Kura et Comet sous un même toit

Kura signifie en japonais « petite maison qui sert de coffre fort pour ses valeurs importantes ». En l’occurrence, pour les vidéos qui vous tiennent à cœur.
Que ce soit les vôtres ou alors des vidéos produites par d’autres personnes et mises à disposition sur YouTube: cet outil vous permet de toutes les mettre sous le même toit, de les classer et de les structurer de manière à partager ces vidéos de manière cohérente et orchestrée.

La grande nouvelle depuis le billet qui présente Kura: la mécanique de publication de players Comet fonctionne !
Il reste « juste » à finaliser l’expérience de navigation et de découverte pour pouvoir partager un projet fonctionnel.

Nicolas Goy est en train de mettre ensemble les dernières pièces du puzzle: le playback automatique et fluide de segments vidéo et la navigation à travers les playlists, à partir de la vidéo en cours de lecture.

Une playlist qui devient une vidéo

Tout le monde connaît le fonctionnement d’une playlist sur YouTube: une liste de vidéos qui se joue à la queue leu leu, selon un critère de sélection qui devient le titre de la playlist (best of; les trailers etc).

Pour nous, il manque les aspects suivants sur YouTube:

  • pouvoir passer d’une playlist à une autre, via des recommandations ou des connexions choisies. En effet, en tant que créateur de contenus, on aimerait bien que le spectateur découvre et visionne d’autres vidéos correspondant à ce qu’il désire;
  • mettre en avant des parties de vidéo, en lien avec le titre de la playlist. En effet, le spectateur n’est pas forcément intéressé de voir toutes vos vidéos en entier, mais juste certaines parties qui correspondent à ce qui l’intéresse.
  • protéger le spectateur de contenus qui ne font pas sens avec la promesse éditoriale du producteur de contenus. En effet, sur YouTube on a vite des vidéos recommandées qui ne correspondent ni aux envies du spectateur, ni au besoins du producteur de contenus (tout le monde clique facilement sur des vidéos de chat).
  • maximiser le temps de visionnement du spectateur sur les contenus et l’expertise du producteur de contenus. En effet, il est dans l’intérêt du créateur des vidéos de valoriser un maximum ses propres contenus et son expertise en y ajoutant d’autres contenus qui font sens avec son message.

Avec Kura et notre plateforme de publication de vidéo Comet, nous allons fournir sous peu une solution intégrée et intuitive pour répondre à ces enjeux et besoins.

Inscrivez-vous à notre mailing list pour être dans les premiers à tester cette nouvelle manière de publier des vidéos !

Kura en quelques lignes

Kura n’est pas une application de montage vidéo classique: cet outil simple d’usage permet de créer en quelques clics, de manière collaborative et efficace, des expériences vidéo interactives et personnalisées.

Vous voulez offrir à votre audience une navigation fluide et immersive au sein de vos contenus vidéo, en favorisant la découverte et stimulant l’engagement ?
Vous désirez profiter du pouvoir émotionnel de la vidéo pour délivrer un message qui s’adapte aux besoins et au contexte de chaque utilisateur, sans perdre la cohérence ?
Vous envisagez de vous profiler à travers un usage innovant et original de la vidéo, au delà du player vidéo YouTube ?

En résumé, Kura vous offre la création, la publication puis le partage de sites web entièrement basés sur la vidéo.

L’utilisateur peut naviguer dans un pool de vidéos choisies selon une thématique ou un objectif, reliées dynamiquement les unes aux autres par des mots clefs.
La découverte de vidéos est ainsi orientée, protégée par des choix éditoriaux tout en laissant une latitude de navigation personnelle. A tout moment, le visiteur pourra mettre en mémoire (liker) des vidéos, les organiser dans une playlist personnelle et la partager.

Kura est une application web qui fonctionne dans un navigateur.
Il suffit d’ouvrir un navigateur moderne (Chrome, Firefox, Safari…) et se connecter à son compte Kura pour démarrer la collaboration créative au sein de son espace de travail:

  • importer des vidéos, les organiser avec des labels
  • créer des playlists de vidéos à l’aide de mots clefs
  • segmenter des longues vidéos avec des markers, ajoutant ces extraits aux playlists
  • sélectionner et ordonner les playlists à publier via un projet vidéo
  • partager le projet sur les réseaux sociaux

A la différence de la publication des vidéos via YouTube, le projet que vous partagez avec votre audience est évolutif.
Vous pouvez à tout moment ajouter ou enlever des vidéos, changer les mots clefs ou les segments.

Vous proposez ainsi une expérience vivante, qui suit de manière agile les attentes et les intérêts de votre audience.

Kura en action

Organisation des vidéos dans la librairie grâce aux labels:

 

Ajouter des vidéos à une playlist:

 

Segmenter les vidéos grâce aux markers:

 

Créer un player vidéo pour publier votre projet:

 

A savoir que cette partie là doit encore être finalisée, c’est pour donner une idée de la mécanique de publication.

Pour en savoir plus sur la provenance de Kura et de Comet, une petite histoire:

La petite maison dans la Comet

Design de l’application mobile Traverse

En complémentarité au billet sur l’application d’éditorialisation, cette publication présente le design de l’application mobile Traverse.

En attendant d’y intégrer les « bons » contenus (images, textes etc), les écrans présentés dans ce billet permettent de:

  • découvrir les fonctionnalités principales: mode découverte et mode exploration
  • comprendre la création de playlists
  • avoir une impression de l’expérience utilisateur via le design et les concepts d’ergonomie d’usage

Grâce au travail considérable réalisé par 8Bit Studio, les développeurs de Mobile Thinking peuvent maintenant démarrer le travail de programmation, pour aboutir au début de l’été à une version beta de l’application mobile.

 

La suite…

Plateformes de vidéo interactive

Sur le chemin de la construction d’un outil (en l’occurrence notre application web Kura), on regarde forcément d’un œil curieux les autres outils apparentés ou complémentaires.
Pour y chercher ce qui est similaire (animé par le besoin de faire partie d’une famille, d’une mouvance) mais également pour pointer les différences, de manière à préciser son propre positionnement spécifique.
Et aussi pour apprendre: des erreurs / errances des autres, des succès, des solutions bien pensées ou des fausses bonnes idées, des approches entrepreneuriales…

Ce billet qui liste quelques plateformes de création de vidéo interactive s’adresse à toute personne voulant publier une ou plusieurs vidéos sur le web, en ayant à cœur de proposer une expérience plus interactive et engageante que la simple lecture d’une vidéo partagée sur YouTube par exemple.

Mais c’est quoi la vidéo interactive ?

Avant de continuer, j’aimerais juste revenir sur le terme « vidéo interactive » que j’ai utilisé dans le titre de ce billet.
Comme il faut faire court et compréhensible pour tout le monde, la combinaison de mots « vidéo » + « interaction » va ouvrir, je l’espère, la perspective vers une promesse plus active et potentiellement personnalisée à la vidéo sur le web.

La suite…

Création vidéo mobile

Je ne possède plus de caméra vidéo depuis plus de 2 ans, alors que depuis le début des années 1990 j’en avais toujours quelques unes sous la main: pour improviser avec des musiciens, filmer un spectacle, créer mes propres films, partir à la rencontre de lieux et de personnes, capturer ma propre vie…

Que s’est-il passé ?

A travers ce billet, j’aimerais faire un état des lieux sur les outils de création de vidéos et poser quelques enjeux, questionnements et réponses possibles en rapport avec l’envie (le besoin ?) de filmer.

En somme, de réfléchir sur les points suivants:

  • Les caméras vidéo n’ont plus le monopole pour la création de vidéos (le vampire smartphone est passé par là)
  • Quels sont les chemins (efficaces, créatifs…) à disposition des créateurs entre une idée, une envie, et des vidéos qui peuvent titiller les émotions et l’intellect des spectateurs ?
  • Lié à cette question, la nécessité de trouver la bonne adéquation entre le fond (le propos, le message…), la forme (un film d’auteur, des courtes vidéos, un flux d’images…) et la manière (une histoire à sens unique ou alors des contenus qui s’insèrent de manière interactive et personnalisée dans un flux de conversation…)

<mise à jour> Voici le lien vers une page qui regroupe de manière plus condensée et moins verbeuse des application mobiles pour le tournage.

Smartphone ou caméra vidéo dédiée ?

Bien que je filme maintenant presque exclusivement avec mon smartphone, je garde toujours les yeux concentrés sur ce que proposent les constructeurs de caméras.
Car j’aime créer des images en « jouant » avec les possibilités de l’optique (cadre, netteté, profondeur de champs etc) et en choisissant les réglages esthétiques.
Pour ce faire, il faut avoir son outil créatif bien en main, avec une ergonomie au service de la maîtrise des paramètres techniques et un son de qualité.
Dans cette perspective, même en augmentant le smartphone avec des accessoires (poignée, micros, optique…), la prise en main de cette petite savonnette technologique ne sera jamais comparable à une caméra vidéo bien pensée.

Oui, ok – mais cela ne suffit pas comme arguments.

La course en avant sur la définition (toujours plus de pixels), les poussées en direction du HFR / HDR (ah, toute cette technique) ou la multiplication des accessoires (pour bien « lécher » son image) ne m’intéressent plus vraiment. C’est mettre beaucoup trop d’importance sur l’esthétique et la forme, au détriment de la simple question: comment faire arriver nos contenus au plus proche du cœur de notre public ?
En outre, la surenchère des arguments techniques bruts prime actuellement sur l’optimisation bien pensée du workflow (ce n’est pas en ajoutant la connexion WIFI à un serveur FTP que la question est résolue).

Il me semble que cet outil devrait aider le créateur de contenus à se concentrer sur la mise au monde (simple, rapide et vivante) d’images qui stimulent une réflexion chez le spectateur et font résonner un engagement auprès des utilisateurs.
A noter ici le glissement du spectateur vers l’utilisateur…

Lequel de ces 3 « équipements » donne le plus envie de filmer ?
Comme je ne travaille pas sur des projets fictionnels (tendanciellement plus lourds), mon choix est vite pris…

Caméra smart ou pas smart ?

J’ai besoin de sentir que si je crée une vidéo, elle va pouvoir prendre « organiquement » une place dans le quotidien: au sein de mon contexte immédiat, connecté de manière fluide et évolutive avec d’autres contenus du même type. Ici et maintenant, sans devoir passer par les goulets d’étranglement complexes et lourdingues que sont les applications de montage comme Final Cut, Resolve ou Première.

Les constructeurs de caméras, héritiers du monde hardware orienté outil mono usage, n’ont visiblement pas compris l’importance du software: avec un système d’exploitation (OS) ouvert à l’installation d’applications de tierce partie (Android ?), les fonctionnalités d’une caméra pourraient prendre l’ascenseur… un peu comme lors de l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile.

Sony, Panasonic ou JVC sur le chemin de Nokia ?

meteor-dinosaur

La caméra comme instrument de musique ?

Filmer, puis directement retravailler selon les besoins et les envies dans une application dédiée, pour ensuite pouvoir partager, retravailler, recombiner – le tout avec le même appareil que l’on a toujours sur soi: c’est comme ça que j’ai envie de créer actuellement.
Bien sûr, pour produire des projets plus conséquents et exigeants, il faut prendre le temps, utiliser une machine et des applications plus professionnelles.

Mais comme un musicien fait ses gammes pour ne pas « rouiller » et pour parfaire l’expertise qu’il a de son instrument, je cherche à improviser, jouer, voir même faire des « jams » sur un mode de création collective…

Raccourcir le chemin entre l’idée, la réalisation et la publication; simplifier la complexité de l’acte créatif, en résolvant un problème à la fois; laisser le chemin guider vers le résultat et non l’inverse…
Voilà quelques unes de mes envies et besoins.
Et peut-être qu’à un certain moment, il y aura un concert – pardon -, un film qui va offrir au public un condensé cohérent de ce qui aura été découvert chemin faisant.

Ce n’est donc pas un monde contre un autre: les deux approches sont complémentaires, peuvent interagir tout en appartenant à des gestes et besoins différents.

Sous la caméra, une base de données !

En somme, mon objectif est de me constituer une base de données vivante et organique avec tous ces fragments créés au fil du temps.

Il est bien sûr possible d’utiliser une caméra « classique » pour ce faire; mais comme énoncé plus haut, le workflow entre la création de contenus, leur organisation et valorisation est trop lourd et inutilement compliqué pour l’appliquer au quotidien, à la manière d’un musicien qui fait ses gammes.

Du coup, le smartphone est l’outil adéquat et presque idéal pour réaliser cet objectif – et potentiellement plus encore.

Le smartphone étant en même temps le pourvoyeur de contenus et le périscope dans cet océan de contenus; l’outil qui me permet de créer des variations multiples et complémentaires sur un thème; l’enregistreur d’un moment particulier, que je peux capturer en « encapsulant » une ambiance dans une forme surprenante, en utilisant l’une des applications que l’on peut installer en un clic de doigt.

L’application fait le moine: travestir la vidéo grâce à son mobile ?

Pour en venir enfin à du concret: j’aimerais lister quelques applications de création vidéo mobile pour confectionner des vidéos courtes, de manière simple et ludique, pour une publication immédiate. Tout en se constituant une mémoire audiovisuelle vivante et organique…

apps-video-web-rond

Comme il y a des milliers d’applications de création photo / vidéo – dont une grande partie qui ne vivent pas très longtemps – je me suis limité à considérer les applications ayant au minimum les caractéristiques et fonctionnalités suivantes:

  • import / export de fichiers pour passer les contenus d’une application à une autre (et pour se constituer une mémoire);
  • facilité de prise en main, avec une interface et expérience utilisateur agréable et bien pensée (pour stimuler la créativité);
  • originalité du concept de création vidéo, prenant en compte des caractéristiques spécifiques du smartphone.

 Quel mobile à la création vidéo sur mobile ?

C’est une question importante, à laquelle je vais tenter de répondre avec une perspective historique, tout en pointant sur quelques besoins et des envies qui ne sont pas nées avec les nouvelles technologies.

Le cinéma a mis plus de 20 ans pour devenir 7ième art, il est donc normal que la forme adéquate, la grammaire spécifique au travail de création avec ce nouveau médium ne soit pas encore clairement visible et évidente.

La présentation « Machine Cinéma » ci-dessous propose un voyage dans le temps, de la naissance du cinéma à nos jours… pour pouvoir différencier entre l’attrait d’une forme narrative linéaire (le cinéma) et l’usage d’outils de création. Qui eux ont sacrément bougé depuis !

La machine Cinéma

Des outils de capture aux appareils de diffusion, en passant par l’éditorialisation (editing)

Ce que l’on voit, c’est que les outils de création, d’édition et de diffusion se « démocratisent » de plus en plus: l’occasion fait le larron. Mais pas que…

En produisant des contenus avec un smartphone, on peut se « libérer » des workflows lourds et (inutilement) complexes du cinéma classique en créant :

  • sans devoir livrer un chef d’œuvre (l’ambition du tapis rouge cannois repassera);
  • sans la pression de devoir tout dire au mieux, pour un public le plus large possible (le public n’est plus sur une unique autoroute);
  • sans la nécessité de devoir convertir les spectateurs en argent (le nombre de relais et la viralité est plus importante);
  • sans dépendance de collaborateurs ou de partenaires externes (ce qui accélère drastiquement le processus)

Le terrain de décollage et d’atterrissage des vidéos n’est plus limité à la salle noire ou au petit écran: il y a les écrans publics, nos écrans mobiles, et la déferlante (on verra bien si cela va être le tsunami annoncé) des lunettes VR/AR et consorts.
Les images sont parmi nous !

Ce qui semble être une banalité dans les usages du grand public n’est pas encore vraiment arrivé du côté des producteurs de contenus professionnels et historiques…

Comment donc s’approprier de manière créative, économique et logistique des promesses et possibles liées à ces « nouvelles technologies » (qui n’arrêtent pas d’être nouvelles, d’où les guillemets) ?

Sur le cimetière des applications disparues

Avant de regarder vers l’avant et d’imaginer des perspectives, il est intéressant de regarder dans le passé encore tout frais.

clown-cemetery

Dans le registre des applications de création vidéo mobiles prometteuses – à mon avis – mais qui ont dû récemment mettre la clef sous le paillasson:

  • Vyclone, pour synchroniser plusieurs smartphones ensemble et ainsi filmer en multicaméra, avec à la clef un montage automatique non destructif, que n’importe qui pouvait reprendre pour faire son propre remix des flux enregistrés;
  • Cinemagraph, qui mélange photo et vidéo pour créer des courtes boucles où l’on pouvait définir, en dessinant un masque avec son doigt, la partie de l’image qui devait rester en mouvement. Cela permettait de créer comme des courts haïkus poétiques, avec le temps comme protagoniste principal;
  • Mixbit, par l’un des fondateurs de YouTube, qui voulait apporter un outil de création collective, permettant le (re)mix de contenus partagés;
  • Blinks, qui permet d’agréger des contenus en fonction de mots clefs, en utilisant le langage naturel. En sélectionnant des tags, personnes, lieux, il était possible de générer une histoire en combinant les fragments disponibles.
  • Sympler permet le montage en pianotant sur une grille de vidéos, en rythme avec la musique. Ou comment remixer des vidéos, à chaque fois différemment, en fonction d’une bande son que l’on peut choisir.

Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter à cette liste de morts précoces notre propre application vidéo mobile « Memowalk« , qui a existé une année en version beta sans pouvoir passer le cap d’une commercialisation et mise à disposition publique…

Memowalk-record12-web

Toutes ces applications ont pris le risque de penser différemment la création puis la réception de la vidéo, en fonction des possibilités offertes par le smartphone (qui n’est autre qu’un petit ordinateur en réseau):

  • Connexion internet pour chercher et publier en presque live des contenus, pour gérer l’assemblage des contenus
  • Connexion entre appareils pour synchroniser des flux de vidéos, des interactions entre créateurs
  • Puissance de calcul dans la poche pour traiter des vidéos, afficher des informations additionnelles
  • Enrichissement automatique par des métadonnées (lieu, activité, personnes etc)

Ce que la mort d’une application peut nous apprendre

En utilisant ces applications sur smartphone, il faut bien être conscient des enjeux et caractéristiques suivantes:

  • Les contenus créés avec une application peuvent disparaître avec l’application. Cela m’est arrivé avec mes cinemagraphs, que je n’ai pas pu tous exporter avant la fin du service. Le problème du « walled garden« …
  • Il faut souvent une bonne connexion internet pour utiliser pleinement les fonctionnalités de l’application (attention au forfait de données hors WIFI).
  • Limitations dans la maîtrise du détail: au niveau du montage, des corrections (les gros doigts sur l’écran…). Trop d’automatisation peut tuer la créativité…
  • L’application mobile qui amplifie et cadre la créativité est souvent plus qu’un outil: c’est une plateforme qui vient avec son propre modèle économique… Avec le risque de confusion et de dépassement de certaines limites (publicité intrusive).

Danser avec les images, jouer avec les vidéos, maquiller son histoire…

Les applications listées ci dessous ont toutes un « cadre de jeu » limité et spécifique; aucune prétend remplacer un outil professionnel ou une application desktop existante: l’ambition est avant tout de mettre dans la poche du grand public un outil plus ou moins fun pour créer des vidéos.

Un dénominateur commun de la majorité de ces applications, c’est que la création de contenus (le tournage) est intimement imbriqué avec l’édition des contenus (le montage). Ironie de l’histoire: d’une certaine manière, on en revient au « tourné-monté » du temps du Super-8…

Caméra et projecteurs unis, comme ici ? (on revient de loin…)

institut_lumiere_-_cinematograph-web

By VictorgrigasOwn work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36486712

J’ose espérer que dans le futur pas trop lointain des applications mobiles plus ambitieuses, orientées « storytelling » et misant plus sur une stimulation intellectuelle que superficielle vont finir par arriver – et s’implanter de manière durable.

Slowmograph permet de réaliser des boucles qui passent d’un ultra ralenti à un ultra accéléré, permettant selon son créateur de faire le pont entre la photographie et la vidéo. Bien que l’intérêt artistique se discute, que les courtes boucles bourrées d’effets ne vont certainement pas changer la face du monde – les résultats ont souvent un attrait qui invite au partage…

Make slow motion GIFs & video loops in one tap.

Take a snapshot of something that’s moving… Mo turns it into a 3-sec slowmo loop that you can instantly share as GIF or video!

Boomerang est une application du mastodonte Instagram / Facebook qui permet simplement (et c’est une qualité) de réaliser des boucles animées. Entre photo et vidéo, l’enjeu principal est de capturer un moment « charnière » qui va être mis en boucle. Et hop…

Instagram lance Boomerang, pour créer des vidéos d’une seconde qui tournent en boucle – Blog du Modérateur

Thomas Coëffé, le 22 octobre 2015 Instagram présente une nouvelle application : Boomerang.  » Ce n’est pas une photo. Ce n’est pas un GIF. C’est un Boomerang « . Le principe est simple et plutôt fun : vous permettre de créer de très courtes vidéos (environ 1 seconde), lues dans un sens puis dans l’autre, qui tournent en boucle.

Funimate s’utilise un peu comme un instrument de musique, où l’on ajoute en live des effets lors de la lecture d’une ou plusieurs vidéos. Les résultats sont forcément blindés d’effets plus ou moins intéressants, mais comme d’habitude, si on prend le temps de joindre créativement le fond et la forme, il est possible d’aller au delà de l’anecdote et de provoquer un sourire, une réflexion, un étonnement…

Funimate

Create surprisingly fun looping videos and animated selfies. Quickly transform an everyday moment into a surprisingly fun looping video clip with never before seen animation effects. Add text over your Funimate, create your own animated selfie and easily share it on your popular social network.

Tiltology utilise l’accéléromètre du smartphone pour jouer une vidéo: si on ne bouge pas, rien ne se passe. C’est en inclinant et bougeant son smartphone que la boucle se joue. L’application permet aussi de créer des vidéos qui « tiltent », jouées ensuite sur l’application mobile.

Tiltology

No Description

Et comme perspective, une application mobile qui passe par des lunettes de soleil pour filmer en mode circulaire: Spectacles, par Snapchat (oups, non: Snap ‘because we’re a camera company’). Le hardware n’a pas dit son dernier mot… mais pas là où on s’y serait attendu !
Comme quoi il faut se méfier des marchands de lunettes

Spectacles by Snap Inc.

Spectacles are sunglasses that Snap! Tap once to make a memory – from your perspective. Then, relive it later in Snapchat.

snapshat-newvideo

 

Il y a cependant un paradigme que les applications vidéo pour mobiles n’ont pas vraiment « attaqué »: le montage passe toujours par une logique de tri temporel, une timeline qui garde un ordre figé et bien défini entre les vidéos. Et ce qui est publié à la fin du processus est un export statique, figé et non évolutif du montage réalisé par l’auteur.
Feu Mixbit et feu Blinks avaient bien une approche différente au montage vidéo à un moment de leur existence: mais ils sont vite repartis vers la timeline ou alors ont jeté l’éponge…

Création mobile sur smartphone: gadget ou nouvelles écritures ?

La réponse est claire et il ne faut pas se voiler la face: pour le moment, la création mobile avec son smartphone en est encore au stade du gadget.
Un peu comme le cinéma qui a passé les premières années de sa vie sur les terrains des fêtes foraines…

Le cinéma s’est développé à partir des acquis et réflexes hérités du théâtre et de la photographie avant de trouver sa spécificité dans le montage; la création vidéo sur mobile singe actuellement le cinéma expérimental ou copie la photographie « arty » en amenant son lot de filtres et d’effets bien rétro.

Quelles conditions faut-il pour que la création vidéo sur mobile puisse dépasser le stade du gadget et venir sur les plates bandes des arts consacrés comme le cinéma, la peinture ou la photographie ?

En synthèse de ce billet, je propose de « plancher » sur les pistes suivantes pour répondre à cette question:

  • Trouver un rapport « natif » à l’outil utilisé. Toute caméra actuelle est un ordinateur avec un œil – alors on peut / il faut utiliser les caractéristiques spécifiques de cet outil, qui est simplement une calculatrice qui travaille avec d’autres calculatrices. Et à la sortie de ce « travail », il y a bien plus qu’un fichier qui contient des images…
  • Repenser le rapport entre créateur et spectateur.
  • Faire évoluer notre rapport à la création de valeur: pour le moment, la valeur d’une image est fortement (mais pas exclusivement) liée à la valeur et à l’aura de l’objet (film, livre, installation etc) dans lequel elle est « encapsulée ». Et si on évaluait la valeur d’une image à l’aune et à l’échelle des usages que le public peut avoir avec cette image ?

Mais on ne change pas aussi vite les habitudes, et surtout: il faut avoir un modèle économique solide qui épaule le développement d’une offre originale, faute de quoi la meilleure volonté du monde s’essouffle toujours un jour…

Pour aller plus loin

Tourner des interviews avec un smartphone

 

Applications smartphone pour créer des vidéos

Kura, le nouvel outil vidéo de Memoways

Comment proposer une expérience personnalisée, vivante et évolutive avec de la vidéo sur le web ?

Il y a bien des projets de « players » vidéo tel que Comet ou d’autres solutions; cependant pour pouvoir préparer, publier puis développer un projet original de manière maîtrisée et collaborative, il faut un outil d’indexation et d’éditorialisation qui tire parti du changement de paradigme lié au devenir immatériel des contenus audiovisuels.

Nicolas Goy – mon associé dans Memoways – travaille depuis quelques mois sur Kura, notre application web qui permet d’éditorialiser des vidéos sur le web. Nous capitalisons sur notre expérience liée à Tansa (une application OSX par Fabrice Truillot) et à Michi (une application web par Nicolas Goy), que nous avons développé entre 2013 et 2015.

kura-load

Dans les grandes lignes, Kura permet de:

  • importer des vidéos par url (YouTube seulement pour le moment) ou alors en se connectant à son propre compte YouTube
  • gérer ses vidéos avec un système de labels
  • créer des listes ordonnées de vidéos, en utilisant des mots (concepts) comme « lien » entre des vidéos
  • ajouter des markers (mots clefs avec une durée temporelle) pour connecter des bouts spécifiques d’une vidéo avec d’autres vidéos
  • créer des « spaces » par projet / client / usage
  • inviter et gérer des collaborateurs

Avec cet outil, nous pouvons réaliser des projets Comet, pour des usages comme:

  • découvrir et apprendre avec des vidéos liées sémantiquement entre elles: enjeu pédagogique, partage de connaissance et de savoir
  • valoriser des contenus, comme des bonus liés à la vidéo principale: enjeu de storytelling
  • informer et engager le public avec une entreprise, un produit : enjeu marketing

Nous allons présenter cet automne plusieurs projets réalisés pour des clients, qui permettront de se faire une idée concrète sur le potentiel de ces nouveaux usages interactifs et appropriatifs.

Et: nous sommes en train de plancher sur une version améliorée de Comet (Comet V2) – plus de nouvelles à ce sujet prochainement…

La suite…

Mediation du patrimoine avec le numérique

Dans le cadre du projet « Patrimoines en Partage » sur lequel je travaille depuis plus d’un an, j’ai été amené à faire un état de l’art des applications numériques de médiation du patrimoine culturel.

Pour synthétiser cette page de ressources très dense, je propose dans ce billet une analyse et appréciation de quelques applications choisies, avec une mise en avant d’arguments pour / contre.

Comme il s’agit d’expériences géolocalisées que je n’ai pas pu tester dans le contexte local, je n’ai pu me faire qu’une idée abstraite de la véritable expérience utilisateur sur place.
Néanmoins, j’ai essayé de sortir les points intéressants et le potentiel, tout en pointant sur les aspects – à mon sens – dépassés ou qui fonctionnent mal.

Ces points « positifs » et « négatifs » sont clairement des appréciations subjectives et personnelles, en appliquant les attentes et prérequis suivants:

La suite…

Applications Loretan pour iOS & Android

En complément du billet qui relate l’aboutissement du projet numérique lié au Mémorial Loretan, je vais maintenant présenter plus en détail les applications mobiles.

Nous avons prévu trois activités, proposées dès le lancement de l’application:

  • Visite du mémorial. Il faut être sur place dans le parc, à Bulle. Nous avons préparés trois playlists, où les contenus sont diffusés en fonction de sa propre localisation dans le Mémorial. L’idée ici est de pouvoir accéder à des contenus en relation avec du bâti (banc, bloc de grimpe) ou de l’aménagement paysager (arbres). Par exemple, il faut s’asseoir sur le banc pour découvrir des interviews et des histoires racontées par Erhard Loretan. La visite du Mémorial est donc personnalisée: c’est tout l’enjeu entre le travail tangible et concret des architectes (Pascal Amphoux et Agathe Caviale) et notre travail virtuel et intangible. L’un complète l’autre – un dialogue s’établi entre le lieu, ses usages et ces applications mobiles qui permettent d’accéder de manière vivante et interactive à la mémoire de Erhard Loretan.
  • Consultation libre. Ce mode permet de découvrir – à travers trois playlists et une navigation par tags – des vidéos depuis n’importe où dans le monde. Il est également possible de « liker » des vidéos pour les garder dans une playlist personnelle.
  • Marche ton 8000. Il s’agit d’une expérience immersive, en mode audioguide, qui permet à l’utilisateur de « grimper » avec Loretan sur un 8000… simplement en marchant ! C’est avec cette activité que cette application mobile prend véritablement un intérêt particulier: il s’agit de vivre une expérience que l’on ne pourra jamais avoir en regardant simplement des vidéos sur une page web.

A noter que pour avoir une expérience utilisateur satisfaisante pour les deux premières activités, il faut se connecter sur un WIFI – sinon les vidéos ne sont pas garanties de jouer de manière fluide.

Quelques captures d’écrans pour visualiser ces applications mobiles.

La version Android:

Le lien direct vers le téléchargement de cette application.

La version iOS:

La version iOS est encore en évaluation chez Apple (ça prend plus de 4 semaines actuellement pour faire valider une application…); pour tester la dernière version il faut m’envoyer un mail.

Voici une vidéo qui explique le fonctionnement de la version iOS de l’application mobile.

Merci à Fabrice Truillot de Chambrier, Jody Hausmann, Jérôme Marchanoff et Antoine Jaquenoud pour leur engagement de premier plan et la collaboration fructueuse !

Getting started with Memoways

remix-web

To test the Memoways platform with Tansa our OS X editing software and Memobeam our video remix tool in the browser, we offer following possibility:

  • Contact us and tell us about your project. You will either receive access to a personal workspace (you can then upload assets and test the whole system in the limit of 200Mo of uploaded video material) or you will get an invitation to get access to our demo workspace, where you can « play » with already existing assets.

You will get an email with an invitation to create your personal account: clic on the the link and create a new user with password.

michi-login-june2014-web

Once your account created, you need to perform following steps:

  1. Download Tansa, read the short tutorial (french / english is coming). Tansa is only working on OS X 10.9 Mavericks, so please make sure your computer is up to date.
  2. Enter your mail & password, select the workspace and wait for the workspace to load
  3. If you got a personal invite, you can upload and test with your own content; with the public demo workspace you can « play » with the already existing assets
  4. You can simply create a Beam just with « command b » in a project and watch the result in your browser, like this example.

tools-web