Une comète dans le ciel vidéo

Dans ce billet, j’aimerais positionner notre projet Comet en perspective à la consommation vidéo sur le web (avec une pointe de provocation) et développer des arguments en faveur d’un changement de paradigme (avec une tonalité plus intégrante).
D’un côté, il s’agit de mettre en question de manière constructive nos réflexes et héritages culturels, et de l’autre, de proposer des nouvelles manières de créer, de visionner, puis, potentiellement, de participer.
En somme, de passer d’un état de lecture (clic sur le bouton play) à un état de lecture / écriture (clics multiples, avec création d’une trace qui nous « appartient » et que l’on peut partager).

comet3

Problématiques

  • La vidéo est un objet mort. En effet, une fois uploadée, la vidéo reste statique et ne peut pas évoluer au gré des besoins, des interactions ou du contexte de l’utilisateur.
  • Le contexte initial de la vidéo est perdu. À moins de remplir une multitude de champs dans un formulaire, aucune information importante liée aux sources constitutives de la vidéo publiée n’est gardée et pourrait être exploitable. En effet, à la sortie du montage, plus aucune information sur les rushes et autres éléments narratifs et structurants qui constituent le montage. Une vidéo sans le contexte de ses origines, c’est comme un arbre sans racines: ça ne tient pas et ne peut survivre sans mise sous serre (merci YouTube, Netflix et consorts).
  • Les playlists sont figées ou aléatoires. Soit la playlist est éditorialisée en amont par un auteur et elle fait sens – mais elle reste figée. Soit la playlist est générée de manière aléatoire et elle ne fait pas sens – mais elle est vivante. Une playlist qui fait sens tout en étant vivante et personnalisable: voilà qui pourrait être désirable. Non ?
  • L’interaction utilisateur est très limitée. À moins de rajouter des boutons interactifs sur la vidéo et de créer ainsi une navigation de vidéo à vidéo par dessus la vidéo en cours, le spectateur reste passif. Comme au temps des CD/DVD-ROM ou du web des années 1990, ce type d’interactivité ajoute une dynamique active pour le spectateur. Mais cela repousse le problème plus loin: les liens entre les vidéos sont définis une fois pour toutes, et donc la navigation va toujours être la même: statique, non évolutive, figée. Tellement pas web 2.0…

La vidéo doit-elle forcément rester comme un objet figé qui vient d’un autre temps, alors que le web d’aujourd’hui est tellement inventif, vivant et personnalisable ?
Pourquoi la vidéo doit-elle rester exclue de la dynamique d’appropriation, de participation, de remix ou d’interactions sociales que l’on vit dans le web des années 201X ?

Arguments 

  • Rendre la vidéo vivante. Le concept que Memoways met en avant avec Comet est de d’interconnecter puis d’exposer les éléments constitutifs d’une vidéo: les plans. Chaque plan a sa propre cohérence et garde son contexte initial. La vidéo que l’on voit au final n’existe pas en tant que telle: elle est lue en temps réel et sans coupures à partir des plans, en fonction de la volonté de l’auteur, de la playlist et des envies ou du contexte de l’utilisateur. La vidéo est donc un flux de plans: comme avec les Tweets sur Twitter, on peut lire le flux dans l’ordre défini, mais on peut également aller chercher dans le flux juste les éléments qui nous intéressent. On a alors un flux de plans qui correspondent à nos envies, nos besoins.
  • Garder le contexte de la vidéo à la racine. Chaque vidéo qui est exposée à travers la plateforme vidéo de Memoways est un plan non monté, qui garde le maximum de son contexte initial: qui a fait la vidéo, où, quand, comment… Et l’on peut ajouter des informations sur ce que raconte la vidéo, de manière à lui donner la chance d’être trouvée et exploitée avec d’autres vidéos qui parlent de la même chose.
  • Les playlists sont maitrisées mais restent vivantes. L’auteur a la possibilité d’exposer une playlist qui correspond à un besoin: par exemple de présenter toutes les vidéos qui parlent d’une certaine thématique à travers des interviews de plusieurs personnes différentes. À partir de là, l’utilisateur peut aller filtrer le flux thématique exposé pour regarder puis partager que ce que raconte un seul intervenant qui lui plait bien.
  • L’interaction est hautement personnalisable. Comme les liens entre les vidéos se font au niveau du plan et que les combinaisons entre les plans ne sont pas basées sur des connexions définies « en dur » (de manière statique et unique), l’interaction que l’utilisateur peut avoir avec le flux de vidéos est hautement personnalisé.

comet-pedagogic-web

En somme, l’expérience Comet permet à chaque utilisateur de naviguer à travers un flux structuré de vidéos pour ensuite, s’il le souhaite, créer sa propre playlist en fonction de ses besoins, questions ou envies.

La playlist peut être composée de plans et donc générer une histoire personnalisée, unique.
Ou la playlist est composée de vidéos déjà montées et permet de partager une liste structurée d’histoires choisies.

Grâce à Comet, il devient enfin possible de confectionner des histoires personnelles, de manière non destructive (on ne détruit pas les histoires des autres ce faisant) et de partager une collection de contenus choisis.

Autrement dit: après l’avènement de ce que l’on appelle le « responsive design », où l’affichage des contenus s’adapte automatiquement à l’appareil de l’utilisateur, voici venir enfin le temps du « responsive storytelling », où l’histoire s’adapte de manière dynamique et personnalisée a ses propres envies, besoins ou contexte d’usage (mobile, stationnaire…).

Nous développons avec Memoways actuellement la version 2 de Comet – stay tuned 😉

Laisser un commentaire