Adaptations en cours

Plusieurs adaptations et projets spécifiques basés sur le dispositif « Walking the Edit » via la plateforme Memoways sont en cours de production: dans les semaines et mois qui viennent, nous allons présenter ces projets sur lesquels nous travaillons depuis quelques mois.

Bagnols-Sur-Cèze. Il y a une année démarrait la mise en route de l’adaptation « Mémoire Vive » dans cette ville du sud de la France (vallée su Rhône, tout près de Avignon). Entre août et septembre 2012, une équipe d’artistes et de vidéastes a arpenté le territoire bagnolais et a produit une base de données audiovisuelle que nous avons indexé durant l’hivers 2012-13. Environ 1700 vidéos ont ainsi été tournées et une partie va se retrouver dans l’application qui va sortir sur l’appstore d’ici mi mai. Une version Android est prévue également, une première ! Plus d’informations précises via un post spécifique qui va suivre au mois de mai.

memoirevive_MW_2013-04-12

Une vue provisoire sur la géolocalisation de la base de données.

Genève. Comme il s’agit du territoire « natif » du projet (Walking the Edit / Memoways / C-Side sont domiciliés à Genève), nous travaillons sur plusieurs adaptations et versions démo du projet:
– L’adaptation artistique que nous avons démarré en 2010, grâce à quelques subventions et aides publiques. Nous continuons à produire du contenu et à indexer les contenus existants. Il est prévu de sortir une version de l’application [email protected] qui sortira sur l’appstore tout prochainement ce printemps.
– Une démo pour la télévision, pour l’office de tourisme; une version pour tester le fonctionnement du dispositif avec des images d’archives (des années 30 jusqu’à aujourd’hui) et une version pour tester comment la fiction (extraits de films de fictions tournés à Genève) pourrait être « soluble » avec une utilisation générative (et non pas via une narration linéaire ou en arborescence). Ces quelques projets ne seront pas publics dans un premier temps, mais toute personne intéressée pourra recevoir une version de l’application smartphone dédiée ainsi qu’un accès aux films (cachés et accessibles via un mot de passe).

Lausanne. Il s’agit d’une adaptation réalisée cet hivers dans le cadre d’un mandat pour la ville de Lausanne (voir les détails dans ce billet). Malheureusement, pour des raisons « politiques » (sur lesquelles je pense revenir prochainement) il n’est pas possible de présenter les fruits de notre travail: environ 500 vidéos (plans courts sans montage) ont été tournés lors de deux jours de tournage collectif, réalisés lors d’un « transect » à travers une portion délimitée du territoire lausannois (cf images ci dessous). Nous avons également été chercher quelques films d’archives et témoignages du web que nous avons également ajouté à la base de données, afin d’avoir d’autres points de vues sur le territoire.

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Une sélection (30%) des vidéos et photos produites durant les deux transects, sur une carte navigable et clicable.

PDCOM_MW-avril2013

Une capture d’écran de l’interface de notre application Memoways (le « back-end ») avec l’organisation des médias pour pouvoir utiliser ces médias en mobilité (walking the edit) ou via une carte (smartmap).

 Paris. L’adaptation à la Cité Universitaire de Paris (Paris Sud plus généralement) via le projet « Heritage Experience » existe déjà depuis quelques années (depuis 2010 pour être précis), mais nous avons optimisé les fondations du projet pour lui permettre une utilisation publique et « décentralisée » (indépendante de nous – la structure « Dédale » qui s’occupe de ce projet a ainsi maintenant toute la main sur le projet). L’application mobile HE – Paris Sud va sortir tout prochainement sur l’appstore et ainsi permettre cet usage public.

Un tour par la machine cinéma

Dans le cadre du laboratoire « Archives Fluides« , j’ai préparé la présentation suivante:

L’envie derrière cette présentation, complémentaire à celle ci, est la suivante.
Mettre en perspective historique les 3 moments importants de la machinerie cinéma: tournage (création de contenus), montage (éditorialisation de ces contenus) et diffusion (présentation et partage de contenus choisis).

« Aujourd’hui plus que jamais, l’objet audiovisuel se glisse partout en tout temps dans nos vies connectées – grâce à la dématérialisation de cet objet.

L’objet devient flux; la relation définie par le matériel (hardware) devient relation cadrée par un usage personnalisé (software)…
Ce qui est né dans le cadre de technologies aujourd’hui sur la scelette (la pellicule et la vidéo analogique) continuera d’exister (le cinéma comme art de raconter des histoires linéaires n’est pas mort, bien au contraire).
On peut par contre se poser la question de l’usage « natif » de la narration / expérience cinématographique avec les outils que nous utilisons aujourd’hui. Sachant que tous ces outils ont le même coeur, cerveau et métabolisme: un ordinateur qui calcule sur base de données binaires. »

Laboratoire « Archives fluides »

En collaboration avec Eternal Tour, j’ai mis sur pied un laboratoire de trois jours qui va réunir du 12 au 14 juin une dizaine d’artistes, chercheurs et architectes autour des questions suivantes :

– Archive et mémoire : du stockage (archivage) à l’usage (de notre mémoire – individuelle, collective), comment se lit et s’écrit une mémoire devenue numérique ?

– Auteur et spectateur : entre la personne qui donne (l’auteur) et la personne qui reçoit (le spectateur), les frontières sont de plus en plus poreuses. Comment initier de nouveaux pas de danse entre les deux parties, où l’œuvre peut potentiellement être le fruit de cette danse ?

– Matière et action : nous savons comment valoriser la matière (un objet d’art par exemple), mais nous sommes encore bien empruntés sur la valorisation d’une action (qui ne produit pas forcément d’objet). Comment donc présenter et valoriser ce chemin qui mène jusqu’à l’objet partageable ?

Participants: Pascal Amphoux, Donatella Bernardi, Enrico Natale, Hélène de Ribaupierre et Manuel Schmalstieg. Sous réserve, participation de Frédéric Kaplan, Nicolas Nova et Eyal Sivan.

Le laboratoire se donne comme objectif de synthétiser via une publication numérique interactive et ouverte toutes les pistes abordées et les conclusions provisoires: fragments de textes, photographies, vidéos sous formes courtes, enregistrements audio, dessins, cartes mentales, etc. Cette publication électronique sera réalisée en collaboration avec Cassandre Poirier- Simon et Nadya Suvorova.

La suite…

Retours d’ascenseur

Workshops Friday

© by Ivo Näpflin

Les quelques jours d’une présentation « à domicile » dans le cadre de la conférence Lift ont été très denses:
– nous avons pu assurer une présence durant les 3 jours grâce à la disponibilité de David et de Alexa; il a été en tout temps possible à des curieux d’emprunter notre iPhone avec l’application WE et de faire un tour dans le quartier;
– sur les personnes qui sont passées demander des informations sur le projet, environ la moitié a été « marcher » un film;
– il y a eu quelques discussions et réactions très intéressantes, avec à chaque fois une marque d’intérêt prononcée sur le potentiel du dispositif – peut-être que l’une ou l’autre de ces discussion pourra aboutir sur une adaptation ou application concrète…
– le workshop était presque plein – les deux heures à disposition ont juste suffi à présenter le projet et réfléchir ensemble sur les questions que soulève le projet. Le principal se fera sans doute par la suite, grâce aux contacts qui ont pu être fait à cette occasion.

Il y avait une ambiance très intense au CICG, et les quelques conférences que j’ai pu suivre (Etienne Mineur, Kevin Slavin ou Hasan Elahi) étaient d’un très haut niveau, très bien « produites » et posant des questions intéressantes (dont certaines sont bien en résonance avec notre projet WE).

Quelques constatations généralisantes par rapport à la réception du projet WE dans un tel cadre:
– les personnes qui arrivent à entrer le plus rapidement dans le projet et qui projettent aussi leurs propres adaptations ou applications sont majoritairement des personnes qui ont un profil ou cursus professionnel polyvalent: ils arrivent à lier la dimension émotionnelle avec la technique tout en voyant l’intérêt dans le processus de mémoire jouée à de multiples niveau sur un territoire donné. La curiosité n’est pas tout – il y a aussi le fait de considérer que dans toute expérience qui peut « prendre racine » il devrait y avoir un équilibrage et surtout complémentarité entre les divers muscles et organes sensitif dont nous sommes constitués;
– les personnes spécialisées ne voient souvent qu’un seul aspect et essayent de faire entrer le dispositif dans un « moule » déterminé et connu – et là évidemment le projet sonne absurde. C’est finalement assez répandu et se passe autant dans les domaines scientifiques, qu’artistiques ou économiques (ce n’est pas réservé à un type de métier ou d’activité). La grande question est de savoir comment ouvrir une porte pour susciter des réactions qui peuvent donner envie à « marcher »…
– il y a souvent eu les questions « à quoi ça sert? » et « qu’est-ce que ça peut rapporter » ? C’est un peu comme poser la question « à quoi sert un livre; un film ? », donc une question qui est à priori sans réponse objective possible; concernant la question d’une viabilité économique, c’est encore très difficile de répondre avec des modèles précis et basés sur des chiffres. Sans doute qu’il n’y aura que des réponses spécifiques liées à chaque adaptation particulière – on verra avec le temps. Mais il y a aussi la question d’une rentabilité dans le moyen terme lié surtout à des usages très personnalisables, avec des retours financiers qui ne sont pas forcément directs. Et là, les acteurs économiques poids lourds cherchent eux aussi comment se placer dans ce flux de données et de modèles de plus en plus brassé qui commence à échapper à tout le monde…

WE @ IM 2010: résumé de la présentation genevoise

Après une course contre la montre, nous avons pu finalement proposer au public de marcher des films via une application provisoire; l’application réécrite en natif sera terminée si tout va bien avant noël.

Sur les 3 jours de présence au BAC (cf images ci dessus), plus d’une vingtaine de personnes ont pu tester le dispositif; une fois que l’application démarrait (il fallait parfois 3 ou 4 tentatives avant que ça fonctionne), les marcheurs et marcheuses ayant bravé le froid des rues genevoises ont pu vivre l’expérience sonore sur le terrain puis directement voir leur film au retour de leur ballade. Grâce au nouveau dispositif technique, le visionnement des films a été grandement amélioré.

Ce qu’il faut savoir au regard des films qui ont été « marchés »:
– le moteur ne fonctionne pas encore correctement (le prochain gros chantier à aborder) – les films donnent un sentiment d’aléatoire malgré le montage « par grappe » de proximité;
– il n’y a pas assez de matière audiovisuelle variée (cf les films qui commencent par la même image, ou qui ont des séquences qui se retrouvent), il manque par exemple des archives ou des images venant d’autres tournages sur le territoire (fictions, documentaires, expérimental). Nous sommes dans le présent (les derniers 6 mois), donc d’entendre des bruits de chantiers alors que nous sommes les pieds dedans n’est pas des plus excitant;
– il y a clairement des pistes à suivre, qui ont été entrouvertes juste avant la présentation de décembre: les petites mises en scènes ou des images en décalage apportent un sacré plus, surtout si l’on reste évocateur, poétique;
– les scénarios d’usage prévus n’ont pas pu tous être proposés, cf le billet sur les scénarios;
– il y a aussi la question de la localisation des sons lors de la ballade (le réflexe est de chercher le lieu de provenance du son) ou le fait de pouvoir plus maitriser le film que l’on compose (via des critères de tri avant la ballade etc). Il y a clairement des pistes à explorer sur la manière de présenter les métadonnées lors de la ballade mais également lors du visionnement (montrer plus clairement quel est le média qui est joué, ce qu’il contient ainsi que de mieux évoquer son contexte, autant temporel que spatial).
Mais dans l’ensemble, malgré tout ce qui reste à développer et améliorer, les réactions des premiers testeurs sont plutôt positives et encourageantes: la bande son permet de « décoller » et de faire voyager son imaginaire (entre effet madeleine et salle de cinéma mentale); en revenant on a envie de voir son film de bout en bout pour vérifier / comparer…

Les marches collectives ont été relativement bien suivies (entre 10 et 20 personnes par jour), et l’expérience est à affiner (plus de préparation du performeur via des tests préalables, voir de visionner des images en amont; mieux délimiter son mode d’intervention). En effet, c’est une bonne porte d’entrée pour que le public puisse s’approprier le dispositif, de voir que finalement c’est très simple, il suffit de marcher… Lors de la dernière ballade nous avons fait tourner 3 iPhones entre les personnes du public, donc presque tout le monde a pu essayer le dispositif chemin faisant.

Quelques questions qui restent en suspens:
– analyser pourquoi personne de l’équipe du festival (à part 2 volontaires) ainsi qu’aucun invité (artiste, conférencier etc) n’a voulu essayer de marcher un film (en dehors des marches collectives). Manque de temps, de curiosité, peur de la technique, désintérêt ou manque d’informations claires ? Ce n’est pas la première fois que lors d’une présentation publique les personnes concernées en première ligne ne franchissent pas le cap, et c’est plutôt le « grand public » qui s’y frotte;
– dans cette lignée, encore réduire et rendre plus simple le mode d’emploi et la présentation du projet. En effet, il faut surtout donner envie d’essayer et ce n’est pas parce que l’on a pas compris le projet que l’on ne peut pas y arriver (ranger sa tête d’adulte de côté et mettre ses chaussures d’enfant: juste se laisser aller et vivre une expérience…);
– comment faire perdurer l’expérience une fois l’évènement de la présentation passé ? Maintenant il est clair que sans application qui puisse être installée de manière décentralisée il n’est pas possible de faire rebondir le projet, mais à l’avenir ce genre de plateforme pourrait lancer une dynamique d’usages …

Les deux dernières marches collectives:
Boris Wastiau

Walking the Edit @ IM2010: marche collective par Boris Wastiau from Ulrich Fischer on Vimeo.

et Maya Bösch

Walking the Edit @ IM2010: marche collective par Maya Boesch from Ulrich Fischer on Vimeo.

Première marche collective

Dans le cadre de la plateforme Image-Mouvement, la première marche collective conduite (de manière sportive) par Guillermo Botelho, filmé au pas de course par Alexa Andrey.

Une vingtaine de personnes ont bravé le froid et la nuit pour essayer de suivre Guillermo, piquant un sprint quand le film l’y invitait ou ralentissant son pas quand une voix se mettait à raconter quelques chose qui pouvait stopper sa course…

La vidéo qui garde la trace de ce film de 30 minutes:

Walking the Edit @ IM2010: performance de Guillermo Botelho from Ulrich Fischer on Vimeo.

Ce soir, vendredi 10, au tour de Nicolas Field de marcher son film en public.

Scénarios d’usage pour l’adaptation genevoise

Nous avons commencé à travailler sur l’adaptation genevoise depuis début juillet 2010; à l’époque, nous avions envie d’explorer les pistes suivantes:
– tournages sur le territoire délimité avec une équipe de réalisation (séquences documentant la réalité des lieux, portraits, ambiances etc);
– mises en scènes fictionnelles basés sur des scénarios d’usages divers (pour éviter de rester collé trop proche à la réalité d’aujourd’hui);
– placement d’images d’archives liées au territoire (venant des sources diverses, histoire d’avoir une profondeur temporelle);
– utilisation d’images venant d’artistes invités dans le cadre de Image-Mouvement (permettre au public de marcher des films basés sur des images d’artistes en lien avec la plateforme I-M).

Pour plusieurs raisons, nous n’avons pu développer que les tournages documentaires (environ 2000 séquences placées sur le territoire à partir de plusieurs dizaines d’heures de rushes):
– il est difficile de trouver des partenaires pour les images d’archives (pas de réponses, peur de libérer les images sur le net, indifférence ou incompréhension du projet etc) – il y aura pour le début 2011 des images venant des archives de pompiers genevois qui ont aimablement mis à disposition une partie de leurs archives;
– quelques images d’archives de Jean Ehret liés à la Genève alternative sont placés sur Artamis et l’Usine (images datant de la période 2007 – 2009);
– il a été impossible de mettre dans le coup des artistes invités à la I-M (manque de temps, soucis de droits), peut-être que dans un deuxième temps il sera possible de développer cette piste là;
– nous avons pu essayer une seule piste de mise en scène (une souris humaine venant des catacombes genevois), mais pour que cela fonctionne réellement il faudrait plus;
– par contre, en parallèle du travail sur les quartiers de Plainpalais et de la Jonction nous avons ajouté un petit territoire supplémentaire: l’ilôt 13 (situé juste derrière la gare). Ulrich Fischer y a habité durant presque 15 ans et filmé entre 1991 et 2006 beaucoup d’images aux formats variés (Super-8, 16mm, betacam, Hi-8, DV etc). Quelques 200 plans sont maintenant posés sur ce bout de quartier et voici un film exemple.

En somme, il faut considérer que cette présentation permet avant tout de se faire une idée de la mécanique du projet (comprendre comment ça fonctionne) et de pouvoir projeter des nouvelles pistes et développements qui pourraient se faire dès 2011 si nous trouvons des moyens financiers complémentaires et / ou des partenaires avec qui il est possible de développer des scénarios spécifiques (archives, nouveaux tournages, images d’artistes etc).

Très concrètement, le scénario d’usage qui est utilisable au jour d’aujourd’hui est intitulé « Notre territoire »; le scénario « Les alternatives » lié à la Genève alternative est encore très incomplet mais permet de « creuser » un peu dans les vestiges culturels chamboulés depuis quelques années. Au début de chaque parcours enregistré le spectateur / visiteur pourrait en principe choisir son scénario d’usage et ainsi recevoir prioritairement un certain type de film; pour le moment, la plupart des films se feront sur base des images documentaires actuelles.

A suivre…