Mise en route d’un site internet

Mise en place d’une site web pour des photographes

Ce billet pour cadrer les choses à faire / penser sur la route d’un site internet: ce n’est pas juste de montrer ses photographies d’une manière plus ou moins jolie, mais potentiellement bien plus.

Les questions à se poser avant de commencer:
– FOND: quels contenus vont être présentés ? Il s’agit d’anticiper la masse d’images, vidéos, textes etc afin de voir quelle est la meilleure stratégie à prendre. Quelle est la pondération entre les contenus visuels, les informations (légendes etc) et les contenus textuels plus généraux (textes de présentation, textes critiques etc) ? Réponses à apporter: type de contenus; quantité estimée
– FOND: qu’est-ce que ça doit communiquer, induire, susciter ? Emotions, intérêt artistique etc. Réfléchir sur la bonne adéquation entre fond et forme pour qu’au final le spectateur puisse être touché par votre travail. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » est une formule tout à fait adéquate, à laquelle cependant il faut ajouter l’usage (l’interaction dans le temps). Ce qui doit « fonctionner », ce n’est pas seulement vos images (la base) mais également la manière dont vos images viennent se présenter dans une scénographie orientée usage…
– FORME: navigation. Quelle structure de menus, navigation transversale (tags, catégories), navigation visuelle etc ? Il y a des outils de mockup qui existent pour se faciliter la tâche (pour simuler comment on navigue et on passe d’une forme à une autre).
– FORME: base de données. Un CMS est une interface au dessus d’une base de données – il faut donc idéalement mettre en place et gérer cette base de données de manière réfléchie et consciente. L’idéal est de renseigner un maximum de choses (via des descripteurs, métadonnées) pour des contenus non textuels (images, vidéos, audio), dans le but de le retrouver d’une part et de pouvoir les afficher de manière plus « souple » d’autre part. Cela demande de mettre en place des listes (taxinomies) qui permettent de garantir une certaine logique dès le départ.
– FORME: interactivité. Quelle interaction vous voulez proposer à vos visiteurs / spectateurs ? (commentaires, connections aux réseaux sociaux, ajout de contenus, login, versement d’argent etc)
– USAGE: part de pages statiques / pages « blog » (flux de billets) / pages « générées » (agrégation de contenus)
– USAGE: engagement. En lien avec l’interactivité, penser à la question de la relation de votre visiteur avec votre travail, et au delà, avec votre démarche artistique.
– WORKFLOW: comment optimiser le flux de travail depuis la production de contenus (appareil photo etc) vers le site, en passant par un ordinateur (ou smartphone / tablet)

Les éléments et enjeux à considérer:
les liens du site vers le monde matériel (notre « premier monde »), votre personnalité (profil artistique) et votre production (expositions, livres, mandats etc). Idéalement, la présence numérique reflète, continue et développe votre personnalité physique;
le site comme élément englobant: ce n’est pas seulement le bout de la chaîne (montrer un travail) ou un amplificateur (diffuser un travail) mais un environnement qui accompagne depuis l’amont (la réflexion conceptuelle, mise en place d’un projet) à l’aval (présentation des résultats) en passant par la phase de production (étapes, progression). Il faut idéalement penser le site comme une dynamique, un chemin et pas comme une destination, un aboutissement…
le site comme outil de travail: dans le cadre d’une production (artistique, culturelle etc) il est possible de prendre les différents composants d’un site (blog, wiki, réseaux sociaux etc) comme boite à outil pour avancer sur un projet.
le site comme outil de communication: c’est le rôle « historique » des sites web que de communiquer d’une activité en profitant de la mise en réseau des contenus; aujourd’hui il ne s’agit plus seulement de communiquer autour d’objets produits et fermés (des photographies par exemple) mais de discuter, interagir dynamiquement avec ses publics, partenaires, pairs etc. Ce n’est plus une communication unidirectionnelle et figée, mais bidirectionnelle et « liquide »…
le site comme plateforme de partage: un projet ne se fait pas tout seul dans son coin et à priori pour un public de consommateurs passifs, donc la notion de partage (à prendre au sens large) est à « implanter » à la racine… Si le site comme plateforme d’échange est généreux (partage des sources, le chemin) le public lui aussi sera généreux (rebonds, buzz, donations, achat etc).

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