Méthodologie de tournage

 

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Dans le but de produire de contenus audio-visuels qui puissent s’intégrer dans un projet comme Walking the Edit ou de manière plus générique dans un projet qui permet de naviguer librement dans un lot de vidéos (filtrage, remix, montage non destructif), voici quelques recommandations sur une méthodologie de tournage.

  • penser fragmentaire: il ne s’agit pas de filmer dans le but de constituer une continuité narrative statique (comme n’importe quel film classique), mais de produire des “briques de base” (les plans) qui doivent pouvoir être combinables en fonction des mots clefs choisis.
    Il n’y donc ni scénarisation d’un fil narratif unique ni éditorialisation du territoire à une échelle qui dépasse la combinaison de deux plans.

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  • penser liens: autant lors d’une prise de vue improvisée qu’au cours d’un tournage organisé par avance, il s’agit d’analyser en temps réel les diverses «pistes» qui se développent devant la caméra (thématique, action, protagonistes etc) afin de pouvoir lier chaque prise de vue à un autre plan voisin (existant ou à créer).
    A ce propos, il est important de considérer que chaque plan doit pouvoir se lier à un autre de multiples manières: il n’y a donc pas de lien unique ou exclusif, mais toujours une multiplicité de liens qui pourront connecter de manière dynamique des contenus.

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  • penser collectif: de la même manière qu’il s’agit de permettre des multiples liens entre des plans, l’un des enjeux importants pour garantir un bon équilibre entre hétérogénéité (des regards, pour commencer) et continuité (narrative, pour terminer) sera de faire connaître à chaque réalisateur et réalisatrice faisant partie de l’équipe ce qui est tourné par les autres personnes.
    Cela devrait permettre deux choses importantes: éviter les redites (chaque personne développe sa propre approche singulière et unique) et préciser le lien entre ce qui a été tourné et ce qui devrait être créé.

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  • penser obsession: plus le regard et l’attention sont ciblés et spécifique, meilleure pourra être la caractérisation de chaque plan. Les combinaisons et liens entre plans fonctionneront mieux si chaque élément a une identité claire et directement lisible; s’il y a trop d’éléments et de possibles dans un plan, il est difficile d’y trouver un lien causal par rapport à ce qui précède et ce qui va suivre (dans le film final).
    Ce qui veut dire, par exemple, que les plans larges sont plus difficiles à intégrer que les plans serrés.

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  • penser hétérogénéité: l’une des caractéristiques marquantes de travailler pour un usage génératif est de partir avec le postulat qu’il faut avoir – dans le cadre d’un travail collaboratif – une constellation de points de vue à la subjectivité (originalité) marquée plutôt que de viser l’interchangeabilité.
    L’expérience du spectateur se base sur le pari de pouvoir passer d’une subjectivité à l’autre, d’un point de vue marqué à un autre.

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  • penser qualité: vu que chaque prise de vue (ou de son) doit exister en tant que telle, il est important de ne pas perdre d’esprit lors du tournage qu’il y a très peu de rattrapages possibles par après (contrairement au montage classique où il est encore possible de gommer des imperfections) – ce qui veut dire qu’il faut vraiment partir dans l’esprit du “tourné-monté” en veillant tout autant à la qualité artistique du regard que la technique, qui doit être parfaite.

 

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