comme « lien » entre des vidéos
  • ajouter des markers (mots clefs avec une durée temporelle) pour connecter des bouts spécifiques d’une vidéo avec d’autres vidéos
  • créer des « spaces » par projet / client / usage
  • inviter et gérer des collaborateurs

Avec cet outil, nous pouvons réaliser des projets Comet, pour des usages comme:

  • découvrir et apprendre avec des vidéos liées sémantiquement entre elles: enjeu pédagogique, partage de connaissance et de savoir
  • valoriser des contenus, comme des bonus liés à la vidéo principale: enjeu de storytelling
  • informer et engager le public avec une entreprise, un produit : enjeu marketing

Nous allons présenter cet automne plusieurs projets réalisés pour des clients, qui permettront de se faire une idée concrète sur le potentiel de ces nouveaux usages interactifs et appropriatifs.

Et: nous sommes en train de plancher sur une version améliorée de Comet (Comet V2) – plus de nouvelles à ce sujet prochainement…

La suite…

Cours « Histoires Interactives sur le Web »

Dans le cadre des ateliers et workshops organisés par le Centre des Arts à l’Ecole Internationale de Genève, je propose un atelier:

Durant l’atelier, les élèves utiliseront des applications sur smartphone qui permettent de créer des courtes vidéos de manière simple et ludique.
Ensuite, ils apprendront comment les retravailler et les éditer afin de raconter des histoires qui iront se nicher de manière évolutive et participative dans les usages quotidiens d’Internet.

Les inscriptions sont par ici.

Liens vidéos pratiques

Une collection de liens pour se lancer:
GLOSSAIRE VIDÉO

Outils pour la création en ligne

Dans le cadre de la formation vidéo et nouveaux médias au CEPV, voici quelques outils de création que nous allons regarder de plus près.

Une collection de liens très complète, avec petits résumés pour commencer.

Pour créer des projets interactifs, « webdoc »:

http://www.djehouti.com/97-djehouti.htm (présentation sur le blog documentaire) – update: cet outil est remplacé par https://beta.racontr.com/fr/.
http://zeega.com (présentation sur le blog documentaire)
http://www.klynt.net (présentation sur le blog documentaire)
http://www.3wdoc.com/fr/ (présentation sur le blog documentaire) – update: cet outil n’est plus mis à jour.
http://memoways.com l’outil de vidéo interactive auquel je participe moi même – cf un usage réalisé entre 2009 et 2013 http://walking-the-edit.net/fr/

Mais il y a aussi (quand même) des grosses pointures qui proposent également des outils (usines à gaz):

http://html.adobe.com/edge/animate/
http://html.adobe.com/edge/reflow/

Des plateformes pour ajouter de l’interactivité aux vidéos:

http://mozillapopcorn.org/popcorn-maker/ (mode d’emploi et présentation sur NetPublic) et quelques autres ressources http://livingdocs.org/code/ pour pousser encore plus loin (avec du code) les expérimentations.
http://www.raptmedia.com
http://interlude.fm
http://beta.storygami.co/

http://themadvideo.com
http://www.seriouslyjs.org
http://rollypolly.com

Pour développer des « modules » interactifs avec de l’image, de la vidéo, de l’audio et du texte:

http://www.thinglink.com
http://www.imagespike.com
http://www.blurb.com/mobile
https://narrable.com
http://animoto.com

Pour créer des « fils » narratifs à partir d’une agrégation de contenus divers:

http://storify.com
http://projeqt.com

Une collection de liens sur la question de la mémoire (machines à remonter le temps):

http://checkthis.com/remonterletemps

De quoi se (re)lier à l’espace, au territoire:

http://checkthis.com/67j0
http://www.jetphotosoft.com/web/home/

Des combinaisons entre applications smartphone et site web:

http://cinemagr.am
http://vyclone.com
http://www.trollback.com/loop/

Et quelques autres outils online:

http://prezi.com
https://videolicious.com

Pour finir, une présentation à la « Pearltrees » des outils pour faire des webdoc (une autre sélection quelle celle ci dessus):

http://cdn.pearltrees.com/s/embed/getApp

Liens de CMS

Voici une liste de CMS (Content Management System) qu’il est possible d’utiliser en vue de créer son propre site / blog / présence internet.

Orientés portfolio
http://www.squarespace.com (payant http://www.squarespace.com/pricing/)
http://flowboard.com
http://koken.me avec démos http://demo.koken.me
http://4ormat.com
http://fr.wix.com
Spécialement pour photographes
http://www.photodeck.com/fr/
http://fr.photographes.com

Orientés blog
http://wordpress.com (avec des plugins spécifiques pour la photo, comme http://www.photocrati.com)
http://www.blogger.com/home
https://www.tumblr.com

(en cours de rédaction, d’autres liens vont suivre)