Conseils techniques vidéo: de la caméra à la postproduction

Aujourd’hui, la plupart des projets sont tournés en HD (1920×1080 ou 1280×720), parfois en 2K et rarement en 4K – mais ce qui impressionne au niveau qualité à la sortie de la caméra ou de la postproduction déçoit lorsque l’on regarde le même film en SD (DVD ou depuis une cassette) ou sur internet.
En effet, des problèmes liés à la downconversion (conversion « vers le bas ») peuvent sacrément altérer la qualité finale.


l’entrelacé dans les format 1920×1080 i 50 peut provoquer des scintillements très marqués, des erreurs de compressions, un sensation de « dureté » de l’image très désagréable. En outre, nous avons eu un certain nombre de bugs de stabilité du workflow avec des projets entrelacé + long GOP (style HDV sur cassette). Nous recommandons avec insistance de NE PAS / NE PLUS UTILISER LE FORMAT ENTRELACE – il y a trop de désagréments et de problèmes liés à ce format (on insiste lourdement) ;

les réglages caméra : il est conseillé de régler la caméra de manière manuelle pour tous les réglages habituels (gain, diaphragme, vitesse d’obturation, etc.) et de baisser la netteté
électronique, de choisir un gamma « doux », voir de désaturer la chroma. Plus votre image est molle et non contrastée, plus elle passera sans encombres à travers toutes les étapes (étalonnage, conversions multiples, etc.) ;

la taille des sous titres et titres : en HD, ce qui semble correct sur l’écran de projection peut provoquer un scintillement, une perte de détail ou devenir simplement illisible en SD. Il faut donc
absolument suivre les indications données en page 6 de ce document ; idéalement, il faudrait faire des versions SD séparées et spécifiques pour le titrage et le sous titrage, pour optimiser la taille et la qualité pour ce format là. Mais cela double le temps de travail et implique une rigueur extrême dans la gestion de projet – une simple correction orthographique dans un déroulant de la fin peut prendre ainsi facilement une demi journée de travail supplémentaire…

La forte compression de certains codecs HD : dans le but de faire tenir toute la résolution HD sur des supports mémoires restreints, certains codecs compressent fortement l’image (sampling
en 4 :2 :0, compression de type inter image etc). Cela ne se voit pas forcément sur les images « brut de capteur », mais à la fin de la chaîne de postproduction, selon le travail effectué (changement de contraste ou de couleur, recadrage, effets temporels, etc.), il peut y avoir des artefacts plus ou moins visibles sur les sorties compressées finales (DVD, compression pour le web etc). 

Les réglages à faire pour compresser une vidéo pour le web (des précisions vont suivre).



Il faut faire attention à :

  • –  la nomenclature des clips : si les noms différent entre les clips présents dans Final Cut et dans le Finder (par exemple après avoir renommé les plans capturés dans Final Cut), les opération de « relink » peuvent poser problème. Toujours garder les mêmes noms de fichiers entre Final Cut et le Finder (il y a une opération dans le menu de Final Cut qui permet de renommer les plans du Finder d’après les noms présents dans Final Cut) ;
    –  la longueur des noms : si les noms des clips sont trop longs, il peut y avoir des bugs qui surviennent lors des opérations de gestionnaire de données ;
    –  les caractères particuliers : peuvent provoquer des bugs tout au long de la chaine ; n’employer que des caractères sans accents, pas de signes de type /*+°< dans le nom des plans ! 
    Time Code de la séquence et du fichier à 01 :00 :00 :00
    –  Première image = première image du film = 50 images après le bip. Ou dit autrement : le fichier QuickTime ne doit pas avoir d’amorce ni de bip. Il doit également se terminer proprement sur du noir. Il est possible de mettre un bip de fin, 2 secondes à la fin du film
    –  Niveaux vidéo corrects (noir à 0, blanc à 100 ; pas de superwhite pour un PAD)
    –  Le nom du fichier ne doit pas contenir d’espace, de caractères particuliers, de points ; exemple : NomDuFilm_Version_Format (en abrégeant un maximum !)
    –  Les points potentiellement problématiques sont : l’entrelacement (une plaie pour la postproduction !) ; l’ordre des trames (priorité de trame) ; l’espace de couleur (YUV, et non RGB) ; le codec utilisé (peut être destructif lors des calculs / exports) ; le format vidéo (PAL 4/3 – 16/9 avec ou sans « letterboxage ») ; le format de pixels (rectangulaire, carré, anamorphosé) ; etc. 

 

Concernant la conformité aux standards vidéos utilisés (CCIR 601 et REC 709), veillez à respecter les règles suivantes :

    • –  PAL (standard définition) : toujours en 720×576 pixels (rapport pixels rectangulaires à 1 :1,07 pour le 4/3 numérique ; à 1 :1,42 pour le 16/9 anamorphosé)
    • –  HD1 : 720p à 1280×720 / HD2 : 1080i à 1920×1080
    • –  Toujours à 72dpi !
    • –  Les images avec plus de 2000 pixels horizontaux sont difficilement supportées par FCP7 et
      provoquent des ralentissements ainsi que des erreurs de rendu. À moins d’avoir besoin d’effectuer un mouvement d’animation sur l’image, enregistrer l’image à la taille définie par votre séquence. Final Cut supporte de résolutions de maximum 4000 pixels de large.
    • –  Attention à la MARGE DE SECURITE : prévoyez un espace dans lequel aucun titre ou élément important ne devra être placé (entre 10 et 20% de l’image totale !). A droite et à gauche de l’image, prévoyez une marge minimale de 70 pixels (ou 2,54cm) / en haut et en bas : 55 pixels (ou 2cm) pour un rapport d’image PAL 720×576 pixels.
    • –  Gamma Mac à 1.8 ; le gamma PC et vidéo est à 2.2. Nouveau : depuis 10.6 (Snow Leopard), les gammas sont les mêmes entre MAC et PC à 2.2
    • –  ESPACE DE COULEUR : toujours en RGB (8 ou 16 bit); idéalement utiliser la palette de couleurs WEB. L’espace de couleur CMJN n’est pas supporté par FCP. 
      –  POLICE : en SD la taille minimum 20 points ; idéalement entre 22 et 36 points. Assurez-vous que l’épaisseur des lignes horizontales que vous créez est supérieure ou égale à trois pixels pour éviter que les lignes ne scintillent sur les écrans de télévision. Pour les mêmes raisons, évitez d’utiliser des polices de caractère aux lignes trop fines (pas moins de 4 pixels). Il est conseillé d’utiliser des polices sans shérif (exemple Arial, Helvetica, etc. ; éviter Times, etc.).
      –  Evitez les forts contrastes avec des lignes / structures graphiques (cela va vibrer) ; évitez des dégradés de couleur (risque de créer des paliers de couleur marqués) ou les couleurs trop saturées ; évitez le rouge particulièrement…
      –  Toujours bon à prendre (améliore l’impression de qualité) : ombre floue derrière les textes (détourage des caractères) ; gras ; luminance inférieure à 90 (blancs un peu « cassés ») ;

      Concernant la création de titres, de déroulants ou de menus pour le DVD, nous vous conseillons de travailler « seulement » dans un logiciel du type de Photoshop ; l’utilisation de InDesign et d’Illustrator peur poser plus de problèmes que résoudre des questions de maîtrise des détails typographiques et autres. Remarque : dès la CS4, des presets vidéo existent dans Illustrator.

      Au sujet de la création d’animation dans Motion ou After Effects :
      –  faire les calculs dans le mode 32bit flottant ;
      –  idéalement exporter la composition en non compressé ou avec un codec non destructif (animation – avantage de garder la couche alpha, ProRes 4444, etc.) ; 

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