Patrimoine en partage: démarrage du projet

Cela fait déjà plusieurs mois que je travaille sur un projet de plateforme numérique intitulé « Patrimoines franco-suisses en partage« . Cette plateforme va être développée entre 2016 et 2019 dans le cadre du programme INTERREG V A, qui soutient spécifiquement des projets franco-suisses.
Le chef de file suisse, représenté par le SIPaL à Lausanne, m’a confié le mandat de faire l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour ce projet d’ampleur transfrontalière.

J’ai donc développé un concept de plateforme numérique pour proposer des usages innovants (= applications mobiles) en lien avec les patrimoines bâti et paysager, permettant de faire des liens entre la France et la Suisse, pour connecter les silos entre les spécialistes du domaine et pour offrir une expérience utilisateur bien personnalisée…

Après la rédaction d’un cahier des charges pour faire l’appel d’offre auprès de plusieurs entreprises suisses et françaises, nous allons dès le mois de janvier passer dans la phase de réalisation.

tags-screens

La plateforme numérique qui va être développée pour le projet comprend – dans les grandes lignes – les 3 éléments suivants:

  • Application web de back-office: pour les lieux de patrimoine et les spécialistes, il faut créer un outil d’édition des contenus et de gestion des usages. C’est la base de données commune, le socle éditorialisation qui va rendre possible le partage transfrontalier et pérenne du patrimoine.
  • Site web: pour le grand public, le site web qui présente les informations éditées dans cette base de données commune (lieux, objets, évènements, parcours) de manière engageante, permettant de préparer les visites et de partager sur les réseaux sociaux son expérience vécue.
  • Applications mobiles (iOS / Android): pour le grand public, l’application mobile pour interagir et vivre le patrimoine de manière immersive et personnalisée. En complémentarité du site web, cette application tire parti de la géolocalisation des données, de la personnalisation liée au profil, au contexte et au comportement de chaque utilisateur. De plus, il sera possible de créer du contenu (photo, audio, vidéo) et de laisser des commentaires dans le cadre d’une visite.

Voici quelques lignes sur les enjeux et ce que nous voulons amener avec ce projet.

Cadrage sur les besoins : la « mission »  

Répondre à des besoins concrets.
Approche objective, factuelle, informative.
Comme la lecture d’un journal: on s’informe, on peut mettre en perspective. Pouvoir faire des choix circonstanciés, fonctionner de manière efficace.

Pour les lieux de patrimoine:

  • Communiquer des informations (lieu, objets, évènements, activités). Assurer la présence des informations sur tous les canaux.
  • Faire de la médiation (savoir scientifique mis à l’échelle du grand public). Satisfaire la curiosité du public, valoriser les savoirs.
  • Sensibiliser le public aux enjeux du patrimoine (préservation, rénovations, valorisation, financement)
  • Atteindre son public cible + ouvrir à de nouveaux publics (jeune génération). Tenir et augmenter la fréquentation.

Pour les utilisateurs / le public:

  • Informations pratiques: thématiques, lieux, évènements, activités. Pouvoir organiser au mieux la logistique, son propre programme. Pouvoir faire des choix et s’y tenir.
  • Histoires sur le lieu, les objets. Recevoir des informations qui mettent en perspective, relief.
  • Comprendre les enjeux du lieu, pouvoir être partie prenante avec les problématiques des acteurs du patrimoine (on est tous dans le même bateau)
  • Pouvoir vivre une expérience personnalisée, où tout le monde peut s’y retrouver (famille). Pouvoir faire des visites sous plusieurs angles différents.

Cadrage sur les envies: la « vision » 

Proposer, susciter, faire découvrir, engager. Approche subjective, organique, émotionnelle,
Comme le cinéma, la musique ou la littérature: ce n’est pas utile ou indispensable à la survie.
Par contre, avec ses qualités sensibles, artistiques ou émotionnelles, l’expérience devient plus prenante, immersive, humaine… et fait passer les informations dans son propre vécu.

Pour les lieux de patrimoine:

  • Proposer une approche vivante au patrimoine (même si la conservation fige le bâti, le numérique permet de partager le passé et les activités présentes de manière vivante, personnalisée, avec appropriation…). Le numérique ne doit pas être un écran (de plus, qui masque la réalité) mais un amplificateur, un cadrage, un moteur.
  • Permettre et stimuler l’engagement: création de contenus, dons financiers, volontariat, enrichissement de la base de données…
  • Faire découvrir des lieux, objets, enjeux à travers des mécaniques ludiques (quizz, chasse au trésor, cadavre exquis…).

Pour les utilisateurs:

  • Vivre une expérience qui allie la valeur et la qualité du patrimoine matériel avec le flux vivant et potentiellement sans frontière du numérique (l’immatériel). Le public est là physiquement, mais il est de plus en plus connecté à un monde parallèle via les smartphones. L’enjeu est de ramener les gens dans l’ici et le maintenant, avec et grâce à leurs smartphones.
  • Vivre une expérience stimulante, qui déclenche la créativité: avoir envie de faire des images, de laisser un commentaire, de contribuer en ajoutant des informations sur un objet etc.
  • On peut contribuer à quelque chose que l’on a bien aimé: don financier, engagement personnel, ajout de contenus de sa propre collection etc.

 

Laisser un commentaire