La fabrication de projets vidéo en deux schémas

Quand il faut transmettre les concepts et enjeux spécifiques d’un processus de fabrication, un schéma est souvent plus efficace qu’un long texte.
Pour illustrer la différence – mais aussi la complémentarité – entre la production vidéo « classique » et la production de projets « transmedia » (la vidéo pour le web), j’ai demandé il y a quelques temps à la graphiste et designeuse Sophie Czich de réaliser deux schémas.
Sur base de mes indications, elle a créé les deux images ci-dessous, que j’ai quelque peu retravaillé ces derniers jours.

Ce que j’ai envie de communiquer à travers ces deux schémas:

  • La mécanique de production entre l’ancien monde des médias traditionnels (cinéma, télévision) et le nouveau monde du web est fondamentalement différente.
    D’un côté on a une production linéaire qui essaye tant que possible de passer par des étapes sans retour (on va éviter de tourner des nouvelles images lorsque l’on est en postproduction) et de l’autre on a une méthode agile qui permet d’essayer, d’ajuster, d’améliorer et de faire vivre un projet en fonction des enseignements appris tout au long du processus.
  • Cependant, la majorité des projets vidéo pour le web d’aujourd’hui fonctionnent encore en utilisant la méthode de production linéaire en cascade. Pourquoi ? Pour une multitude de raisons que j’aimerais bien décortiquer dans un prochain billet.
    En attendant, je met ma main au feu que les résultats obtenus pour amener le public sur un projet vidéo pour le web, en utilisant une méthode inadéquate, ne soient pas bien satisfaisants…
  • C’est pourquoi le schéma bien coloré et quelque peu « fouillis » de la production de vidéos pour le web inclut volontairement des contenus en amont (les archives) et des usages contributifs en aval (création de nouveaux contenus par les utilisateurs). Pour donner des idées sur comment faire exister ses vidéos sur le web.
    Et en regardant bien, ce qui fait valeur au final pour l’utilisateur est moins le contenu (les vidéos) que le chemin (son expérience) qu’il peut effectuer grâce aux articulations rendus possibles par les descripteurs (les symboles « i »)…

La vidéo comme objet

Lorsque l’on réalise un film ou une vidéo (mais en fait, c’est quoi la différence entre les deux aujourd’hui ??) on produit un objet. Cet objet, on aimerait le voir arriver sur les divers écrans disponibles de nos jours (du smartphone jusqu’à l’écran de cinéma), idéalement avec une rétribution à la clé.

Les caractéristiques principales de cet objet (prosaïquement, c’est un fichier digital comme un autre):

  • pour garantir et garder sa valeur, il ne doit pas évoluer
  • plus on maîtrise sa distribution, plus les entrées financières potentielles sont protégées
  • on a une fenêtre temporelle restreinte (en moyenne 18 mois) pour rentabiliser un tel objet
  • l’objet doit entrer « au chausse pied » sur les nouveaux écrans (là ou est l’essentiel de l’audience aujourd’hui), avec le risque de perdre de l’impact
  • la mécanique pour trouver son audience est découplée de l’objet: c’est une campagne de marketing à part entière qui doit amener les spectateurs potentiels sur l’objet.

 

 

Schéma réalisé par Sophie Czich

La vidéo comme projet

Lorsque l’on réalise des vidéos que l’on veut amener au public via le web, on réalise un projet.
Ce projet, on aimerait le voir se déployer de manière organique et vivante en relation avec les usages de son public, idéalement avec une circulation et augmentation de la valeur, pour capter dans le futur des retours financiers.

Les caractéristiques principales d’un tel projet:

  • pour générer une valeur, il doit évoluer dans le temps
  • plus on laisse les spectateurs visiteurs s’approprier son projet, plus on a de chances de pouvoir trouver une audience élargie et donc potentiellement une mécanique de monétisation
  • la durée de vie d’un projet est dépendante de la dynamique des usages et des mises en lien avec d’autres sites et plateformes partenaires
  • si le projet est bien fait, la rencontre entre les contenus et les usages se fait spécifiquement en fonction de l’écran et de l’usage qui lui est propre: voir la notion de responsive storytelling, l’expérience utilisateur où les contenus s’adaptent au contexte de l’utilisateur
  • la mécanique pour trouver ses spectateurs est intimement liée au projet lui même: l’accès à l’audience peut être en bonne partie organique et il est possible d’intégrer les efforts de marketing plus en lien avec les valeurs de son projet.

 

Schéma réalisé par Sophie Czich

 

Comme il y a beaucoup de paramètres et d’enjeux à communiquer, j’aimerais créer un jour des schémas animés ou interactifs, de manière à ne pas saturer d’office l’attention du spectateur avec toutes ces informations « à plat ».
Je suis preneur de toute critique, idée, conseil pour améliorer ces schémas – à travers un mail par exemple, je garantis une réponse.

Pour finir, un grand merci à Sophie Czich pour le design et la réalisation de ces deux schémas !

Des liens pour aller plus loin:

Comment faire exister ses vidéos sur Internet ?

Agile vs Waterfall – Comparing project management methods

Traditional waterfall methods for developing software are rapidly declining in popularity as more recently developed Agile methodologies are increasingly adopted. But what’s the difference between the two – and is Agile always better? The waterfall model is one in which each phase of a product’s life cycle takes place in sequence, so that progress flows steadily downwards through these phases like a waterfall.

 

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