Dérushage et segmentation vidéo

Vous avez produit beaucoup de vidéos lors d’un tournage. Des interviews fleuves, des plans de coupe, des vidéo d’action etc.
Il y a du bon et du moins utilisable – mais il y a du potentiel dans les contenus…

Maintenant, vous voulez valoriser ces vidéos avec les deux objectifs suivants:

  • Réaliser un montage pour raconter votre histoire. Mais y a-t-il vraiment qu’une seule histoire à raconter ?
  • Valoriser vos contenus (au delà de votre montage) sur les réseaux sociaux (Facebook etc) et via – par exemple – notre plateforme Comet. Est-ce qu’il est nécessaire de passer par un montage compliqué pour poster une vidéo sur Facebook ?

Vous avez maintenant un sérieux problème à résoudre: comment réaliser ces deux objectifs sans se perdre dans une masse de travail ?

cut

Voici les étapes à passer pour faire d’une pierre plusieurs coups (parce que oui, en travaillant de cette manière, vous vous donnez la possibilité d’exploiter vos contenus de manière multiple et complémentaire):

  1. Transfert des fichiers vidéos depuis sa caméra sur son ordinateur
  2. Renommer les fichiers
  3. Importation dans un logiciel de montage
  4. Dérushage (avec markers)
  5. Segmentation des parties intéressantes (sub-clips)
  6. Export des parties intéressantes
  7. Compression (si besoin) et upload

A noter que dans cette liste, je n’entre pas dans le détail du montage à proprement parler: il y a suffisamment de tutoriels et de cours qui abordent cette question avec toute la finesse qui s’impose.

Ce sur quoi je vais me concentrer ici, c’est de voir comment on peut rendre la vidéo compatible avec le web… !

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Larguons alors les amarres…

1) Transfert des vidéos depuis votre caméra / smartphone.

Comme il y a des multiples manières de récupérer vos vidéos depuis votre appareil de prise de vues (câble USB, par WIFI, via le cloud etc), je vais pointer sur les choses importantes à considérer:

  • Certaines caméras vidéo enregistrent la vidéo dans un container (MXF par exemple): il faut surtout ne rien toucher ou renommer (sous peine de ne plus pouvoir lire et utiliser ses images !), et tout prendre à la racine (depuis le premier niveau de dossiers)
  • Préparez sur votre ordinateur un dossier nommé explicitement dans une hiérarchie du type: mes projets / nom du projet / rushes / date de tournage (format 2016-10-29)
  • ATTENTION: la vidéo pèse lourd, très lourd. En transférant ses rushes sur son disque dur de démarrage, il est possible de le saturer en le remplissant jusqu’à l’asphyxie. Il faut toujours garder au minimum 20% d’espace libre sur votre disque système, avec au minimum 25Go de libre. En remplissant jusqu’à raz bord, vous ne pourrez plus utiliser votre ordinateur au prochain démarrage…
    Du coup, stockez directement vos rushes vidéos sur un disque externe.

2) Renommer les fichiers.

Le premier réflexe consiste à nommer correctement les fichiers vidéo: voici une page qui explique en détail comment faire.

Est-ce qu’il est possible de travailler avec ce genre de noms de fichiers ? Sérieusement ?

inexploitable

3) Importation dans un logiciel de montage.

Comme il existe de nombreux logiciels de montage, il est impossible de donner ici les détails spécifiques, mais dans les grandes lignes il est conseillé de:

  • stocker ses rushes vidéos sur un disque externe (pour les raisons de place de stockage, comme expliqué juste au dessus). Faites des backups de votre disque de rushes 😉
  • si vous le pouvez (comme dans Final Cut X), activez la création de métadonnées et analyse automatique des fichiers importés
  • organisez vos rushes au sein de votre logiciel de montage de manière à séparer les projets clairement: il faut protéger votre concentration et rester « focus » sur un seul projet et types de contenus à la fois. S’il s’agit de réutiliser des images entre des projets différents, si vous avez bien nommé vos fichiers à la source, ce ne sera donc pas un problème vu que vous pourrez chercher des contenus à partir des noms de fichier.

4) Dérushage.

Maintenant, la partie de plaisir commence…

rushes

Donc, pas tout faire en même temps – mais quand même:

  • évaluer la qualité, l’intérêt et le potentiel de chaque moment: il se peut qu’un moment (phrase d’une interview par exemple) puisse vous être utile dans une vidéo pour Facebook, et pas seulement pour votre montage
  • regarder donc chaque moment de vos rushes comme un moment unique, qui peut tenir par lui même, tout seul… Le montage peut faire des miracles pour faire dire quelque chose de spécifique à vos images – mais chaque bout de vidéo peut raconter aussi d’autres histoires. A commencer par celle qu’il raconte en tant que tel, sans « artifice » de montage !
    Prenez l’exemple de cette boucle vidéo ci dessus: elle raconte quelque chose en tant que tel, mais à l’intérieur d’un film, ce plan va encore prendre une autre place, une autre signification…
  • alors, pendant que vous regardez les images, vous êtes actifs: l’idéal (et la forte recommandation) c’est de noter vos évaluations et d’enregistrer vos choix directement sur la « matière première ».
    Une manière de commencer par le plus important, c’est de segmenter: on y arrive.

5) Segmentation.

La segmentation consiste à définir une plage de contenu dans une vidéo, comme ça:

s0502_editrangetool

Simplement, c’est d’indiquer un début et une fin (donc avec une durée) d’un moment vidéo qui peut fonctionner en tant que tel.

Quoi segmenter ?

  • enlever les parties qui sont gênantes (hésitations, problèmes techniques etc)
  • se concentrer sur une action principale: idéalement, le segment que vous voulez garder contient quelque chose (action, réponse, phrase, mouvement…) qui fonctionne « tout seul »
  • faire attention au son: il ne faut pas seulement définir le in/out selon l’image, mais aussi selon ce qui se passe au son – il faut donc éviter les sons forts en début ou en fin de plan.

Concrètement, tout dépend du logiciel que l’on utilise:

Final Cut Pro X: Gestion de plusieurs sélections de plage dans des plans d’événement

Dans le navigateur, il vous est possible d’avoir des sélections de plage inactives et plusieurs sélections de plage sur différents plans.

 

Final Cut Pro X: Sélection d’une plage

Vous pouvez sélectionner une partie (plage) d’un plan ou d’un projet.

Final Cut X a une fonction intéressante: l’application de mots clef sur une plage d’une vidéo:

Final Cut Pro X: Ajout de mots-clés aux plans

Use the Keyword Editor to apply keywords to clips, and quickly locate your media with Keyword CollFinal Cut Proections.

Cette fonction a le mérite de faire d’une pierre deux coups:

  • garder les sélections de plages intéressantes avec leur qualification (mots clef descriptif du moment) pour le montage
  • se créer une base de connaissances à partir de ses contenus vidéo; à partir de là, il est possible de valoriser les vidéos pour ce qu’ils sont en tant que tels, et pas seulement en direction unique du film que l’on veut créer, de l’histoire que l’on veut raconter.

Bon – mais comment garder les sélections de plages au delà du logiciel de montage et pouvoir les exploiter ailleurs (sur un autre logiciel, sur le web…) ?

6) Export.

Il y a deux types de fichiers à exporter:

  • le montage (ou les diverses versions du montage)
  • des vidéos (montées ou pas) à exploiter sur le web

Comme nous sommes sur un ordinateur, nous pouvons théoriquement:

  • exporter directement à partir de votre sélection la portion vidéo qui vous intéresse. Pas idéal, mais le plus simple, parce que…
  • exporter par lot (plusieurs fichiers en une seule traite), ce qui ne peut malheureusement pas se faire dans Final Cut X. Aie. (Final Cut Pro 7 savait faire ça très bien).

Heureusement qu’il y a des trucs et solutions tierces:

Batch Export Clips Edited in Final Cut Pro with Timecode and Window Burn – Ripple Training

Welcome to Final Cut Pro X in under 5 minutes. I’m Steve from rippletraining.com. One thing that I’ve sorely missed from my Final Cut Pro 7 days, is the ability to batch export individual clips from a timeline that includes timecode and a window burn for client review.

Apps – FDPtraining.com

These are color-coded file folders that compliment the look and feel of FCPX. They are designed to manage all of your project assets. The folders have preassigned finder tags so they are easy to find, or you can import the finder tags as keyword collections into FCPX.

7) Compression et upload.

Selon la provenance des vidéos (caméras qui génèrent des vidéos peu compressées, et donc trop lourdes pour être uploadées sur le web), il est nécessaire de compresser les fichiers exportés avant l’upload sur le web (YouTube etc).

Il est possible de faire l’opération directement à partir des logiciels de montage, vidéo par vidéo:

Export Premiere Pro Projects Straight to Social Media

When exporting a video from Adobe Premiere Pro, you have a wide array of options with which to tinker. You can manually adjust video and audio settings, and you can add effects such as captions, an image overlay, timecode overlay, video limiter, and several other useful tools.

Une autre alternative consiste à compresser les vidéos avec un logiciel dédié (comme Compressor ou Adobe Media Encoder), puis à les uploader sur Youtube et consorts depuis les pages web des plateformes vidéo.

Pour l’utilisation de Final Cut X, quelques trucs

Final Cut Pro X: Partage de projets, de plans et de plages

Vous pouvez partager un projet, un plan ou une partie d’un projet ou d’un plan.

 

Et last but not least: ne pas oublier de faire des backups !

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