Design de l’application mobile Traverse

En complémentarité au billet sur l’application d’éditorialisation, cette publication présente le design de l’application mobile Traverse.

En attendant d’y intégrer les « bons » contenus (images, textes etc), les écrans présentés dans ce billet permettent de:

  • découvrir les fonctionnalités principales: mode découverte et mode exploration
  • comprendre la création de playlists
  • avoir une impression de l’expérience utilisateur via le design et les concepts d’ergonomie d’usage

Grâce au travail considérable réalisé par 8Bit Studio, les développeurs de Mobile Thinking peuvent maintenant démarrer le travail de programmation, pour aboutir au début de l’été à une version beta de l’application mobile.

 

Il y a une bonne quarantaine d’écrans différents – il ne s’agit pas de tous les présenter ici, mais juste un condensé des principaux.
Avec l’objectif de présenter les particularités originales de cette application de découverte et de partage du patrimoine.

Rappel: ne pas nous tenir rigueur des contenus et des textes présents dans les images présentées ici: il s’agit d’exemples sans fondement, juste pour se faire une idée.

Mode découverte

C’est le mode par défaut: on est pris « par la main », de manière généreuse et personnalisée, pour découvrir une histoire du patrimoine basée sur des fiches descriptives mises dans un contexte narratif (cf le billet qui explique l’édition des contenus).
Au démarrage de l’application plusieurs playlists nous sont recommandées, sur base de notre localisation, des évènement en cours, d’un choix éditorial (à définir).

Nous allons voir plus bas que n’importe quel utilisateur peut créer ses propres playlists, qu’il peut ensuite partager. Les playlists « officielles » (issues d’un des partenaires du projet) vont être présentées différemment que les playlists des utilisateurs.

Ce mode est donc parfait si on ne sait pas ce qui nous intéresse particulièrement, ce que l’on a envie ou même besoin de chercher – on découvre, simplement, à travers le partage d’expertise de quelqu’un d’autre.

Voici quelques écrans du mode découverte (les exemples sont factices !):

 

 

Les enjeux et les promesses du mode découverte:

  • recevoir une histoire. Chaque playlist est une combinaison unique de fiches, qui mises bout à bout développent un fil narratif, structuré par des « passages de témoins » entre les fiches (le bouton bleu au bas d’une fiche);
  • découvrir les liens entre les lieux du patrimoine. Les playlists peuvent raconter l’histoire d’un lieu, comme partir d’un lieu pour en faire découvrir d’autres;
  • proposer des regards et usages transversaux. On peut démarrer une playlist sur un mode descriptif pour terminer la consultation sur un mode plus poétique. L’enjeu est de ne pas proposer qu’un seul regard ou posture scientifique, mais de faire la part belle aux associations d’idées;
  • découvrir d’autres histoires à partir de l’histoire en cours. Il est à tout moment possible de « dériver » sur d’autres playlists ou fiches, selon les besoins, questions, envies personnelles. Une fonction historique permettra de revenir sur ses pas et retrouver le fil de la narration.

 

Mode exploration

Le mode exploration permet d’aller chercher précisément des informations, des histoires, des contenus selon des critères multiples.

 

 

Ce qu’il faut retenir du mode exploration:

  • il est possible d’enregistrer ses filtres
  • la navigation entre playlists, fiches, mode liste et mode cartographique garde le filtrage actif
  • une fois que l’on a défini un filtre, on peut passer dans un mode découverte, en découvrant une histoire qui correspond à ce qui nous intéresse (par exemple une thématique, un lieu ou une personne)

Création de playlists

Comme vous l’avez peut-être remarqué sur les visuels, il y a une fonction qui permet d’ajouter une fiche à une playlist.
Cela permet de garder une fiche dans un album (la playlist), que l’on peut organiser comme on le souhaite (ordre et description). Si envie, il est possible de publier la playlist pour un partage public – par défaut les playlists restent privées.

 

 

Les points importants de la création de playlists:

  • pouvoir définir un titre, une description, une image représentative, une affiliation à une thématique, des mots clefs choisis dans une liste héritée des fiches incluses dans la playlist
  • définir le mode: privé ou public (partagé)
  • pouvoir trier les fiches de la playlist dans un ordre choisi
  • pour partager sa playlist en mode public, il faut passer par une création de compte sur la plateforme Traverse. Cela se passe soit via un login Facebook / Twitter, soit par la création d’un compte avec mail et mot de passe. Les écrans de création et de gestion de compte ne sont pas inclus dans cette présentation ici, pour ne pas surcharger…

Voici donc les écrans principaux, en mode statique / non interactif et sans réelle base éditoriale consistante (tout est « fake » pour le moment).

Rendez-vous au début de l’été pour pouvoir tester cette application… !
Toute personne intéressée peut recevoir une invitation pour faire partie des beta-testeurs sur la plateforme Android (pour faciliter et rendre plus efficace le développement, nous nous concentrons que sur la plateforme Android pour la phase beta. Une fois validée, la version publique existera bien sûr aussi pour l’univers iOS d’Apple).
M’envoyer un email pour signifier votre intérêt et je vous ajoute à la liste des personnes invitées à tester cette application.

Plateformes de vidéo interactive

Sur le chemin de la construction d’un outil (en l’occurrence notre application web Kura), on regarde forcément d’un œil curieux les autres outils apparentés ou complémentaires.
Pour y chercher ce qui est similaire (animé par le besoin de faire partie d’une famille, d’une mouvance) mais également pour pointer les différences, de manière à préciser son propre positionnement spécifique.
Et aussi pour apprendre: des erreurs / errances des autres, des succès, des solutions bien pensées ou des fausses bonnes idées, des approches entrepreneuriales…

Ce billet qui liste quelques plateformes de création de vidéo interactive s’adresse à toute personne voulant publier une ou plusieurs vidéos sur le web, en ayant à cœur de proposer une expérience plus interactive et engageante que la simple lecture d’une vidéo partagée sur YouTube par exemple.

Mais c’est quoi la vidéo interactive ?

Avant de continuer, j’aimerais juste revenir sur le terme « vidéo interactive » que j’ai utilisé dans le titre de ce billet.
Comme il faut faire court et compréhensible pour tout le monde, la combinaison de mots « vidéo » + « interaction » va ouvrir, je l’espère, la perspective vers une promesse plus active et potentiellement personnalisée à la vidéo sur le web.

En somme, que l’interactivité symbolise le mariage idéal et bien équilibré entre la vidéo et le web…
On a d’un côté la force émotionnelle d’une histoire délivrée par la vidéo et de l’autre, l’attrait vertigineux de la découverte rendue possible par Internet.

Qu’est-ce que cette alliance peut-elle bien enfanter ? Peut-être le responsive storytelling… ?

En tout cas, pour démarrer de manière concrète, les plateformes vidéos présentées ci dessous.

Quels sont mes partis pris dans cette sélection d’outils ?

En préambule, j’aimerais partager les informations suivantes qui cadrent les choix de cette liste et nourrissent mon opinion sur ces outils:

  • J’ai rencontré la grande majorité des créateurs de ces outils. Des trentenaires pour la majorité, sinon des quadragénaires, venant de métiers créatifs divers (contenus documentaires, projets web d’agence etc), ils ont fait le constat que l’on est en manque d’outils adéquats pour créer des projets vidéo&web qui vont au delà de YouTube.
    En somme, il s’agit de combler un vide entre l’offre classique des grands groupes (Apple, Adobe, Google etc) et les projets custom, qui sont souvent hors de portée budgétaire des producteurs de contenus.
  • Les rencontres étaient cordiales, ouvertes, sans paranoïa de concurrence: on se rend bien compte que dans ce monde de plus en plus globalisé et interconnecté on ne peut pas survivre en bricolant seul dans son coin.
  • Malgré les envies de partenariat entre Memoways et certaines de ces plateformes (connexion entre les outils pour proposer une offre élargie) et de collaboration sur des projets (one shot avec des clients), cela ne s’est pas encore réalisé jusqu’à aujourd’hui. Je ferais peut-être un billet spécifique sur cette question un jour…
  • J’ai testé superficiellement la plupart de ces outils; j’ai pu travailler de manière plus soutenue avec deux applications (Panda Suite & Interlude – qui est devenu EKO). Cela veut dire que ce billet ne fournit pas un mode d’emploi rapide sur ces outils, mais plus une vision générale sur certaines applications de création vidéo&web, que l’on peut tester et utiliser sans trop de connaissances techniques préalables et souvent sans y laisser de l’argent – en tout cas dans un premier temps.

Voici donc une liste d’applications qui permettent de créer des expériences spécifiques avec de la vidéo, groupées par type de promesse.

Vidéos augmentées par zones cliquables

Comment ajouter des informations contextuelles sur la vidéo elle même ? Comme des liens, des contenus additionnels, au moment où se déroule l’action ?
Comment acheter le pull qui est porté par cette actrice, comment en savoir plus sur l’enjeu dont on parle, comment soutenir l’artiste avec une donation ?

Teleport.ninja ne vient pas trop loin de Genève: c’est à Lausanne que ses concepteurs ont développé les premiers prototypes, avant de se lancer dans la construction d’une application web qui permet d’enrichir une vidéo scrollable avec des éléments d’informations complémentaires.

Spécificités:

  • on scrolle à travers la vidéo, ce qui permet de gérer la vitesse de consultation et les moments d’interaction de manière très fine et plus « sensuelle » qu’un simple clic play
  • on peut placer des éléments cliquables, qui fonctionnent également comme des chapitres, pour aller naviguer rapidement d’un moment / endroit à un autre et on se fait « téléporter » sans délai…
  • comme ce n’est pas vraiment une vidéo que l’on manipule: les images source de la vidéo doivent être stockées sur leur plateforme. Le compteur YouTube ne tourne donc pas
  • surtout utilisé pour découvrir des lieux ou comme outil de tutoriel (muet) plus facile à manipuler qu’une vidéo classique
  • pas vraiment adapté pour raconter une histoire – ni pour écouter quelqu’un
  • Update du 06.03.2017: Teleport va permettre, dans les semaines qui suivent, le playback en mode vidéo avec son. Ils ont écouté les besoins de leurs utilisateurs et ont ajouté cette possibilité…

Teleport – supercharge web video

Teleport is a new way to distribute and consume video on-line. In a Teleport, the user is free to navigate at will by scrolling, or jump at any point in the content. The image can be contextualized: images, texts, videos, social media integrations can all be used to enrich it.

Storygami vient de Londres, avec comme concept principal l’enrichissement de vidéos avec des layers ajoutés à l’image et avec une plateforme de valorisation de ses créateurs intitulée Maven.

Spécificités:

  • créer des « call to action » permettant de payer les artistes avec des micro-donations
  • ajout d’informations additionnelles en relation avec la vidéo, accessible via un menu global
  • plateforme de présentation Maven des projets créés avec Storygami
  • utilisation de YouTube comme plateforme vidéo; Storygami permet simplement un ajout de layers d’interaction et la plateforme Maven pour fédérer une communauté de créateurs

Storygami – Interactive video for everyone

Storygami is the easiest interactive video tool for creators and brands. Drag and drop interactive elements like articles, polls, email capture forms and payment buttons into your videos in minutes. Storygami helps creators earn revenues, grow communities and build a home for their viewers.

ThingLink est principalement utilisé pour ajouter des informations par dessus une image fixe; depuis peu, il est aussi possible de rajouter des tags cliquables sur des images 360° et des vidéos.

Spécificités:

  • création de tags spécifiques simplement en ajoutant une url à un moment donné de la vidéo; positionner le tag, définir une durée et customiser le carte qui va s’afficher
  • un clic sur le tag va ouvrir une petite fenêtre avec l’information additionnelle et mettre la vidéo en pause
  • possibilité de développer ses propres tags et de customiser les cartes ajoutées à la vidéo
  • plateforme très bien documentée, qui permet la création personnalisée (via leurs APIs) de plusieurs usages comme l’éducation, le marketing etc
  • ajout de points d’information sur des vidéos 360°

ThingLink – Make Your Videos Interactive

ThingLink – Make Your Videos Interactive

Ils se disent être les premiers à faire de la vidéo interactive avec des hotspots qui suivent l’action dans la vidéo; depuis 2010 Wirewax développe un outil permettant de faire un lien dynamique entre un visage ou objet dans la vidéo et un tag.

Spécificités:

  • usage de diverses plateformes vidéo, dont YouTube, par dessus lesquels leur logiciel en ligne crée des zones cliquables automatiquement (avec détection de visages ou d’objets via un algorithme)
  • édition de zones clicables dans le temps et avec du tracking vidéo automatisé
  • leur propre player permet une customisation et un usage le plus poussé
  • bien pensé: un clic sur un tag garde l’information dans un panier, à consulter plus tard. L’interactivité ne se passe donc pas au détriment de la vidéo…

WIREWAX – No.1 Interactive Video Technology

Create interactive video and shoppable video with the number 1 technology, as chosen by Ted Baker, Disney and the BBC.

 

En résumé.

On le voit dans ces exemples, il y a souvent un conflit entre le visionnement d’une vidéo (où l’on veut à priori protéger l’histoire) et les informations complémentaires que l’on peut aller chercher directement dans la vidéo (où l’on veut amener les visiteurs / spectateurs dans une nouvelle direction).
Le fait de pouvoir garder en mémoire les objets sélectionnés pour une utilisation en aval de l’usage, comme le prévoit WireWax, me semble être une bonne pratique.

Un autre point qui ne me convainc personnellement pas vraiment, c’est le côté statique et figé du lien entre la zone cliquable et le contenu additionnel. On se retrouve un peu comme dans les années 1990 devant un CD-ROM à cliquer sur des zones, avoir l’information, puis revenir à la branche principale…

Mais si l’on veut amener le visiteur sur diverses pages importantes, à partir d’une entrée principale qu’est une vidéo qui engage émotionnellement, ces divers outils ont tous des arguments valables pour aider le producteur vidéo sur son chemin vers des usages web plus personnalisés.

Les principaux atouts de ces applications présentées dans cette section sont: simplicité dans la création, vitesse de publication d’un projet et parfois de la personnalisation.

Projets vidéo transmedia / multimedia

Les outils qui sont présentés dans cette section sont les plus puissants et les plus complets au niveau des fonctionnalités de création d’interactions personnalisées. Le prix à payer est la complexité de leur utilisation…

L’équipe qui développe Racontr à Paris a commencé le développement de son application web à partir de la plateforme Djehouti il y a quelques années. Depuis, ils ont développé un éditeur web puissant et bien complet.
Leur projet est ambitieux, car cet outil permet plus que « simplement » créer des projets vidéos: des mini-sites, portfolios personnalisés, projets transmedia etc.

Spécificités:

  • outil d’animation par calque, multimédia
  • gestion de projet collaborative
  • publication avec intégration sur un site web
  • l’outil demande l’utilisation de Flash; cela se voit aussi dans l’interface compliquée avec l’héritage un peu chargé des applications Adobe…
  • devant la complexité d’usage, ils proposent une aide pour réaliser les projets plus importants

Découvrez notre solution et notre Studio Créatif | Racontr.com

Avec RacontR, créez des présentations interactives à votre image, des rapports annuels, du contenu marketing et bien d’autres contenus narratifs.

L’application desktop Klynt est une solution proche de Racontr: ils viennent aussi de Paris; les clients et modes d’usages proposés sont très proches.
Il faut télécharger une application OSX ou Windows, se créer un compte chez eux pour ensuite pouvoir bénéficier d’un studio de création multimédia.

Spécificités:

  • interface de création de liens par embranchements visuels (un peu comme un mindmap)
  • preview WYSIWYG et panneau d’interactions avancées
  • export vers un player responsive (pour le mobile et les diverses tailles d’écran)
  • intégration de diverses plateformes vidéo (Vimeo, Brightcove etc) avec mini player responsive
  • permet de créer des projets propres et statiques, qui sont comme des DVD-ROMs sur le web
  • pour des usages plus avancés et personnalisés sur leur player, ils mettent à disposition une API
  • comme Racontr, leur logiciel est plutôt compliqué à prendre en main; il y a heureusement des tutoriels

Klynt.net | Klynt is an interactive editing & publishing application dedicated to creative storytellers.

No Description

L’équipe de Panda Suite est la plus jeune et la plus sympathique des agences parisiennes; toujours très réactifs et attentifs aux besoins de leurs utilisateurs, leur application web n’est pas spécifiquement dédiée à la vidéo, mais à des projets web que l’on peut créer sans devoir se mettre au code.

Spécificités:

  • création d’applications (web, mobiles) avec possibilité de publier sur les stores (iOS et Google Play)
  • accès à des notifications push, l’indexation du contenu et des liens universels, tout en ayant la possibilité de mettre à jour continuellement son application
  • mode privé et mode public
  • multitude de composants pour personnaliser l’application, y compris avec accès aux capteurs des appareils mobiles
  • interface plus claire et mieux pensée que Klynt et Racontr, mais la courbe d’apprentissage reste assez raide tout de même

Create, Publish And Engage with Highly Interactive Apps – PandaSuite

Build awesome apps for smartphone, tablet and desktop (iOS, Android, HTML5) – Create and preview your projects for free – Without any coding

 

En résumé

Ces 3 applications parisiennes (ah oui tiens, est-ce vraiment un hasard ?) permettent de créer des projets bien plus ambitieux: projets transmedia, mini-sites, campagnes de marketing etc…
Cette puissance liée aux fonctionnalités avancées a un prix: il faut prendre quelques heures pour se familiariser avec ces solutions. Heureusement qu’il y a des tutoriels, et que certaines structures, comme j’ai pu l’expérimenter avec Panda Suite, sont très réactives et offrent une aide personnalisée.

Reste que pour réaliser des projets plus conséquents, il faut aussi mettre la main au portemonnaie: les coûts d’utilisation se chiffrent sur plusieurs centaines d’Euro, en fonction des besoins.

Vidéo interactive

Les plateformes dont il est question dans cette section permettent de créer des narrations vidéo à embranchement.
Il faut donc créer au départ les vidéos de manière à pouvoir proposer une navigation avec plusieurs choix – un peu comme les histoires dont vous êtes le héro…

Eko vient d’Israel avec des financements américains. Au départ appelée Interlude / Treehouse, cette plateforme a été créée par un musicien qui a voulu permettre la création de clips vidéo interactifs.
Ils sont maintenant une plateforme bien financée qui permet de créer des projets de prestige, hébergent une communauté de créateurs et proposent un studio de création web pour publier des projets vidéos à embranchements.

Spécificités

  • leur application web est liée à l’usage de Flash (point négatif) mais l’interface est relativement intuitive: le logiciel n’est pas trop complexe à apprendre une fois que l’on a saisi les bases
  • connexions entre les vidéos par nodes; il faut créer des « arbres » des liens vidéo, ce qui va définir la navigation entre les vidéos
  • presets et customisation des éléments d’interactions
  • il faut télécharger un logiciel pour uploader les vidéos; ne prend pas en considération des vidéos venant d’ailleurs que leur propre plateforme
  • leur player et les interactions avec les vidéos sont très réactives: on a pas l’impression que l’on change de vidéos tellement les transitions sont rapides et invisibles…

Eko

Welcome to Eko, your new home for interactive video. Step in to the story and discover original interactive comedy, drama, and music series that put you in control.

 

Enfin des américains et une femme: Rapt media a été fondée en 2011 par Erika Trautman à Boulder Colorado.
Avec au départ un simple éditeur pour passer d’une vidéo à une autre (comme Eko, mais en beaucoup plus simple), la société se positionne maintenant comme plateforme professionnelle pour des solutions dédiées à des business cases particuliers: RH, éducation, présentation de produits…

Spécificités

  • outil de composition avec éditeur de chemins, avec zones d’actions
  • timeline pour adapter les boutons avec temporalité
  • publication des players avec code embed
  • API pour la customisation du player vidéo
  • les vidéos sont uploadées et stockées sur leur plateforme
  • lien vers les tutoriels

Enterprise Class Interactive Video Platform

Rapt Media offers interactive video technology that enables businesses to build navigable, user-controlled video experiences that empower your audience.

En résumé

Ces deux applications sont nettement plus simples que les trois solutions présentées dans la deuxième section. Ils sont restreints à de la vidéo et permettent juste une navigation rapide entre des vidéos branchées ensemble via des « nœuds » (arborescence de liens à choix multiples).

Les résultats sont convaincants en terme de réactivité; il demeure que l’on reste face à des projets statiques et fermés – comme un CD ou DVD-ROM.
Cela peut clairement être un objectif en fonction du projet. Cependant, si l’on veut permettre un usage vivant, évolutif et organique à l’image du web, il faut plutôt se tourner vers les solutions de la prochaine section, qui va présenter diverses plateformes de navigation dans des vidéos.

En attendant la navigation à l’intérieur d’un flux de vidéos

Plateforme de remix & navigation vidéo

YouTube est clairement « the place to be ». 400 heures de vidéos uploadées chaque minute; 1 milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour… et maintenant avec la possibilité de voir la télévision (américaine) en live. De quoi garder encore plus captif la nouvelle génération au sein d’un univers vidéo tentaculaire.

Reste à voir comment on accède aux vidéos de qualité qui nous intéressent personnellement dans cette masse gigantesque de contenus; là pour le moment c’est l’algorithme de Google qui s’en charge – on y reviendra parce que c’est clairement pas à l’avantage des créateurs de contenus eux même.

Les quelques plateformes présentées ci dessous apportent des solutions élégantes pour naviguer à l’intérieur de vidéos, qu’elles soient longues ou courtes.
C’est déjà un premier pas pour aider le spectateur dans son expérience vidéo sur le web.

Vibby nous vient de New York, mais l’équipe de développement se trouve en Europe. Ils ont bien vu que les longues vidéos ne sont souvent pas regardées jusqu’au bout – non pas parce qu’elles ne sont pas de qualité, mais parce que les spectateurs n’y trouvent pas tout de suite ce qui les intéressent.
Ils ont donc développé un outil web qui permet à tout un chacun de chapitrer n’importe quelle vidéo et de partager son « digest » de la vidéo avec que les portions choisies.

Spécificités

  • création simple et intuitive de chapitres, avec les détails du segment à rédiger sous forme d’un commentaire – qui peut démarrer une conversation en permettant de commenter le commentaire !
  • l’édition des chapitres est bien réalisée (avec effet élastique lorsque l’on veut rallonger ou raccourcir le chapitre…) et le flux de travail est bien présenté et simple
  • plateforme publique avec les vidéo qui ont été chapitrées; ce n’est pas encore un lieu de rendez-vous avec beaucoup d’intérêt…
  • on peut embeder ses vidéos chapitrées, qui sont elles-mêmes stockées sur YouTube. Vibby est simplement une interface par dessus YouTube qui ajoute la fonctionnalité de visionnement par chapitres

vibby.com

Every second counts. Intelligent playback of highlights cuts the fluff and saves you time. Smooth conversation flow and one-click social sharing help you connect with friends. Easy-to-use platform makes creating and sharing highlights a breeze.

Videogram est une plateforme développée par une équipe très mixte: indiens, japonais, américains… avec des sièges de la société mère Cinemacraft dans plusieurs pays.

La principale particularité est la présentation des vidéos sous forme de cartes avec des multiples vignettes, représentant divers moments dans la vidéo. Il est possible de rapidement naviguer de partie en partie à partir de la présentation.

Spécificités

  • outil de création de Videograms, où l’on peut soit récupérer des vidéos depuis une multitude de plateformes vidéo (YouTube, Vimeo, Facebook etc) ou alors uploader sa vidéo directement dans leur cloud vidéo
  • la génération du Videogram est totalement automatique; on reçoit un mail après quelques minutes (ou quelques heures, comme moi dans mon test) avec le lien vers la vidéo
  • leur site et leur outil faut un peu « usine à gaz »; on sent un développement pas très unifié et qu’ils lancent des idées et injonctions à tout va. Il y a aussi quelques dysfonctionnements dans la partie profil…

Videogram:

No Description

Voici en exemple avec ma vidéo sur le responsive storytelling

En résumé

Ces solutions simples de valoriser des parties d’une vidéo sont une bonne base, qui donne un peu plus de critères de choix au spectateur pour voir (ou pas) une vidéo. Mais devant le tsunami de vidéos existantes, cette mesure peut aussi faire l’effet inverse !

Maintenant, mon rêve est de pouvoir lier des vidéos, et encore mieux, des fragments de vidéos les uns aux autres – pour permettre des nouvelles mises en relations et surtout une navigation fluide à travers un flux de vidéos, interconnectées par des choix éditoriaux. Et ceci de manière non destructive ni exclusive !

Un autre billet spécifique reviendra sur mon rêve…

Ouf – la liste était longue… on est arrivé au bout !

Si un outil manque, ou qu’il y a une erreur à corriger, merci de m’envoyer un mail et je complète.

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

meteor-dinosaur

La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

apps-video-web-rond

Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

clown-cemetery

Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

Memowalk-record12-web

Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Kura, le nouvel outil vidéo de Memoways

Comment proposer une expérience personnalisée, vivante et évolutive avec de la vidéo sur le web ?

Il y a bien des projets de « players » vidéo tel que Comet ou d’autres solutions; cependant pour pouvoir préparer, publier puis développer un projet original de manière maîtrisée et collaborative, il faut un outil d’indexation et d’éditorialisation qui tire parti du changement de paradigme lié au devenir immatériel des contenus audiovisuels.

Nicolas Goy – mon associé dans Memoways – travaille depuis quelques mois sur Kura, notre application web qui permet d’éditorialiser des vidéos sur le web. Nous capitalisons sur notre expérience liée à Tansa (une application OSX par Fabrice Truillot) et à Michi (une application web par Nicolas Goy), que nous avons développé entre 2013 et 2015.

kura-load

Dans les grandes lignes, Kura permet de:

  • importer des vidéos par url (YouTube seulement pour le moment) ou alors en se connectant à son propre compte YouTube
  • gérer ses vidéos avec un système de labels
  • créer des listes ordonnées de vidéos, en utilisant des mots (concepts) comme « lien » entre des vidéos
  • ajouter des markers (mots clefs avec une durée temporelle) pour connecter des bouts spécifiques d’une vidéo avec d’autres vidéos
  • créer des « spaces » par projet / client / usage
  • inviter et gérer des collaborateurs

Avec cet outil, nous pouvons réaliser des projets Comet, pour des usages comme:

  • découvrir et apprendre avec des vidéos liées sémantiquement entre elles: enjeu pédagogique, partage de connaissance et de savoir
  • valoriser des contenus, comme des bonus liés à la vidéo principale: enjeu de storytelling
  • informer et engager le public avec une entreprise, un produit : enjeu marketing

Nous allons présenter cet automne plusieurs projets réalisés pour des clients, qui permettront de se faire une idée concrète sur le potentiel de ces nouveaux usages interactifs et appropriatifs.

Et: nous sommes en train de plancher sur une version améliorée de Comet (Comet V2) – plus de nouvelles à ce sujet prochainement…

La suite…

Mediation du patrimoine avec le numérique

Dans le cadre du projet « Patrimoines en Partage » sur lequel je travaille depuis plus d’un an, j’ai été amené à faire un état de l’art des applications numériques de médiation du patrimoine culturel.

Pour synthétiser cette page de ressources très dense, je propose dans ce billet une analyse et appréciation de quelques applications choisies, avec une mise en avant d’arguments pour / contre.

Comme il s’agit d’expériences géolocalisées que je n’ai pas pu tester dans le contexte local, je n’ai pu me faire qu’une idée abstraite de la véritable expérience utilisateur sur place.
Néanmoins, j’ai essayé de sortir les points intéressants et le potentiel, tout en pointant sur les aspects – à mon sens – dépassés ou qui fonctionnent mal.

Ces points « positifs » et « négatifs » sont clairement des appréciations subjectives et personnelles, en appliquant les attentes et prérequis suivants:

La suite…

Applications Loretan pour iOS & Android

En complément du billet qui relate l’aboutissement du projet numérique lié au Mémorial Loretan, je vais maintenant présenter plus en détail les applications mobiles.

Nous avons prévu trois activités, proposées dès le lancement de l’application:

  • Visite du mémorial. Il faut être sur place dans le parc, à Bulle. Nous avons préparés trois playlists, où les contenus sont diffusés en fonction de sa propre localisation dans le Mémorial. L’idée ici est de pouvoir accéder à des contenus en relation avec du bâti (banc, bloc de grimpe) ou de l’aménagement paysager (arbres). Par exemple, il faut s’asseoir sur le banc pour découvrir des interviews et des histoires racontées par Erhard Loretan. La visite du Mémorial est donc personnalisée: c’est tout l’enjeu entre le travail tangible et concret des architectes (Pascal Amphoux et Agathe Caviale) et notre travail virtuel et intangible. L’un complète l’autre – un dialogue s’établi entre le lieu, ses usages et ces applications mobiles qui permettent d’accéder de manière vivante et interactive à la mémoire de Erhard Loretan.
  • Consultation libre. Ce mode permet de découvrir – à travers trois playlists et une navigation par tags – des vidéos depuis n’importe où dans le monde. Il est également possible de « liker » des vidéos pour les garder dans une playlist personnelle.
  • Marche ton 8000. Il s’agit d’une expérience immersive, en mode audioguide, qui permet à l’utilisateur de « grimper » avec Loretan sur un 8000… simplement en marchant ! C’est avec cette activité que cette application mobile prend véritablement un intérêt particulier: il s’agit de vivre une expérience que l’on ne pourra jamais avoir en regardant simplement des vidéos sur une page web.

A noter que pour avoir une expérience utilisateur satisfaisante pour les deux premières activités, il faut se connecter sur un WIFI – sinon les vidéos ne sont pas garanties de jouer de manière fluide.

Quelques captures d’écrans pour visualiser ces applications mobiles.

La version Android:

Le lien direct vers le téléchargement de cette application.

La version iOS:

La version iOS est encore en évaluation chez Apple (ça prend plus de 4 semaines actuellement pour faire valider une application…); pour tester la dernière version il faut m’envoyer un mail.

Voici une vidéo qui explique le fonctionnement de la version iOS de l’application mobile.

Merci à Fabrice Truillot de Chambrier, Jody Hausmann, Jérôme Marchanoff et Antoine Jaquenoud pour leur engagement de premier plan et la collaboration fructueuse !

Getting started with Memoways

remix-web

To test the Memoways platform with Tansa our OS X editing software and Memobeam our video remix tool in the browser, we offer following possibility:

  • Contact us and tell us about your project. You will either receive access to a personal workspace (you can then upload assets and test the whole system in the limit of 200Mo of uploaded video material) or you will get an invitation to get access to our demo workspace, where you can « play » with already existing assets.

You will get an email with an invitation to create your personal account: clic on the the link and create a new user with password.

michi-login-june2014-web

Once your account created, you need to perform following steps:

  1. Download Tansa, read the short tutorial (french / english is coming). Tansa is only working on OS X 10.9 Mavericks, so please make sure your computer is up to date.
  2. Enter your mail & password, select the workspace and wait for the workspace to load
  3. If you got a personal invite, you can upload and test with your own content; with the public demo workspace you can « play » with the already existing assets
  4. You can simply create a Beam just with « command b » in a project and watch the result in your browser, like this example.

tools-web

Memowalk video

Memowalk is our innovative smartphone application to « walk your movie ».
Walk your movie ? Yes, while walking you get automatically a movie based on footage coming from the place you are going through and which adapts the form of the narration to your behavior…
You walk fast ? You get a fast edit based on short clips. You stand still ? The story will be build upon longer clips, like interviews.

We made a short video to explain some of the possible usages that can be made with this generic application.

In short, Memowalk creates a personal story based on the interests, the localisation and the behavior of each individual user. It all depends on the content, the metadata (indexing of the content) and the settings of the editing engine.

It will be possible to get branded and personalized versions of this application.

Memowalk will be published as a free app on the App Store in May – until then we will tell more about the features and the user experience in a forthcoming post on this blog. Stay tuned !

Thanks to the team of C-Side Productions for providing the shooting material (shot on RED EPIC) and the team, to the protagonists and Sinner DC for the music. This video wouldn’t exist without Diogo Costa how was second cameraman with his Canon 5D and who did the editing & compositing.