MARCHER ANGERS PENSER

Deux jours d’atelier public sur la marche urbaine en ville d’Angers

Le programme sous forme de pdf

La Marche comme instrument de renouvellement urbain.
Journée de conférences-débats
vendredi 4 octobre 2013 de 14h00 à 22h00
AURA / SPL, Angers

Notre participation à cet atelier se fera sous forme d’un laboratoire de production / diffusion de contenus créés lors des marches collectives, en temps réel. Il ne s’agit donc pas de faire un « Walking the Edit » en une après midi, mais d’utiliser d’autres applications mobiles (Vyclone, Kinomap etc) pour créer du contenu qui pourra être diffusé en quasi temps réel, puis revalorisé par la suite via le dispositif logiciel Memoways.

Tournage synchronisé et collectif.
A l’aide de l’application mobile http://vyclone.com il est possible de synchoniser plusieurs smartphones et de créer en live un film collectif.
Exemples de films créés à Paris http://vyclone.com/movies?q=Paris
Mode d’emploi:
  • Télécharger l’appli sur son smartphone
  • Créer un profil ou se connecter via son profil Facebook
  • Se connecter aux autres filmeurs (en les invitations via une recherche dans l’application)
  • Définir un moment de départ et de fin d’enregistrement
  • Filmer…
  • Quand on arrête la caméra, la vidéo uploade sur le cloud
  • Et après, automatiquement, le film est généré.
  • On peut affiner le montage et créer autant de variations de montage que l’on veut
Enregistrement du chemin lié à la capture vidéo.
En utilisant l’application http://www.kinomap.com on peut enregistrer son tracé et le garder synchronisé avec la captation de son itinéraire.
Mode d’emploi:
  • Télécharger l’appli sur son smartphone http://www.kinomap.com/welcome
  • Créer un profil ou se connecter via son profil Facebook
  • Marcher, filmer… (faire des vidéos courtes)
  • Une fois terminé, on peut ajouter des infos
  • L’upload est très long et fastidieux, mais une fois fait, la vidéo et le tracé sont visibles (et partageables) sur le web
Visualisation des photos et vidéos créés sur une carte.
Mode d’emploi:
  • Sur votre smartphone, activer le GPS
  • Utiliser les applications photo / vidéo que vous voulez (en vérifiant que l’application prenne bien les coordonnées GPS)
  • Au retour de la marche collective, connecter le smartphone sur l’ordinateur d’Ulrich Fischer, faire le choix des contenus à utiliser
  • Ulrich Fischer se charge de créer cette carte

UPDATE décembre 2013.

Voici le lien pour le compte rendu de cet évènement: il s’agit du chapitre 1 d’une histoire qui va peut-être continuer…

Contexte

A l’instar peut-être de ce qui s’est produit pour l’espace public, la marche est un thème de recherche qui, après vingt ans de travaux théoriques dans les domaines les plus différents, trouve aujourd’hui ses relais et ses porteurs dans le projet architectural et urbain. Le projet Angers Rives Nouvelles (ARN) qui travaille, comme d’autres villes, à la reconquête de ses rives, en est un témoignage : c’est un projet de ville et de nature sans doute, mais c’est aussi un projet dont l’espace public est avant tout dédié à la marche. Aux questions de l’urbanité et de la naturalité s’ajouterait alors celle de « l’ambularité » de la ville, que ces deux journées se proposent de questionner – par la pensée, par la marche et par le spectacle.

L’événement s’appelle Marcher Angers Penser (MAP)Deux jours d’atelier public sur la marche urbaine en ville d’Angers. Il est co-produit par l’Agence d’Urbanisme de la Région Angevine pour lequel il représente un premier « chantier d’agence » et par la Société Publique Locale ARN pour lequel il représente un regard décalé sur le projet métropolitain en cours Angers Rives Nouvelles (Equipe Grether).

  • « Penser Angers », c’est réfléchir la question de la marche angevine dans ses dimensions urbaines les plus variées – tel est l’enjeu des conférences-débats.
  • « Marcher Angers », c’est éprouver une pratique ordinaire et sensibiliser les Angevins aux valeurs innombrables de la marche – tel est l’enjeu de la journée de marches collectives.
  • « Penser-marcher », tel est l’indissociabilité sémantique que les deux journées conjointes devraient permettre d’éprouver [1]. Quel sens donner à ce néologisme ? Ne faut-il pas le considérer comme un pléonasme ? Est-il loisible de penser sans marcher ? Est-il possible de marcher sans penser ?

Argument des conférences-débats

D’un point de vue théorique, la marche apparaît comme un champ de recherche dans les domaines les plus différents :

  • les sciences techniques, physiques ou naturelles qui, de la chronophotographie du XIXème aux travaux les plus récents sur les mouvements du corps, la fatigue ou la déambulation, convoquent des disciplines aussi différentes que l’ergonomie, la chronobiologie ou l’écologie de la perception ;
  • les sciences sociales qui, de la description de figures urbaines comme le flâneur, le passant, l’étranger ou le joggeur à l’analyse de grands rituels collectifs de pèlerinage, de protestation, de nomadisme ou de loisirs, débouchent aujourd’hui sur des techniques d’enquête utilisant le déplacement pédestre comme catalyseur de parole ;
  • la littérature, les arts du paysage et l’art contemporain, qui tous remettent au goût du jour des pratiques anciennes ou nouvelles sur les rapports entre la marche et la pensée, la dérive urbaine des surréalistes et des situationnistes, la perception en mouvement ou le rapport esthétique au monde.

D’un point de vue plus pragmatique, la marche apparaît comme un opérateur possible d’un « renouvellement urbain », au sens littéral. Si cette expression englobe aujourd’hui des territoires dans lesquels il n’y a plus d’opposition entre les notions d’urbanité et de naturalité, alors la marche apparaît comme une notion tierce qui mérite à la fois investigation théorique et mise à l’épreuve du projet. Avec deux questions en forme d’hypothèses qui pourront servir d’amorce aux réflexions :

  • la marche ne serait-elle pas un opérateur des transferts ville-nature – non seulement et très naturellement en tant que mode de déplacement (opérateur physique), mais aussi en tant que mode d’interaction (opérateur social) et rapport au monde (opérateur sensible) ?
  • « l’ambularité » du territoire ne serait-elle pas le tiers à inclure entre urbanité et naturalité pour « faire métropole » ?

[1] A la façon dont les Oulipiens ont à la fois joué et pris au sérieux ce type de rapprochement, avec par exemple le recueil posthume Penser/Classer de Georges Perec (1985), mais aussi ce que met en pratique le poète et mathématicien Jacques Roubaud : « Marcher les rues, lire les rues, voilà ma tactique » (Poésie, 2000)

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