Paris – pistes de travail pour le workshop de janvier

Afin de cadrer le travail à faire durant le workshop, je vais en premier poser quelques objectifs:
-> continuer les repérages sur le terrain, prioritairement dans les zones délimitées (bleue, mais aussi rouge et jaune, cf ce post), faire des images (photographique, vidéo) et de la prise de son (conjointement à la prise d’image). Ce serait bien d’arriver à une centaine de séquences (entre 15 sec et 2 minutes) sur 2 à 3 jours de travail;
-> ce matériel sera immédiatement retravaillé (choix des séquences et images à garder; IN/OUT; rapide étalonnage et filtrage audio), exporté, compressé puis envoyé sur le serveur afin de pouvoir directement indexer le matériel. La base de données accessible via notre CMS est déjà prête pour Paris (voir http://cms.walking-the-edit.net/, mettre user WE; password recherche et lister Paris (sous Renens) puis cliquer sur connexion; il est possible de voir les premières images photographiques dans la base de données en allant sur « Médias », lister ID>0 pour obtenir toutes les images contenues dans la base). Ce travail nécessite pour la centaine de séquences visée entre 1 et 2 jours;
-> quelques parcours test seront enregistrés avec un iPhone puis envoyés au serveur: il sera dès lors possible de calculer des premiers films à partir des données indexées. La construction de ces films sera encore simple et rudimentaire (recherche du média le plus proche du tracé), mais permettra de se rendre compte de la combinatoire « de voisinage ». Ces films pourraient être visibles sur le site internet du projet (cela dépend de la qualité des résultats). Il ne sera pas encore possible de « marcher » son film en écoutant la bande son en direct – cela suivra pour le printemps 2010.

En résumé, il s’agit donc de faire une première mini adaptation avec une zone réduite et un nombre restreint de médias, permettant de tester la mécanique (notre nouveau moteur de montage) et de faire des premiers tests au niveau du fond (quelle thématique ou sujet choisir) et de la forme (quelles règles de montages pour affiner).

Au niveau des pistes artistiques (quel va être le contenu des films, sur quoi va porter notre attention lors de la création des séquences audiovisuelles), c’est encore relativement ouvert, mais les idées suivantes pourraient être testées et approfondies (attention, ce n’est que des ébauches rapides):
– MOUVEMENT / MOBILITÉ. Le territoire est coupé (incisé) par le périf’; une vraie ligne de bascule, il y a une cassure de rythme et de continuité -> comment ce qui permet le mouvement (la route) coupe ou altère la continuité d’un territoire… De part et d’autre de cette ligne (un « mur » de bruit), la réalité n’est plus du tout la même. Le mouvement des uns en obstacle et au détriment du mouvement des autres; nous ne sommes pas égaux lorsqu’il s’agit de bouger… Maintenant, tout ça est bien théorique – comment « traduire » ces questions en images et sons, joués à travers un mouvement enregistrés sur le territoire ?? Concrètement, les deux ponts piétonniers qui enjambent le périf’ sont intéressants, ne laissent personne indifférent: on pourrait traduire en images/sons comment les personnes vivent ce goulet. Dans les choses à « capter » avec un regard particulier il y a les diverses formes de mobilité douces (marche à pied, vélo, footing etc), mais il s’agit ensuite d’aller plus loin dans l’analyse subjective et la perception des mouvements existants dans cet espace.
– RÊVES / PROJECTIONS. Il y a des populations très différentes vivant dans un même périmètre, séparés par le périf’. J’aimerais bien poser les questions suivantes à des habitants-étudiants de la CIUP et à des habitants de Gentilly: en arrivant ici, est-ce que vous aviez une envie, une rêve particulier qui pouvait se concrétiser ici ? Et comment est ce rêve aujourd’hui, il a changé, ou un nouveau est venu ? Est-ce que ce territoire incite à rêver, à se projeter – envie de changer un lieu, un passage, une ambiance ? Ce genre de questions nécessite du temps de discussion avec chaque personne, sous peine de rester superficiel – le but est d’entendre des voix qui nous racontent des histoires imaginées dans le cadre de leur propre vie, émanant du vécu local. En sous-jacent il y a la question de ce que le territoire permet comme projections, sachant que d’un côté (chez les étudiants) il y a beaucoup de mouvement, les personnes sont « en transit » et que de l’autre, le mouvement est beaucoup plus difficile, et souvent non voulu. Il s’agit donc de confronter les deux réalités via un niveau plus émotionnel et personnel.
– En vrac: le but est aussi de faire quelques entretiens avec des personnes / personnalités vivant dans le coin, sur leur rapport à cet endroit, sur des histoires du lieu, des gens, des ambiances, des images, des mythes etc…
– Selon la lumière, météo etc, faire des images et prendre des sons qui font le portrait de l’endroit filmé, via des détails révélateurs, des situations particulièrement quotidiennes…

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