Patrimoine et villes innovantes

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Depuis le démarrage du printemps, je travaille sur plusieurs projets où il s’agit de valoriser le patrimoine (bâti, culturel, immatériel) à travers le numérique.
Ces projets sont encore en phase de démarrage ou de sélection, donc il est encore trop tôt pour donner les détails.

Cependant, voici quelques uns des enjeux sur lesquels je porte principalement mon attention.

Cadrage sur les besoins : la « mission »

Répondre à des besoins concrets. Approche objective, factuelle, informative. Le quantifiable.
Comme la lecture d’un journal: on s’informe, on peut mettre en perspective. Pouvoir faire des choix circonstanciés, fonctionner de manière efficace.

Pour les lieux de patrimoine:

Communiquer des informations (lieu, objets, évènements, activités). Assurer la présence des informations sur tous les canaux.
Faire de la médiation (savoir scientifique mis à l’échelle du grand public). Satisfaire la curiosité du public.
Sensibiliser le public aux enjeux du patrimoine (préservation, rénovations, valorisation, financement)
Atteindre son public cible + ouvrir à de nouveaux publics (jeune génération). Tenir et augmenter la fréquentation.

Pour les utilisateurs:

Informations pratiques: lieux, évènements, activités. Pouvoir organiser au mieux la logistique, son propre programme. Pouvoir faire des choix et s’y tenir.
Histoires sur le lieu, les objets. Recevoir des informations qui mettent en perspective, relief.
Comprendre les enjeux du lieu, pouvoir être partie prenante avec les problématiques des acteurs du patrimoine (on est tous dans le même bateau)
Pouvoir vivre une expérience en famille, où tout le monde peut s’y retrouver. Pouvoir faire des visites sous plusieurs angles différents.

Cadrage sur les envies: la « vision »

Proposer, susciter, faire découvrir, engager. Approche subjective, organique, émotionnelle. Le qualifiable.
Comme le cinéma, la musique ou la littérature: ce n’est pas utile ou indispensable à la survie.
Par contre, avec ses qualités sensibles, artistiques ou émotionnelles, l’expérience devient plus prenante, immersive, humaine… et fait passer les informations dans son propre vécu.

Pour les lieux de patrimoine:

– Proposer une approche vivante au patrimoine (même si la conservation fige le bâti, le numérique permet de partager le passé et les activités présentes de manière vivante, personnalisée, avec appropriation…).
Permettre et stimuler l’engagement: création de contenus, dons financiers, volontariat, enrichissement de la base de données…
– Faire découvrir des lieux, objets, enjeux à travers des mécaniques ludiques (Quizz, chasse au trésor, cadavre exquis…).

Pour les utilisateurs:

Vivre une expérience qui allie la valeur et la qualité du patrimoine matériel avec le flux vivant et potentiellement sans frontière du numérique (l’immatériel). Le public est là physiquement, mais il est de plus en plus connecté à un monde parallèle via les smartphones. L’enjeu est de ramener les gens dans le ici et le maintenant, avec et grâce à leur smartphone.
Vivre une expérience stimulante, qui déclenche la créativité: avoir envie de faire des images, de laisser un commentaire, de contribuer en ajoutant des informations sur un objet etc.
On peut contribuer à quelque chose que l’on a bien aimé: don financier, engagement personnel, ajout de contenus de sa propre collection etc.

Enjeux:

Créer des récidivistes (pour la visite des lieux de patrimoine, pour l’utilisation des plateformes numériques).
Créer des ambassadeurs, relais, personnes impliquées. Simplifier et pousser à la création de contenus et commentaires UGC
Permettre de multiples entrées (pour des « profils » et attentes différentes), avec gradation dans les usages (pas tout au premier niveau, mais certaines  fonctionnalités se déverrouillent après un moment (pouvoir commenter, tagger etc)
Pouvoir mesurer les usages des utilisateurs par une récupération + visualisation des statistiques.

 

Toujours en lien avec les enjeux liés au patrimoine culturel, j’ai fait une présentation fin mai lors d’une commission des «Villes innovantes» de l’AIMF, soit l’Association des maires francophones (réseau des villes francophones) qui a tenu un atelier à Genève, à l’invitation de Sami Kanaan.

Au centre des discussions, une thématique que le maire s’est employé à mettre en avant durant cette année: «Comment la ville soutient-elle les industries créatives et culturelles?» Les élu-e-s et représentant-e-s des milieux culturel, académique et entrepreneurial ont échangé sur leurs expériences et leurs bonnes pratiques.

 

 

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